Les New York Knicks ont une nouvelle fois réussi à déjouer les pronostics en allant s’imposer chez l’adversaire, dominant Indiana 101 à 94 mercredi soir pour n’être plus qu’à une victoire d’une qualification inattendue à la finale du championnat NBA de basket-ball. «Nous désirons boucler l’affaire à la maison. Il faudra que nous en voulions plus qu’eux», a souligné Latrell Sprewell, meilleur marqueur de son équipe avec 29 points. Menant 3 victoires à 2 dans la série au meilleur des sept rencontres, les Knicks peuvent maintenant espérer décrocher leur billet pour la finale dans le sixième match vendredi soir au Madison Square Garden de New York, évitant ainsi une septième et dernière rencontre dimanche à Indianapolis. Vainqueurs de Miami, le numéro un de la conférence est au premier tour, puis d’Atlanta, le numéro quatre, en quatre manches sèches au deuxième tour, les Knicks se sont magnifiquement repris après avoir été dominés par la maîtrise d’Indiana il y a 48 heures à New York. «Notre plan était de nous accrocher, nous accrocher et nous accrocher encore et d’essayer de bien terminer. C’est ce que nous avons réussi ce soir», a expliqué l’entraîneur Jeff Van Gundy, qui pour le second match consécutif avait pris le risque d’aligner Sprewell dans son cinq de départ, malgré l’échec de l’expérience lundi soir. Coup de poker Cette fois-ci le coup de poker de Van Gundy s’est révélé un succès et Sprewell, qui a disputé la presque totalité de la recontre, a été l’arme offensive décisive des New-Yorkais, notamment dans les huit dernières minutes de jeu où ils ont inscrit 29 points contre 14 seulement à leurs adversaires. Avec Sprewell, les grands artisans du succès des Knicks ont été le pivot réserviste Marcus Camby, avec 21 points, six tirs bloqués et 13 rebonds, et Larry Johnson, qui a inscrit 12 de ses 17 points dans le dernier quart temps, dont deux paniers à trois points consécutifs qui devaient fournir à son équipe une marge de sécurité qu’elle ne devait plus lâcher. Indiana, battu, malgré 30 points de Reggie Miller, après avoir compté jusqu’à 14 points d’avance en début de rencontre, est désormais condamné à gagner à nouveau en déplacement vendredi soir pour préserver ses chances d’atteindre sa première finale NBA, stade de l’épreuve où les Knicks, vainqueurs du championnat en 1970 et 1973, étaient arrivés pour la dernière fois en 1994. «Vendredi ils nous faudra être prêts. Eux le seront. Ce sera pour eux une question de vie ou de mort», a fait valoir Sprewell. Les Spurs, version rouleau compresseur Après un début de saison décevant, les Spurs de San Antonio ont passé la vitesse supérieure et écrasent tout sur leur passage en NBA. L’équipe affiche plus de 80 % de victoires depuis le 1er mars dernier sans jamais avoir concédé plus de deux défaites consécutives. Depuis le début des playoffs, les Spurs paraissent même intouchables : un seul revers au premier tour puis deux «sweep» (4 manches à 0) infligés aux Lakers et à Portland en finale de conférence. Toujours invaincus à l’extérieur depuis le début de la phase finale, San Antonio a pleinement justifié contre l’équipe de l’Oregon son titre de meilleure franchise de l’Ouest cette saison. Relégués à 36 points sur l’ensemble des deux matches de la série disputés à domicile, les Blazers n’ont jamais fait le poids face à la défense adverse, obtenant avec 63 points marqués le deuxième plus faible total de l’histoire des playoffs lors du troisième match. Cet impressionnant parcours vaut aujourd’hui à San Antonio d’atteindre la première finale nationale de son histoire après quatre échecs en finales de conférence en 1979, 82, 83 et 95. Grâce à leur vitesse d’exécution, les partenaires de David Robinson l’aborderont en ayant bénéficié d’une grosse semaine de repos afin de laisser à Indiana et New York le temps de se départager sur la côte Est. Pour présenter les Spurs dès le début de la saison comme les dauphins désignés de Chicago, bon nombre d’observateurs se sont appuyés sur l’existence du redoutable tandem Robinson-Duncan. À 33 ans, et encore près de 16 points de moyenne, Robinson est plus affamé que jamais à l’idée de remporter enfin un titre, acceptant même de se mettre totalement au service de son jeune partenaire. Car la grande richesse de San Antonio se nomme bien sûr Tim Duncan. Septième marqueur (21,7 points par match) et cinquième rebondeur (11,6) de la Ligue, le meilleur rookie de la saison dernière n’a été dominé que par Karl Malone (Utah) pour le titre de MVP cette année. Même Michael Jordan n’avait pas fait mieux. À 22 ans, Duncan symbolise l’avenir de la NBA et l’équipe des Spurs a entièrement construit son jeu autour de lui. Ses 2,13 m, associés aux 215 centimètres de Robinson dans la raquette, étouffent tous les attaquants adverses et permettent de faire une ample moisson de rebonds. Si on parle beaucoup aujourd’hui de leurs «Twin Towers» (Tours jumelles), il serait injuste d’oublier que San Antonio a joué la sécurité en gardant son cinq majeur intact durant l’intersaison. Le petit meneur Avery Jonhson et l’ailier Sean Elliott, crédité de plus de 11 points de moyenne après deux saisons noircies par des blessures, méritent par exemple plus de considération. En fait, la franchise texane a doublé tous ses postes et pourrait toucher cette saison les dividendes de son recrutement judicieux. Et ce d’autant plus qu’elle est assurée de bénéficier de l’avantage du terrain quel que soit son adversaire en finale.
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