La Roumanie, dont les sérieuses difficultés économiques ont été aggravées par la guerre au Kosovo, veut obtenir une part du gâteau pour la reconstruction de la RFY et mise sur la proximité ainsi que sur l’expérience de sa coopération passée avec Belgrade. «Nombre d’usines, d’installations et d’infrastructures bombardées par l’Otan ont été construites par des sociétés roumaines. Nous sommes donc les mieux placés pour les refaire», estime Mihai Ionescu, le président de l’Association des exportateurs roumains (Aneir). «Le facteur psychologique n’est pas à exclure non plus, car les Serbes accepteront plus facilement de travailler avec des Roumains qu’avec des ressortissants des pays qui ont participé directement aux bombardements», indique pour sa part le président de l’Association des entrepreneurs privés du bâtiment, M. Dimitrie Daschevici. Majoritairement orthodoxes comme les Serbes, nombre de Roumains n’ont cessé de proclamer tout au long du conflit leur «solidarité» avec leurs voisins et de dénoncer l’opération «criminelle» de l’Otan, en dépit du ralliement du gouvernement roumain aux côtés de l’Alliance. MM. Ionescu et Daschevici sont des membres fondateurs du Groupe d’action pour la reconstruction des Balkans, dont la création a été annoncée cette semaine à Bucarest. Cet organisme, qui réunit une centaine d’associations non gouvernementales, se propose de recueillir les offres des industriels roumains, de faciliter leur partenariat avec des sociétés occidentales et de prendre contact avec des donateurs internationaux. Le président roumain, Emil Constantinescu, s’est aussitôt félicité de cette initiative et a promis son «soutien personnel» aux hommes d’affaires roumains. «Il ne faut surtout pas répéter l’expérience de la reconstruction de la Bosnie-Herzégovine, dont les industriels roumains ont été exclus car ils ont laissé le dossier à la charge exclusive de leur gouvernement», souligne M. Ionescu. Une manne pour l’économie Le groupe d’action envisage également de faire pression pour que le futur centre de coordination des fonds alloués à ce projet soit basé en Roumanie. Au moins deux autres pays, la Hongrie et la Grèce, ont déjà présenté leurs candidatures pour accueillir ce centre. Selon le président de l’Aneir, les secteurs dans lesquels les Roumains devraient avoir gain de cause devant les concurrents occidentaux sont le bâtiment, l’industrie pétrochimique, la métallurgie et l’énergie. «Nos atouts sont le coût réduit du transport, en raison de la proximité, ainsi que la main-d’œuvre qualifiée et pas chère», souligne M. Daschevici. Alors que la production industrielle et les exportations ont fortement baissé (-9 % au cours des quatre premiers mois de 1999 par rapport à la même période de l’année dernière) la reconstruction des Balkans pourrait être une vraie manne pour l’économie roumaine. «Le bombardement de la Yougoslavie est une tragédie, mais le moment actuel est une chance pour la relance des investissements et des exportations roumaines», indique un responsable du ministère des Affaires étrangères, Sergiu Celac. Bucarest estime en outre que sa participation aux opérations de reconstruction serait une forme de dédommagement pour le manque à gagner enregistré en raison de la guerre au Kosovo, qui s’élève à 850 millions de dollars, selon des estimations officielles.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Roumanie, dont les sérieuses difficultés économiques ont été aggravées par la guerre au Kosovo, veut obtenir une part du gâteau pour la reconstruction de la RFY et mise sur la proximité ainsi que sur l’expérience de sa coopération passée avec Belgrade. «Nombre d’usines, d’installations et d’infrastructures bombardées par l’Otan ont été construites par des sociétés roumaines. Nous sommes donc les mieux placés pour les refaire», estime Mihai Ionescu, le président de l’Association des exportateurs roumains (Aneir). «Le facteur psychologique n’est pas à exclure non plus, car les Serbes accepteront plus facilement de travailler avec des Roumains qu’avec des ressortissants des pays qui ont participé directement aux bombardements», indique pour sa part le président de l’Association des...