Le Labour au pouvoir en Grande-Bretagne a subi un sérieux revers en perdant plus de la moitié de ses députés au Parlement de Strasbourg où il est surclassé par les conservateurs, sous l’effet combiné de l’introduction de la proportionnelle et d’un abstentionnisme record. Un bouleversement était annoncé par les instituts de sondage, mais il a dépassé toutes les espérances des conservateurs. En déshérence depuis leur déroute aux élections législatives de mai 1997, ils avaient voulu faire du scrutin un test du rejet de l’euro par les Britanniques. Le résultat du scrutin est d’autant plus paradoxal que le chef des Tories, William Hague, bat des records d’impopularité et peine à maintenir la cohésion de son parti traditionnellement eurosceptique mais également traditionnellement divisé sur l’Europe. Face à lui, le Premier ministre Tony Blair demeure ultrapopulaire après deux ans d’exercice du pouvoir. Mais le résultat de dimanche constitue un cinglant désaveu pour sa stratégie. Les travaillistes avaient jugé préférable de s’abstenir de faire campagne, de peur de réveiller le débat sur l’adhésion de la Grande-Bretagne à la monnaie unique, à l’horizon 2002. Une perspective encouragée par le gouvernement, mais dont 61 % des Britanniques ne veulent pas entendre parler, selon un récent sondage. De fait, au-delà du camouflet infligé aux travaillistes, le principal vainqueur des européennes est l’euroscepticisme, qui va singulièrement compliquer la tâche de Tony Blair. Les résultats provisoires portant sur 76 des 87 sièges en jeu, dans l’attente des chiffres pour l’Écosse et l’Irlande du Nord, donnaient lundi 34 sièges aux conservateurs, 26 au Labour, et 9 aux libéraux démocrates. Trois nouveaux partis britanniques font par ailleurs leur entrée au Parlement de Strasbourg : le très europhobe Parti de l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), sorti du néant politique avec un message qui préconise tout bonnement la sortie du pays de l’Union européenne, rafle trois députés. Les nationalistes gallois du Plaid Cymru et les Verts en décrochent chacun deux. Le «nouveau Labour», qui a perdu la moitié de ses députés européens et abandonné aux Tories la position prédominante à Strasbourg, a tenté de relativiser l’ampleur du désaveu, mis au compte de l’introduction de la proportionnelle et d’un abstentionnisme record, de l’ordre de 77 %. Mais sa désignation immédiate d’une commission d’enquête interne chargée de faire la lumière sur le fiasco montre combien l’avertissement est pris au sérieux par le parti au pouvoir, qui a recueilli 28 % des suffrages seulement.
Le Labour au pouvoir en Grande-Bretagne a subi un sérieux revers en perdant plus de la moitié de ses députés au Parlement de Strasbourg où il est surclassé par les conservateurs, sous l’effet combiné de l’introduction de la proportionnelle et d’un abstentionnisme record. Un bouleversement était annoncé par les instituts de sondage, mais il a dépassé toutes les espérances des conservateurs. En déshérence depuis leur déroute aux élections législatives de mai 1997, ils avaient voulu faire du scrutin un test du rejet de l’euro par les Britanniques. Le résultat du scrutin est d’autant plus paradoxal que le chef des Tories, William Hague, bat des records d’impopularité et peine à maintenir la cohésion de son parti traditionnellement eurosceptique mais également traditionnellement divisé sur l’Europe. Face...
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