L’équipe de France a gagné le droit de partir en vacances mais dans leurs bagages, les champions du monde vont emmener quelques devoirs pour réfléchir à leur avenir. Malgré une défaite contre la Russie (3-2) au Stade de France et une minuscule victoire (1-0) contre Andorre à Barcelone, les Français n’ont pas hypothéqué leurs chances de qualification pour l’Euro 2000. Ils sont même revenus à un point des leaders ukrainiens, seule équipe encore invaincue dans ce groupe 4. Mais en une semaine et deux matches sont apparues des évidences que le triomphe de juillet dernier face au Brésil avait longtemps cachées. La première est que certains joueurs, rattrapés par la trentaine, paraissent s’essouffler et un rajeunissement rapide s’impose d’ici au championnat d’Europe des nations l’an prochain. Les commentaires de Roger Lemerre sur la prestation de Laurent Blanc face aux Russes n’ont pas manqué de faire lever quelques sourcils, voire de provoquer quelques sourires. Pourtant le capitaine marseillais ne peut être montré, seul, du doigt: la fatigue des troupes était générale, elle était seulement plus visible sur certains. La seconde question concerne le rôle de Lemerre, lui-même. De son propre aveu, le successeur d’Aimé Jacquet s’est contenté «d’accompagner» une équipe portée par l’euphorie et le prestige d’un titre mondial. À l’avenir, il devra, comme le faisait son prédécesseur, s’installer dans les habits du chef, de celui qui décrète la mobilisation lorsque le danger menace. Nervosité Le sursaut d’orgueil, promis après la déconvenue face aux Russes, ne s’est pas produit dans l’immense stade olympique de Barcelone au trois quarts vide. Pire, le sort de la rencontre n’a tenu qu’à un penalty transformé par Frank Lebœuf à quatre minutes de la fin d’un affrontement crispant et à sens unique. «Je savais que contre Andorre cela allait être dur mais pas comme cela», a soupiré Lemerre. «Je n’avais pas envisagé une telle rencontre. Je vais me pencher sur les problèmes». Face à des Andorrans qui ont refusé le match pendant 90 minutes, les champions du monde sont apparus souvent décontenancés, manquant d’imagination et ce ne fut que sur un ballon en profondeur qu’ils trouvèrent une solution heureuse. À leur décharge, les Tricolores peuvent faire valoir que ces deux rencontres étaient placées à un mauvais moment, en fin de championnat après une saison longue, immédiatement enchaînée sur le Mondial. Et la nervosité des Français, symbolisée dès le début de la partie par l’expulsion de Christophe Dugarry, est apparue flagrante et peu en rapport avec leur statut de champions du monde. Cette même fébrilité avait été perceptible en fin de rencontre face à la Russie : les Tricolores, totalement dépassés physiquement et techniquement, concédaient deux buts en moins d’un quart d’heure pour leur première défaite en match officiel depuis novembre 1993. À leur décharge encore, ils ont joué ces deux rencontres sans leur maître à penser, Zinedine Zidane, blessé au genou. Son absence s’est cruellement fait sentir à chaque fois. Contre les Russes pour garder le résultat lorsque la France menait au score (2-1), contre Andorre lorsqu’il fallait trouver une solution pour déstabiliser la défense andorrane. «Ce fut une des soirées les plus difficiles que j’ai vécues dans ma carrière», a admis Lemerre. Il a maintenant quatre mois pour éviter que pareille mésaventure se reproduise. La République tchèque y est C’est fait ! La République tchèque s’est officiellement qualifiée pour la phase finale du championnat d’Europe des Nations de football, mercredi, après sa septième victoire d’affilée dans le groupe 9 aux dépens de l’Écosse. Elle est la première sélection à pouvoir savourer une telle performance à ce stade de la compétition. Une performance. La formation tchèque, finaliste malheureuse de l’Euro-96 en Angleterre face à l’Allemagne, a désormais le temps pour préparer ce rendez-vous en Belgique et aux Pays-Bas du 10 juin au 2 juillet 2000. Dans le groupe 1, l’Italie est passée tout près d’un pareil bonheur. Une victoire en Suisse aurait permis à la sélection de Dino Zoff de se rendre directement à l’Euro, mais elle s’est contentée d’un nul (0-0) et devra attendre. Dans l’autre rencontre, le Pays de Galles, sélection éliminée, a concédé une quatrième défaite face au Danemark à domicile, à... Liverpool (2-0). Dans le groupe 2, la Norvège, sereine, a regardé ses adversaires s’entre-déchirer. C’était (presque) prévu : l’Albanie, hors course, a subi une nouvelle défaite à domicile face à la Slovénie (1-0), qui a accroché temporairement la deuxième place, à égalité avec la Lettonie. Cette dernière s’est imposée en Grèce (2-1), laquelle verra l’Euro à la télévision. Dans le Groupe 3, la Moldavie et la Finlande se sont séparées sur un score vierge (0-0) alors que les deux favoris, l’Allemagne et la Turquie, étaient au repos. La France, après sa victoire aux dépens d’Andorre (1-0) à Barcelone (Espagne), s’est replacée. De justesse. L’Ukraine a concédé le nul en Arménie (0-0), et la Russie collectionne à nouveau les victoires après celle acquise contre l’Islande (1-0) dans ce groupe 4, très indécis. L’Angleterre en mauvaise posture Dans le groupe 5, l’Angleterre n’a pu faire que match nul contre la Bulgarie à Sofia (1-1). Mathématiquement, la formation de Kevin Keegan n’est pas éliminée. Mais elle est en très mauvaise posture. La Pologne, vainqueur à l’arraché du Luxembourg (3-2), a accroché temporairement la deuxième place d’un groupe dominé par la Suède, exempte de cette journée. Dans le groupe 6, l’Espagne attend avec impatience son match à Vienne contre l’Autriche en septembre. Dans le groupe 7, le Portugal n’a pas lésiné face au Liechtenstein (8-0). De ce groupe pourrait sortir le meilleur deuxième, qui serait directement qualifié pour la phase finale, d’autant que la Roumanie s’est promenée contre l’Azerbaïdjan (4-0). La formation roumaine se place en favorite de cette poule d’autant qu’elle recevra le Portugal le 8 septembre à Bucarest. Dans le groupe 8, dont la guerre dans les Balkans perturbe le bon déroulement, la Yougoslavie l’a emporté contre Malte. Elle est relancée. Jusqu’à quand? La Croatie, mais aussi l’Eire et la Macédoine, malgré sa défaite en Irlande guettent. Enfin, dans le groupe 9, les Tchèques sont qualifiés. Les Îles Féroé, en tenant en échec la Bosnie-Herzégovine (2-2) ont privé les Bosniaques de leur dernier espoir de rattraper les Tchèques. Dans le dernier match, l’Estonie a perdu contre la Lituanie (2-1). Prochain rendez-vous le 4 septembre.
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