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Actualités - Chronologie

Le recours à l'ONU, une victoire pour Moscou

Les Russes se félicitaient hier d’avoir réussi à ramener les Occidentaux, et notamment les États-Unis, dans l’enceinte de l’Onu pour régler le conflit du Kosovo, mais attendaient avec impatience l’arrêt des bombardements avant de tirer le bilan d’une crise où leur prestige a beaucoup souffert. «Les bombardements auraient dû s’arrêter depuis longtemps, et notre but est toujours de les arrêter le plus vite possible», a dit le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov, la voix un peu crispée, interrogé mercredi matin sur la possibilité d’un arrêt des frappes dans la journée. Car chacun des 76 jours de bombardements sur la Yougoslavie a marqué un échec de la diplomatie russe, qui a réclamé depuis la première minute un arrêt immédiat des frappes aériennes. M. Ivanov, pourtant, aura quelques motifs de satisfaction lorsque la guerre prendra fin. Les Russes, totalement mis à l’écart lors du déclenchement de la campagne aérienne le 24 mars, sont en effet revenus occuper petit à petit le centre de l’échiquier diplomatique. D’abord en proposant d’impliquer le G8 dans le règlement du conflit. Puisque les Occidentaux avaient court-circuité l’Onu, il fallait aux Russes trouver une enceinte de discussion où ils auraient toute leur place. L’idée de convoquer le G8, un forum à vocation économique, a d’abord fait sourire. Puis elle s’est imposée peu à peu sur l’insistance des Européens, qui appréciaient de ne plus être seuls en tête à tête avec les États-Unis. C’est donc au sein du G8 que la Russie a fait campagne pour un retour du dossier kosovar devant le Conseil de sécurité de l’Onu. L’Allemagne et la France, que la mise à l’écart des Nations unies avaient mises mal à l’aise, ont appuyé la revendication russe. Soucieux de trouver une issue à la crise, les Américains ont finalement dû céder et négocier pied à pied avec les Russes le projet de résolution rendu public mardi à Cologne. La satisfaction russe d’avoir finalement obtenu gain de cause n’efface pas toutefois l’amertume ressentie au début des frappes lorsque les Occidentaux ont totalement ignoré l’avis de Moscou pour déclencher la guerre : «Pour nous, il est très important de conserver nos relations avec l’Occident, affirmait mercredi un membre de la délégation russe au G8, mais pour les Occidentaux, les relations avec la Russie ne sont pas essentielles, voilà le malheur...». Le relatif succès diplomatique russe pourrait en outre être rapidement effacé par les difficultés matérielles d’une Russie économiquement exsangue. La Russie, soulignait hier un membre de la délégation russe à Cologne, sous couvert de l’anonymat, n’est pas prête à envoyer sur-le-champ 5 ou 10 000 hommes au Kosovo. Concrètement, ce sont donc les forces de l’Otan qui entreront seules au Kosovo après l’arrêt des frappes, au mieux avec quelques observateurs militaires dépêchés par Moscou. Selon le Premier ministre Sergueï Stépachine, l’envoi d’un contingent de 5 000 à 10 000 soldats coûterait jusqu’à 150 millions de dollars par an. «Où allons-nous trouver cet argent ?», s’est exclamé le chef du gouvernement devant les députés russes, auxquels il demandait mercredi d’adopter de nouvelles mesures de rigueur. Et comment la Russie peut-elle réclamer un financement occidental pour son contingent, tout en refusant catégoriquement de placer ses hommes au Kosovo sous le commandement de l’Otan ?
Les Russes se félicitaient hier d’avoir réussi à ramener les Occidentaux, et notamment les États-Unis, dans l’enceinte de l’Onu pour régler le conflit du Kosovo, mais attendaient avec impatience l’arrêt des bombardements avant de tirer le bilan d’une crise où leur prestige a beaucoup souffert. «Les bombardements auraient dû s’arrêter depuis longtemps, et notre but est toujours de les arrêter le plus vite possible», a dit le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov, la voix un peu crispée, interrogé mercredi matin sur la possibilité d’un arrêt des frappes dans la journée. Car chacun des 76 jours de bombardements sur la Yougoslavie a marqué un échec de la diplomatie russe, qui a réclamé depuis la première minute un arrêt immédiat des frappes aériennes. M. Ivanov, pourtant, aura quelques...