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Actualités - Chronologie

Mode et cinéma Deux arts que rien ne sépare(photos)

La mode et le cinéma, c’est une histoire d’amour qui dure... Quand on remonte dans le temps, on retrouve des couples qui ont tissé ensemble de superbes relations d’amitié et de solidarité, dont les images restent gravées dans les mémoires et enrichissent autant les cinémathèques que les musées de la mode. Hubert de Givenchy a joué la fée Clochette pour Audrey Hepburn. Il a suffi de la toucher de son crayon-baguette pour que la graine de star androgyne devienne l’incarnation même de la séduction aérienne et raffinée. Catherine Deneuve, habillée toujours et pour toujours par Yves Saint Laurent, acquiert cette élégance hautaine qui fait de la demoiselle de Cherbourg la rayonnante femme du cinéma français. Pour Charles de Castelbajac, la mode et le cinéma sont une longue passion qui ne finira jamais... Pour illustrer cette conviction, il y a deux ans il a créé quinze fourreaux avec des décolletés et des voiles pour fêter l’union du cinéma et de la féminité, «en s’inspirant de “Marilyn endormie”»... Pour Yves Saint Laurent, Catherine Deneuve dans La Sirène du Mississipi est l’incarnation même de la femme Ève, inspiratrice et séductrice. Même s’il s’agit de métiers totalement différents («Un couturier n’est pas un costumier», déclare Pierre Bergé, président d’YSL couture), l’alliance est flagrante. Le couturier donne un halo, une âme au personnage. La magie de l’illusion et l’art de l’artifice s’accordent parfaitement avec l’art de l’image. On peut ainsi citer «pour mémoire» les noms d’Adrian (de la Metro Goldwin Mayer 1928-1942), de Travis Banton (Paramount dans les années 30), d’E. Head (Universal) tous créateurs célèbres, auxquels le «Fashion Institute of Technology» de New York vient de consacrer une superbe exposition, en sélectionnant leurs plus beaux modèles portés par des célébrités de l’écran dans des films-sommets de l’histoire cinématographique. Un sacré spectacle Il y a quatre ans, Robert Altman avec Prêt-à-porter célébrait cette relation étrange, quasi mythique, qui existe entre le cinéma et la mode. «Quand ma femme, il y a des années, m’a traîné au défilé de Sonia Rykiel, j’ai vu des filles qui défilaient sur une musique fabuleuse et je me suis dit voilà un sacré spectacle. J’ai travaillé dix ans pour pénétrer cette relation et j’ai abouti à “Prêt-à-porter”», déclarait-il au moment du lancement de son film. Quand éclata le scandale avec le procès que lui intenta Karl Lagerfeld, Sonia Rykiel fut la première à défendre le cinéaste, même si sa description des milieux de la mode n’était pas particulièrement flatteuse. «Si Picasso m’avait arrêtée dans la rue, déclara-t-elle à la presse, pour me proposer de faire mon portrait, je me serais assise en attendant qu’il commence. C’est ce que j’ai fait pour “Prêt-à-porter”». Le film suscita une vive polémique mais il ne reste pas moins un témoignage du lien qui existe entre deux arts complémentaires: la créaction vestimentaire et sa mise en scène. Audrey Hepburn et Givenchy Aujourd’hui, quand on demande à Givenchy, le grand couturier dont le nom reste toujours associé à l’inoubliable Audrey Hepburn, son avis sur la mode et le cinéma il raconte: «Enfant, j’étais fasciné par les grands dessinateurs pour le cinéma qu’étaient Adrian et d’autres. Je ne me doutais pas que j’allais un jour habiller une actrice méconnue qui deviendrait une star: Audrey Hepburn. Cette rencontre extraordinaire m’a permis de découvrir l’envers du cinéma et d’aller à Hollywood». C’est Givenchy en effet qui a habillé l’actrice pour Sabrina, Break Fast at Tiffany, Funny Face, Love in the Afternoon et autres grands succès des années 55-65. «Elle était venue à Paris, raconte aujourd’hui le couturier, pour rencontrer Balenciaga qui ne l’a pas reçue. Elle est donc venue me voir conseillée par des amis. Comme je n’avais pas vu “Vacances Romaines” je ne connaissais pas Miss Hepburn, j’ai conclu donc qu’il s’agissait de Katherine Hepburn, la célèbre actrice de l’époque. Bien sûr j’ai été déçu quand j’ai vu débarquer cette grande jeune fille maigre avec un chapeau de gondolier au ruban rouge marqué Venezia, un T-shirt blanc sur un pantalon corsaire! «Elle venait me commander pour “Sabrina” une cinquantaine de robes à faire tout de suite! Nous sommes allés dîner ensemble. Plus je parlais avec elle plus j’étais séduit par sa vivacité, son intelligence, sa joie de vivre, ce mélange de grâce et de fragilité qui faisait son charme. J’ai habillé par la suite beaucoup d’actrices: Liz Taylor, Lauren Bacall, Jennifer Jones, Marlen Dietrich, Greta Garbo. Chacune avait sa personnalité. Aucune n’était comme Audrey», avouait récemment Givenchy au Figaro au cours d’une interview. Je rêve de tout créer pour un «film» Jean-Charles de Castelbajac a rendu un bel hommage au cinéma, en 1986, autour des créations (longues tuniques) inspirées de La Belle et la Bête, le film de Jean Cocteau. «Ce film, dit-il aujourd’hui, fut pour moi la première grande émotion de mon enfance. Elle n’est pas étrangère à ma vocation. Mode et cinéma c’est une relation éternelle. Littérature, cinéma, mode, j’utilise des milliers de moyens détournés pour parler de la beauté féminine. Longtemps j’ai célébré la femme en créant des vêtements simples, protecteurs. Il n’y a pas longtemps je me suis rapproché du corps en créant quinze fourreaux avec des décolletés et des voiles qui évoquent l’union du cinéma et de la féminité: “Marilyn endormie”. Je rêve de tout créer pour un film de science-fiction. Peut-être j’y arriverai un jour».
La mode et le cinéma, c’est une histoire d’amour qui dure... Quand on remonte dans le temps, on retrouve des couples qui ont tissé ensemble de superbes relations d’amitié et de solidarité, dont les images restent gravées dans les mémoires et enrichissent autant les cinémathèques que les musées de la mode. Hubert de Givenchy a joué la fée Clochette pour Audrey Hepburn. Il a suffi de la toucher de son crayon-baguette pour que la graine de star androgyne devienne l’incarnation même de la séduction aérienne et raffinée. Catherine Deneuve, habillée toujours et pour toujours par Yves Saint Laurent, acquiert cette élégance hautaine qui fait de la demoiselle de Cherbourg la rayonnante femme du cinéma français. Pour Charles de Castelbajac, la mode et le cinéma sont une longue passion qui ne finira jamais... Pour...