C’est le calme plat hier sur le marché des changes de Beyrouth dont la tendance continuait à être déterminée par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente du dollar entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, est parvenue à le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre 1999. Mais compte tenu de l’abondance de l’offre et la réticence des opérateurs à la demande, le billet vert devait être pratiquement négocié dans les échanges interbancaires au bas de cette fourchette d’intervention de la BDL, entre 1 502,00 et 1 502,25 LL et rarement en dehors d’elle. Selon les milieux cambistes de la place, l’activité a été très réduite hier sur le marché dont le volume total n’aurait pas dépassé quelque sept millions de dollars, en grande partie achetés par la BDL à 1 502,00 LL. Le dollar soutenu par Wall Street À l’étranger, le dollar s’est nettement apprécié hier face aux principales devises européennes sur les marchés des changes internationaux dans le sillage de Wall Street qui a été rassurée par des chiffres américains sur l’inflation moins forts que prévu. Le billet vert s’est toutefois légèrement replié face à la devise nippone, soutenue toujours par l’amélioration apparente des perspectives économiques japonaises. Selon les experts, la remontée du dollar serait due à une correction après un accès de faiblesse la semaine dernière face aux principales devises. Le mouvement a commencé avant la publication des données américaines sur l’inflation alors que certains investisseurs pariaient sur des chiffres forts. Mais à la surprise du marché, la progression des prix à la consommation aux Etats-Unis est restée inchangée le mois dernier après une forte hausse de 0,7 % en avril, calmant ainsi les spéculations sur un prochain relèvement des taux d’intérêt américains et entraînant une nette reprise de Wall Street et dans son sillage le dollar. Cela d’autant qu’on apprenait que la hausse de la production industrielle s’est ralentie le mois dernier pour ne pas dépasser 0,2 % contre 0,4 % en avril, excluant toute surchauffe économique. Parallèlement au regain du dollar, l’euro a souffert de rumeurs selon lesquelles le baromètre IFO sur le climat des affaires en Allemagne, attendu aujourd’hui, sera faible, incitant les opérateurs à tester la monnaie unique européenne de nouveau à la baisse. De son côté, la livre sterling a continué à pâtir des chiffres plus faibles que prévu sur l’inflation britannique publiés la veille et qui semblent laisser de la marge à la Banque d’Angleterre pour baisser à nouveau ses taux d’intérêt. Ce sentiment a été confirmé par les statistiques publiées hier sur les salaires moyens au Royaume Uni dont la progression annuelle de 4,6 % le mois dernier a été inférieure aux attentes. Cela étant, le dollar a continué de bénéficier du regain d’intérêt pour les placements en actifs américains, se négociant à New York comme suit : – 1,0317 pour un euro contre 1,0425, la veille – 1,5885 pour un sterling contre 1,5925 – 1,8955 DM contre 1,8760 – 6,3625 FF contre 6,2935 – 1,5475 FS contre 1,5310 – 1 877,75 lires contre 1 858,75 – 120,27 yens contre 120,40. Bourse de Beyrouth : en léger repli Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est ressentie hier du léger repli des actions C de la Bank of Beirut de 7 5/8 à 7 9/16 dollars dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a abandonné 0,05 % à 77,61 points, de même que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a cédé 0,11 % à 179,03 points. Quant au volume d’affaires, bien que supérieur à celui de la veille, il est resté pratiquement faible, ne dépassant pas quelque 76 381 actions d’une valeur globale de 382.345 dollars. L’absence d’inflation éclaircit l’horizon de Wall Street … À l’étranger, l’horizon s’est éclairci pour Wall Street comme pour les autres places boursières internationales après la publication hier de statistiques montrant une absence d’inflation aux États-Unis le mois dernier ce qui pourrait inciter la Réserve fédérale américaine (Fed) à ne pas relever ses taux. Après avoir battu ses records historiques à la mi-mai, la Bourse de New York s’était repliée après l’annonce d’une hausse de 0,7 % des prix à la consommation en avril. Ce chiffre faisait craindre aux investisseurs une reprise de l’inflation aux États-Unis dans un contexte de forte croissance et de faible chômage. Mais après le statu quo observé en mai sur ce plan, le marché s’est soulagé et tous ses indices étaient à la hausse hier, du Dow Jones au Standard & Poor’s passant par l’indice composite Nasdaq de la bourse électronique. L’absence d’inflation pourrait décourager la Fed de remonter ses taux lors de la prochaine réunion de son comité de l’open market fin juin. Pourtant, les opérateurs devraient rester attentifs à l’intervention aujourd’hui du président de la Fed, Alan Greenspan, sur la politique monétaire devant le Congrès. Et il semble pour certains experts, qu’il est douteux que le faible chiffre de l’inflation va suffire à dissuader la Fed de ne pas relever ses taux à la fin du mois, soulignant que l’activité économique aux États-Unis reste soutenue comme en témoigne la forte augmentation des mises en chantier de logement de 6,3 % en mai contre une baisse de 9,7 % en avril. Cela étant, et compte tenu aussi que les avertissements des entreprises américaines sur leurs résultats financiers pour le 2e trimestre se font plutôt rares jusqu’à présent, et que la bourse aime les bonnes nouvelles, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a opéré hier un rebond d’un plus bas à 10 598,22 points à un plus haut à 10 847,91 points, avant d’afficher en préclôture 10 758,04 points, en nouvelle hausse de 163,05 points sur la veille. … et des Bourses européennes Les Bourses européennes sont reparties à la hausse après la publication des chiffres de l’inflation américaine du mois de mai, écartant toute crainte d’un éventuel durcissement de la politique monétaire de la Fed qui pourrait se répercuter négativement sur les perspectives de croissance en Europe. Les investisseurs européens, rassurés par la remontée en flèche de Wall Street après ces statistiques, se sont rués sur les valeurs européennes dans leurs Bourses respectives, dans la mesure que ce développement devrait modifier non seulement les anticipations concernant les taux d’intérêt américains mais les perspectives des économies européennes. En effet, l’indice CAC 40 de la Bourse de Paris a fini sur un gain de 63,57 points à 4 481,75 points, nouveau record de clôture. Il en est de même de l’indice Footsie de la Bourse de Londres qui a clôturé en hausse de 53,7 points à 6 504,90 points, de l’indice X-DAX de la Bourse de Francfort qui a gagné 37,75 points à 5 382,67 points et celui de Swiss Market Index (SMI) de la Bourse de Zurich qui s’est adjugé 43 points à 7 103,10 points. De son côté, l’indice Euro Stoxx 50 a affiché un gain de 42,81 points à 3 779,13 points. Tokyo : clôture en baisse La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 0,4 % mercredi sur des prises de bénéfice, après avoir tenté de franchir la barre des 17 400 points et en dépit de la confirmation par l’agence Standard and Poor’s de sa note AAA pour la dette souveraine japonaise. L’indice Nikkei des valeurs vedettes a cédé 71,82 points à 17 210,18 points. l’indice élargi Topix a reculé de 1,90 point, à 1 383,17 pts. Le volume des échanges s’est élevé à 691,91 millions de titres, contre 584,06 millions la veille. Le marché avait ouvert sur une note ferme, dans le sillage de Wall Street. Puis les investisseurs ont commencé à vendre dès que le Nikkei n’a pas réussi à franchir le seuil des 17 400 points, selon les opérateurs.
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