En remportant le 51e Critérium du Dauphiné Libéré dimanche à Aix-les-Bains (Savoie), le Kazakh Alexandre Vinokourov s’est affiché comme l’un des trouble-fêtes possibles du prochain Tour de France. À 26 ans, Alexandre Vinokourov, qui ne compte qu’une saison chez les pros, enrichit sa carte de visite d’une victoire d’importance. Celle-ci comportait jusqu’à présent des victoires l’an dernier aux Quatre jours de Dunkerque, au Circuit des Mines, dans le Tour de l’Oise, mais aussi cette année au Tour de Valence, ainsi que lors de deux étapes du Grand-Prix du Midi-Libre. Il succède au palmarès au Français Armand De Las Cuevas, vainqueur en 1998, mais aussi à Miguel Indurain (1995 et 1996), Charly Mottet (1987-89 et 1992), Greg Lemond (1983), Bernard Hinault (1977-79-81) ou encore Eddy Merckx (1971) et Bernard Thévenet (1975-76). Durant cette première partie de saison 1999, Vinokourov avait connu un coup dur : une chute lors de la 2e étape de Paris-Nice l’handicapa quelques semaines. Il dut se faire soigner pour une fracture de l’omoplate gauche, accentuée par une déchirure ligamentaire : «Cela m’a offert du repos forcé, ce qui me donne peut-être plus de jus à l’approche des grands rendez-vous de la saison», constate le vainqueur du critérium. Découvert en 1997 lors du Tour de Malaisie par le staff de l’équipe Casino, il intègre la réserve amateur de la formation aux 66 victoires en 1998 : «Il a fait des trucs incroyables en amateur, indique Vincent Lavenu, son directeur sportif, en gagnant 3 étapes sur 4 dans le Tour de Saône-et-Loire par exemple». Un «tout bon» Cette entrée en fanfare dans le monde du cyclisme occidental lui offre la possibilité de passer professionnel en 1998. «ll sait tout faire: rouler, sprinter, grimper..». Vincent Lavenu, son directeur sportif, ne manque pas de souligner les qualités de son coureur. Charly Mottet, ancien triple vainqueur et directeur technique du Dauphiné Libéré n’est pas en reste : «Il possède des qualités énormes : on le connaissait rouleur et il a montré qu’il pouvait passer la montagne lors de l’étape alpine du critérium, où il fallait samedi escalader 8 cols et côtes». Fort physiquement et mentalement : «Il a eu de l’aplomb en décrochant l’Américain Jonathan Vaughters alors qu’il n’était pas au mieux dans le final, note Mottet. Il a déjà fait ses preuves dans une course d’une semaine». Parmi les autres qualités affichées et démontrées, le vainqueur lui même décrit son calme : «Je n’ai jamais paniqué. Ça ne sert à rien de perdre son énergie inutilement. Il faut rester calme et garder toutes ses forces pour la bataille». Et Vincent Lavenu de décrire l’homme : «Il a l’air comme cela tout timide. Mais en réalité, il ne doute de rien. On dirait qu’il a 10 ans de professionnalisme derrière lui. Il a une grande maîtrise de lui, de ses nerfs et de ses émotions». Peut-il être «la» révélation du prochain Tour de France ? L’ancien coureur Jean-François Bernard s’enthousiasme : «C’est un coureur qui a de la classe». Et Vincent Lavenu d’en rajouter : «Quand on voit ce qu’il a fait dans l’étape du Plaine-Joux, on s’aperçoit qu’on a là, un tout bon !» Mais Charly Mottet tempère : «Par la force des choses, il peut-être le leader d’une nouvelle génération. Par les temps qui courent, c’est bien . Mais attention, pour bien figurer sur la grande boucle, il faut de l’expérience et une grande équipe autour de soi pour gagner». Virenque espère être au départ du Tour Richard Virenque a indiqué samedi sur France 3 qu’il espérait une «réponse positive» des organisateurs du Tour de France cycliste pour pouvoir participer à la grande boucle à laquelle il se dit très attaché. L’ancien coureur de Festina, aujourd’hui membre de l’équipe italienne Polti, a été mis en examen en France pour «complicité d’incitation à usage de dopants», et il attend la décision de Jean-Marie Leblanc, le directeur de la Société du Tour de France qui doit annoncer le 16 juin la sélection des équipes pour le Tour. «Tout ce que j’attends, c’est une bonne réponse, une réponse positive», a déclaré le coureur varois dans le cadre du journal de France 3. Richard Virenque, à plusieurs reprises meilleur grimpeur du Tour de France, indique qu’il «aime bien le Tour de France». Il explique son attachement à l’épreuve en lançant : «c’est là où j’ai conquis le public, c’est là où j’ai conquis les belles victoires d’étape, j’ai conquis beaucoup de choses». «Le Tour, je le connais très bien et je suis toujours là au bon moment; je crois que le public fait beaucoup aussi dans ma présence au Tour» ajoute-t-il. Dans un récent entretien acordé au journal l’Est républicain le juge d’instruction lillois Patrick Kiel qui a mis le coureur en examen dans l’affaire de dopage de l’équipe Festina révélée à l’été 1998 a estimé qu’il pouvait se prévaloir de la présomption d’innocence. «Rien ne s’oppose (à sa participation au Tour de France) dans la mesure où il n’a jamais passé d’aveux et où le procès de l’affaire pour laquelle il a été mis en examen n’aura pas lieu avant plusieurs mois», a-t-il déclaré. «Me déstabiliser» M. Leblanc a toutefois récemment déclaré de son côté : «Nous avons le droit et même le devoir d’être très exigeants sur les garanties de moralité sportive que nous attendons. Aujourd’hui, il y a du pour et du contre». Richard Virenque se veut donc prudent dans l’attente de la réponse des organisateurs. Mais il se déclare prêt : «J’ai fait le tour d’Italie, j’ai fini bien physiquement le tour d’Italie, je ne me suis pas donné à 100 % dedans, donc on verra». Virenque évoque ses relations avec Me Bertrand Lavelot et le faux médecin Bernard Sainz présumés organisateurs d’un trafic de produits dopants mis en examen et écroués au début mai. «Bertrand Lavelot était mon avocat, donc Sainz était son collaborateur donc j’ai dit que j’avais travaillé avec ces personnes puisque c’était mon avocat», explique-t-il, en estimant que «cette affaire en plus, (...), c’est employé pour carrément me déstabiliser». «Il y a pas mal de choses qui ont fait que le cyclisme a beaucoup souffert et essaie de s’en remettre» a conclu le coureur sur FR3, en ajoutant que «les instances fédérales internationales font le maximum».
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