Le dollar a entamé la semaine hier, à Beyrouth, dans un marché «vendeur» et dépourvu d’intérêts à l’achat en dehors des besoins commerciaux courants du pays. Et c’est grâce au maintien par la Banque du Liban (BDL) de ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente en l’état entre 1 502,00 et 1 514,00 LL que le billet vert a dû clôturer au même taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis déjà six mois. Mais étant donné le poids de l’offre qui l’a emporté en importance sur la demande, les établissements de crédit ont été amenés à le négocier réellement au bas de cette fourchette d’intervention de la BDL et rarement en dehors d’elle à des cours allant de 1 502,00 à 1 502,25 LL, ont indiqué les cambistes de la place. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier aurait dépassé dix millions de dollars, en grande partie achetés par la BDL à 1 502,00 LL. Dollar en hausse à l’étranger À l’étranger, le dollar s’est apprécié face aux principales devises hier sur les marchés des changes internationaux, regagnant face à l’euro une bonne partie du terrain qu’il avait perdu la semaine dernière. En ce qui concerne le yen, la marché a compris des déclarations faites samedi dernier par le ministre des Finances japonais, Kiichi Miyazawa, que les autorités nippones souhaitaient un yen faible. Celui-ci avait affirmé à l’issue de la réunion des ministres des Finances du Groupe des Sept (pays occidentaux les plus industrialisés) à Francfort, que les mouvements abrupts du yen étaient indésirables. La monnaie japonaise s’était nettement appréciée la semaine dernière vers les 117,00 yens pour un dollar après la publication de chiffres bien meilleurs que prévu sur la croissance économique du Japon au premier trimestre. Pour contrer l’appréciation de la devise nippone, la Banque du Japon est donc intervenue massivement hier à concurrence de 5 milliards de dollars, entraînant un repli immédiat de 2 yens face au billet vert. Du côté de l’euro, la prudence a été de mise après une semaine marquée par la résolution du conflit au Kosovo et des données encourageantes sur l’économie allemande. Pourtant, les opérateurs, qui attendent le baromètre IFO sur le climat des affaires en Allemagne après-demain pour voir si la tendance de reprise se confirme dans ce pays, ont estimé ne pas devoir pousser l’euro vers le bas, au-delà du mouvement de prises de bénéfices. Cela d’autant qu’ils vont également être attentifs à l’intervention du président de la Réserve fédérale (Fed), Alan Greenspan après-demain devant les membres du Congrès. Certes, les déclarations de Greenspan ainsi que les chiffres sur les prix à la consommation aux États-Unis devant paraître demain, pourraient donner des indices sur l’orientation future des taux d’intérêt américains lors de la réunion du comité de l’open market de la Fed fin juin. À cet égard, les opérateurs ont été très attentifs aux propos tenus par le président de la Réserve d’Atlanta, Jack Guynn, selon lesquels les risques de l’économie américaine penchent maintenant plus du côté des pressions inflationnistes. D’ailleurs, la prise de conscience de ces risques par les marchés financiers se traduit toujours par une tension sur les taux longs. En effet, l’annonce hier d’une faible hausse de 0,2 % des stocks des entreprises aux États-Unis en avril contre 0,5 % en mars alors que les ventes ont baissé de 0,1 % contre une hausse de 1,1 % pendant la même période, n’ont pas suffi pour apaiser les craintes d’un relèvement des taux d’intérêt américains malgré les signes de ralentissement que ces données reflètent. Quant au sterling, il n’a pas pu mettre à profit les mauvais résultats enregistrés par le Parti travailliste du Premier ministre Tony Blair aux élections européennes ce week-end qui, selon certains observateurs, éloignent la perspective d’adhésion de la livre à l’euro. Cela étant, le dollar s’est négocié partout à la hausse, affichant en préclôture à New York, ce qui suit : – 1,0415 pour un euro contre 1,0535, vendredi dernier. – 1,6075 pour un sterling contre 1,6175. – 1,8780 DM contre 1,8565. – 6,2980 FF contre 6,2265. – 1,5295 FS contre 1,5140. – 1 859,15 lires contre 1 838,25. – 120,60 yens contre 118,10. Bourse de Beyrouth : marché étale Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth, de plus en plus désertée, s’est ressentie en ce début de semaine de la baisse des actions B de Solidere dans un marché autrement stable sur le restant de la cote et dépourvu d’initiatives à l’achat comme à la vente en dehors du secteur bancaire. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a abandonné 0,14 % à 77,62 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu en l’état à 179,03 points. Ce mouvement s’est d’ailleurs produit dans un volume d’affaires très mince avec quelque 64 235 actions négociées d’une valeur globale de 209 603 dollars. Wall Street : reprise technique À Wall Street, l’activité a été concentrée en ce début de semaine sur des opérations de mise à jour de portefeuilles à l’approche de l’expiration mensuelle, trimestrielle et semestrielle vendredi d’options sur des actions et des indices boursiers (journée des trois sorcières). De ce fait, les investisseurs institutionnels se sont livrés à des opérations de fin de trimestre avant la présentation des comptes à leurs clients. Les opérateurs, qui attendent notamment la publication des prix à la consommation aux États-Unis demain et le discours du président de la Fed, Alan Greenspan, devant la commission économique du Congrès après demain, se sont montrés hier indifférents aux craintes d’un resserrement de la politique monétaire américaine, se contentant d’opérer des rachats du découvert. De plus, les opérations spéculatives auxquelles ont donné lieu les actions de plusieurs sociétés de télécommunication américaine ont aussi ranimé le marché. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a bondi d’un plus bas à 10 486,71 points à un plus haut à 10 606,39 points, avant d’afficher en préclôture 10 573,96 points, en hausse de 83,45 points sur vendredi dernier. Les Bourses européennes en baisse sur fond d’OPA ou de rumeurs Les Bourses européennes ont terminé la séance en repli lundi, les investisseurs faisant preuve de la plus grande prudence à quelques jours de la publication de données américaines cruciales pour l’inflation et les taux d’intérêt. À Paris, l’indice CAC 40 a terminé en baisse de 0,31 % à 4 372,39 points, l’indice Xetra Dax a terminé sur un infime repli de 0,08 % à 5 291,52, alors que le Dax à la criée s’adjugeait 0,13 %. À Zurich, l’indice SMI a perdu 0,34 % à 7 030,8 points. L’Ibex espagnol était en net recul (-0,93 %) tandis que le Mibtel italien chutait de près de 1,5 %. L’indice large Eurotop 300 a terminé en retrait de 0,32 % et l’indice plus restreint des valeurs vedettes de la zone euro, l’euro Stoxx50 de 0,37 %. Le thème des grandes manœuvres et son cortège d’OPA – ou de rumeurs de fusions et autres rapprochements – a également influencé la tendance. À Londres, l’indice FTSE 100 a cédé 0,8 %, à 6 430,1, à la fois sur les craintes liées à l’inflation américaine et aux taux d’intérêt, mais aussi à cause de la concurrence pour les distributeurs britanniques que va représenter l’arrivée au Royaume-Uni du numéro un mondial de la distribution, l’américain Wal-Mart, via le lancement d’une OPA sur Asda. Tokyo : en repli marginal La Bourse de Tokyo a terminé lundi en baisse marginale de 9,73 points de prises de bénéfices en fin de séance, réduisant à néant les gains enregistrés dans la matinée. L’indice Nikkei 225 a clôturé à 17 188,82 pts, une fois dissipé l’impact des interventions de la Banque du Japon pour faire baisser le yen.
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