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Actualités - Chronologie

Climatologie - Des archives dans les glaces antarctiques Chaude, chaude, la Terre

Les taux de gaz à effet de serre contenus dans l’atmosphère actuelle sont sans précédent dans l’évolution du climat terrestre depuis 420 000 ans, selon une étude internationale basée sur les archives climatiques des glaces antarctiques et publiée dans la revue scientifique britannique Nature. Cette étude est le résultat d’une coopération entre la Russie, la France et les États-Unis dans la base antarctique russe de Vostok, où un forage dans la glace a permis d’atteindre, l’an dernier, la profondeur record de 3.623 mètres, correspondant à une couche vieille de 420 000 ans. «Il s’agit d’abord d’un grand exploit technique», insiste Jean-Robert Petit, du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement du CNRS à Saint-Martin d’Hères, près de Grenoble (est de la France), premier auteur de ce travail réalisé par une équipe de 19 chercheurs des trois pays, en commentant l’article de Nature. «En effet, précise le scientifique, ce record a été obtenu en plein milieu du plateau antarctique, l’une des régions les plus inhospitalières du monde, à 3 488 mètres d’altitude, où la température moyenne est de moins 55 degrés Celsius. Il nous a permis d’obtenir pour la première fois, pour une période aussi longue, un enregistrement continu des traces de gaz à effets de serre (dioxyde de carbone, méthane...), mais aussi d’aérosols, avec des particules d’origine désertique ou marine, ainsi que des indications sur l’oxygène de l’air et les températures au moment de la glaciation». Verdict sans appel Les précieuses données sur les gaz à effet de serre sont obtenues à partir des bulles d’air que seule la glace est capable de conserver et de restituer intactes aux scientifiques, leur permettant ainsi de décrire l’évolution du climat et de l’environnement terrestres au cours des millénaires. Le taux des gaz à effet de serre est plus important lorsque le climat se réchauffe, il diminue pendant les périodes plus froides. Dès les années 1980, grâce à une coopération établie avec les ex-Soviétiques, les chercheurs du CNRS et ceux du Laboratoire de modélisation du climat du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) à Saclay avaient pu mettre en évidence l’étroite corrélation entre la température et la quantité de ces gaz au cours des 100 000 dernières années. Les fluctuations, dues à des phénomènes qui n’ont pas encore été très bien compris dont, peut-être, des changements de l’orbite terrestre autour du Soleil, font que cette évolution suit des cycles qui se sont manifestés, à Vostok, par des températures moyennes inférieures à celles d’aujourd’hui au cours des périodes glaciaires (-67C) et supérieures lors des périodes interglaciaires (-53°C). Ces cycles sont restés quasi immuables. La stabilité des températures au cours de la dernière période interglaciaire qui est la nôtre (holocène) pourrait, pensent les auteurs de l’étude, avoir des répercussions importantes sur l’évolution et le développement des civilisations. Tout a été bousculé à une date récente : celle de l’entrée dans l’ère industrielle, il y a 200 ans. Le verdict des archives de glace de Vostok est sans appel. Aujourd’hui, les niveaux de 360 parties par million (ppm) pour le dioxyde de carbone et de 1 700 ppm pour le méthane sont respectivement de 30 % et de 100 % supérieurs à ceux de l’époque pré-industrielle. Cela confirme-t-il, comme beaucoup le craignent, que le climat terrestre se réchauffe ? «L’objectif de notre étude, rappelle M. Petit, était de connaître l’évolution du climat du passé, et non pas de faire des prévisions. Néanmoins, la logique des événements semble bien aller dans ce sens».
Les taux de gaz à effet de serre contenus dans l’atmosphère actuelle sont sans précédent dans l’évolution du climat terrestre depuis 420 000 ans, selon une étude internationale basée sur les archives climatiques des glaces antarctiques et publiée dans la revue scientifique britannique Nature. Cette étude est le résultat d’une coopération entre la Russie, la France et les États-Unis dans la base antarctique russe de Vostok, où un forage dans la glace a permis d’atteindre, l’an dernier, la profondeur record de 3.623 mètres, correspondant à une couche vieille de 420 000 ans. «Il s’agit d’abord d’un grand exploit technique», insiste Jean-Robert Petit, du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement du CNRS à Saint-Martin d’Hères, près de Grenoble (est de la France), premier auteur de...