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Actualités - Chronologie

Algérie Madani pour l'arrêt de la violence sans condition

Le chef historique du Front islamique du salut (Fis-dissous) Abassi Madani s’est prononcé, pour la première fois et sans condition, pour l’arrêt de la violence en Algérie, alors que des groupes armés poursuivent leurs massacres et attentats. Dans une lettre adressée au président Abdelaziz Bouteflika, M. Madani, parlant en son nom personnel, a affirmé soutenir l’initiative de l’Armée islamique du salut (AIS, branche armée de ce mouvement) de déposer les armes et a appelé les autres groupes à «se joindre à la paix». S’adressant aux «frères qui portent les armes là où ils se trouvent, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays», M. Madani leur a demandé de se «rallier» à la paix. M. Madani vise les deux principales organisations opposées à cette initiative, le Groupe islamique armé (GIA) d’Antar Zouabri et le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), dissident du GIA, de Hassan Hattab. L’AIS, qui observe une trêve depuis le 1er octobre 1997, a annoncé dimanche dernier qu’elle déposait les armes et se mettait sous l’autorité de l’État. Cette trêve, obtenue à la suite d’un accord avec l’armée, n’a jamais été reconnue officiellement. Au président Bouteflika, M. Madani a affirmé ses «fortes expressions de soutien et d’appui pour la réponse sérieuse et la grande attention» réservée à «l’initiative de l’AIS». Le président Bouteflika avait répondu à la reddition de l’AIS, en annonçant un projet de loi dont il n’a pas révélé la teneur, précisant qu’il serait soumis «en temps opportun» au Parlement, provoquant l’inquiétude et la colère des familles de victimes du terrorisme. Ce projet «jouira d’un large écho et reflétera l’engagement de la nation envers tous ceux qui sont concernés et ce pour le règlement de tous les problèmes de sécurité et de stabilité», avait affirmé la présidence algérienne. «Il m’est agréable de vous soutenir, M. le président, dans votre sage démarche, en vous affirmant que si vous continuez la marche dans cette voie appréciable (...) vous me trouverez, avec l’aide de Dieu, à vos côtés», a encore souligné M. Madani. M. Madani s’était toujours opposé à lancer un appel à l’arrêt de la violence, exigeant des garanties des autorités et allant même jusqu’à demander la médiation du secrétaire général des Nations unies Kofi Annan. Cette demande de médiation de l’Onu et des déclarations à la presse, lors de sa remise en liberté en juillet 1997, après cinq ans de prison, lui avaient valu d’être placé en résidence surveillée à Alger. La reddition de l’AIS et le soutien de M. Madani suscitent des interrogations sur les intentions du président Abdelaziz Bouteflika. En effet, la facilité avec laquelle le chef de l’AIS Madani Mezrag et M. Madani ont accepté de faire la paix sans, pour le moment, exiger de garanties, laisse perplexes les Algériens, une partie de la classe politique et la presse. Le mutisme du président Bouteflika sur l’accord avec l’AIS et les éventuelles garanties offertes pose la question de savoir ce qu’il a promis et jusqu’où il veut aller. Va-t-il décréter une amnistie générale, partielle, la libération de M. Madani, ainsi que celle du numéro deux du Fis, toujours en prison, Ali Belhadj, réhabiliter le Fis ? Autant de questions sans réponse. La presse d’Alger, prise de court par l’heure tardive de publication de la lettre de M. Madani, n’avait pas réagi. Seul le quotidien gouvernemental El-Moudjahid a «salué le comportement adopté par M. Abassi Madani» et estimé que son «attitude» constituait «une évolution positive dans l’appréciation des voies et moyens susceptibles de faire retrouver au pays une paix qu’il a ardemment souhaitée». Malgré ces mesures, accueillies comme autant de «signes de détente» par des partis favorables à M. Bouteflika, la violence continue.
Le chef historique du Front islamique du salut (Fis-dissous) Abassi Madani s’est prononcé, pour la première fois et sans condition, pour l’arrêt de la violence en Algérie, alors que des groupes armés poursuivent leurs massacres et attentats. Dans une lettre adressée au président Abdelaziz Bouteflika, M. Madani, parlant en son nom personnel, a affirmé soutenir l’initiative de l’Armée islamique du salut (AIS, branche armée de ce mouvement) de déposer les armes et a appelé les autres groupes à «se joindre à la paix». S’adressant aux «frères qui portent les armes là où ils se trouvent, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays», M. Madani leur a demandé de se «rallier» à la paix. M. Madani vise les deux principales organisations opposées à cette initiative, le Groupe islamique armé...