En Asie, la plupart des pays continuent à museler les dissidents
le 17 juin 1999 à 00h00
De très nombreux pays d’Asie ont continué, durant l’année écoulée, à museler sans ménagement la moindre opposition politique, en usant et abusant des lois sur la sûreté de l’État, accuse Amnesty International. En Chine, «des centaines, voire des milliers d’opposants» ont été arrêtés, affirme l’organisation internationale de défense des droits de l’homme. «Des milliers de prisonniers politiques incarcérés les années précédentes sont toujours derrière les barreaux. Parmi eux, de nombreux prisonniers d’opinion». Amnesty accuse la Chine d’autres violations flagrantes des droits de l’homme, parmi lesquelles l’exécution d’au moins 1 067 personnes en 1998, un «chiffre probablement sous-estimé». L’organisation internationale estime à plus de 200 000 le nombre de personnes internées dans des «camps de rééducation par le travail» et fait état de très nombreux cas de torture et de mauvais traitements des détenus. Sévèrement épinglée aussi dans le rapport, la Malaisie a multiplié les atteintes aux droits de l’homme, abusant également de sa législation relative à la sécurité de l’État. Victimes de l’effondrement économique de leur pays, des milliers d’Indonésiens, qui pour certains demandaient l’asile, ont été «renvoyés de force dans leur pays» par les autorités de Kuala Lumpur, rappelle Amnesty. L’ancien Premier ministre Anwar Ibrahim et 16 de ses proches collaborateurs ont été arrêtés et son procès est toujours en cours. Quant à l’Afghanistan, il reste l’un des pays du monde où les droits de l’homme sont le plus systématiquement violés. Le catalogue dressé par Amnesty recense «plusieurs milliers de personnes tuées de façon délibérée et arbitraire, plusieurs milliers de disparus», des «milliers de civils incarcérés». «Au moins huit peines de flagellation, quatorze amputations et dix exécutions ont été annoncées : le nombre réel est probablement plus élevé», ajoute Amnesty. «Cinq hommes accusés de sodomie ont été condamnés à mort par écrasement sous un mur». Déjà dénoncée à de multiples reprises par la communauté internationale, la situation des femmes est de plus en plus difficile : «la crainte d’être punies empêche des dizaines de milliers de femmes de faire des études, de chercher un emploi ou de sortir de leur maison sans être accompagnées par un homme de leur famille». Plus d’une dizaine d’enseignants auraient été arrêtés parce qu’ils avaient donné des cours à des petites filles à domicile. Et parmi les centaines d’hommes «détenus et maltraités» pour avoir «enfreint les règles édictées par les taliban» figurent des «chauffeurs de taxi qui avaient accepté de conduire des femmes, et des tailleurs ayant cousu des vêtements féminins», selon le rapport de l’organisation de défense des droits de l’homme.
De très nombreux pays d’Asie ont continué, durant l’année écoulée, à museler sans ménagement la moindre opposition politique, en usant et abusant des lois sur la sûreté de l’État, accuse Amnesty International. En Chine, «des centaines, voire des milliers d’opposants» ont été arrêtés, affirme l’organisation internationale de défense des droits de l’homme. «Des milliers de prisonniers politiques incarcérés les années précédentes sont toujours derrière les barreaux. Parmi eux, de nombreux prisonniers d’opinion». Amnesty accuse la Chine d’autres violations flagrantes des droits de l’homme, parmi lesquelles l’exécution d’au moins 1 067 personnes en 1998, un «chiffre probablement sous-estimé». L’organisation internationale estime à plus de 200 000 le nombre de personnes internées dans des...
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