Le poste-frontière de Blace, point névralgique du conflit
le 07 juin 1999 à 00h00
Le poste-frontière de Blace est devenu un lieu historique du conflit où se sont succédé observateurs internationaux évacuant le Kosovo et réfugiés kosovars fuyant la répression. Ce petit poste est situé à 20 km de la capitale macédonienne, dans le creux d’une gorge encaissée entre deux montagnes. Quelques kilomètres plus loin se trouve la petite ville yougoslave de Djeneral Jankovic. Un auvent de quelques centaines de mètres carrés et une dizaine de baraques en bois abritent les services de police et les bureaux des transitaires. Sous l’œil attentif des militaires de l’Otan, rassemblés en Macédoine pour les protéger, des centaines de voitures oranges et 1 381 observateurs sont passés par là en quelques heures après l’échec de leur mission d’interposition. «We’ll be back» (nous reviendrons) a-t-on alors entendu dans la mission de l’OSCE dirigée par l’américain William Walker. Le 24 mars, les premières frappes aériennes de l’Otan débutaient. Depuis la petite route de montagne, on pouvait voir les missiles Tomahawk passer dans un ciel printanier. Cinq jours plus tard, le 29, les premiers réfugiés arrivaient. Bloqués par les Macédoniens, qui redoutaient et redoutent encore d’être déstabilisés par un afflux d’Albanais, ces réfugiés ont vécu dans la boue et sous la pluie sans aucun secours. Descendant des trains en territoire yougoslave, ils marchaient sur la voie jusqu’en Macédoine en longues files qui ont évoqué des images de déportation dans toutes les mémoires occidentales. En contrebas du poste-frontière sur un terrain en pente aboutissant à une rivière, des dizaines de milliers de femmes, d’enfants et de vieillards se sont entassés devant les caméras de toutes les télévisions du monde. Après dix jours, poussé par les organisations internationales, le gouvernement macédonien entrouvrait ses portes. Les soldats de l’Otan ont pris en main l’organisation des camps et en une semaine, ce cloaque était vidé. Le champ d’immondices, de vêtements boueux abandonnés et de huttes de fortune était finalement vidé en une nuit. Quelques jours plus tard, les bulldozers nettoyaient tout. Le camp est désormais un centre de transit. Le nombre de réfugiés a dépassé les 250 000 en Macédoine, ils sont près d’un million à avoir quitté leur région depuis le début du conflit.
Le poste-frontière de Blace est devenu un lieu historique du conflit où se sont succédé observateurs internationaux évacuant le Kosovo et réfugiés kosovars fuyant la répression. Ce petit poste est situé à 20 km de la capitale macédonienne, dans le creux d’une gorge encaissée entre deux montagnes. Quelques kilomètres plus loin se trouve la petite ville yougoslave de Djeneral Jankovic. Un auvent de quelques centaines de mètres carrés et une dizaine de baraques en bois abritent les services de police et les bureaux des transitaires. Sous l’œil attentif des militaires de l’Otan, rassemblés en Macédoine pour les protéger, des centaines de voitures oranges et 1 381 observateurs sont passés par là en quelques heures après l’échec de leur mission d’interposition. «We’ll be back» (nous reviendrons) a-t-on...
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