La vieille dame est aussi populaire qu’efficace. L’aspirine, puisque c’est bien d’elle qu’il s’agit, était présente dès le IVe siècle avant J.C. puisqu’Hippocrate employait pour calmer douleurs et fièvres des décoctions de feuilles de saule, riches en acide salicylique, la molécule de notre bonne vieille aspirine. Mais c’est seulement au XIXe siècle (en 1829) que les chercheurs parviendront à isoler la salicyne à partir de l’écorce de saule. La synthèse industrielle de l’acide acétilsalicylique ne sera mise au point qu’en 1899, ce qui a permis à l’aspirine de prendre la forme de comprimés. Notre siècle a lui aussi participé à son évolution puisque durant son règne on a réussi à obtenir un sel dérivé (acétylsalicylate de lysine) 130 fois plus soluble. Son intérêt consiste à l’accélération de l’absorption du médicament et de son action ainsi qu’à l’amélioration de sa tolérance digestive. Aujourd’hui, la recherche se penche de nouveau sur ce médicament. Une nouvelle formule serait à l’étude, dont l’action anti-inflammatoire serait supérieure à celle de la formule actuelle et ses effets secondaires sensiblement moindres. D’ici la mise en circulation de cette super-aspirine, il ne faut pas oublier les effets secondaires de l’actuelle. Elle est déconseillée en cas de tendances hémorragiques (hémophilie, menstruations, ulcères) de crainte d’aggravation des saignements. Consommée à dose importante et prolongée (2g par jour durant une semaine), elle peut entraîner nausées, vomissements, maux de ventre, hémorragies et ulcères gastro-duodénaux. Elle peut aussi provoquer des réactions allergiques (troubles respiratoires, éruptions cutanées) dans une proportion de 1% chez les utilisateurs. L’aspirine et le cœur L’aspirine éviterait les crises cardiaques en fluidifiant le sang. Elle trouve ainsi sa place dans la prévention des accidents vasculaires cérébraux et des infarctus du myocarde. La prise régulière d’aspirine à faible dose (40 mg) réduirait la formation de caillots et diminuerait de 25% le risque de récidives d’infarctus, sans accroître le risque d’hémorragies cérabrales. Selon les résultats d’une étude récente, 75 mg par jour d’aspirine réduisent de 40% le risque d’infarctus chez les hypertendus. L’aspirine, les yeux et l’éclampsie Compte tenu de l’action fluidifiante de l’aspirine, elle est utilisée chez les diabétiques souffrant de rétinopathie, une atteinte vasculaire de la vue, consécutive au diabète. Les risques hémorragiques de l’aspirine font que son usage au début et à la fin d’une grossesse n’est pas sans risque. Or, on vient de constater qu’en faible dose quotidienne, elle a une action préventive contre la pré-éclampsie et l’éclampsie. Cette affection est causée par la présence d’une tension artérielle trop haute (hypertension) chez la future maman. L’éclampsie, par sa répercussion sur le placenta, peut entraîner le décès de la mère et de l’enfant. En cas de grossesse à risques, les médecins tiennent compte de l’alternative thérapeutique qu’offre l’aspirine. Aspirine contre Alzheimer En tant que médicament anti-inflammatoire, l’aspirine agirait à partir de 300mg par jour contre la maladie d’Alzheimer, en empêchant la destruction des cellules nerveuses par l’inflammation, premier stade de la maladie, selon une étude du Pr Stewart
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La vieille dame est aussi populaire qu’efficace. L’aspirine, puisque c’est bien d’elle qu’il s’agit, était présente dès le IVe siècle avant J.C. puisqu’Hippocrate employait pour calmer douleurs et fièvres des décoctions de feuilles de saule, riches en acide salicylique, la molécule de notre bonne vieille aspirine. Mais c’est seulement au XIXe siècle (en 1829) que les chercheurs parviendront à isoler la salicyne à partir de l’écorce de saule. La synthèse industrielle de l’acide acétilsalicylique ne sera mise au point qu’en 1899, ce qui a permis à l’aspirine de prendre la forme de comprimés. Notre siècle a lui aussi participé à son évolution puisque durant son règne on a réussi à obtenir un sel dérivé (acétylsalicylate de lysine) 130 fois plus soluble. Son intérêt consiste à...