Le dollar a entamé la semaine hier, à Beyrouth, sur un ton stationnaire, après que la Banque du Liban (BDL) eut maintenu en l’état ses deux taux d’intervention entre 1 502,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, le faisant clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre 1998. Mais, en raison de l’abondance de l’offre et de la réticence de la demande à se placer au-dessus du bas de la fourchette d’intervention de la BDL, le billet vert devait être pratiquement négocié dans les échanges interbancaires entre 1 502,00 et 1 502,50 LL et parfois à 1 502,00 LL en l’absence de contreparties à l’achat à ce prix en dehors de la BDL. Pourtant, l’activité du marché est restée relativement modérée, ne dépassant pas quelque neuf millions de dollars, dont la moitié aurait été achetée par la BDL, indique-t-on de sources cambistes de la place. Légère reprise de l’euro À l’étranger et en l’absence d’indications londoniennes et new-yorkaises, les marchés britannique et américain étant fermés hier, à l’occasion de fêtes nationales, l’euro s’est échangé en hausse sur les autres places ouvertes, dans des transactions atones. La perspective d’une paix négociée au Kosovo et les propos attribués à de hauts responsables allemands mettant en alerte les professionnels sur une possible intervention de la Banque centrale européenne (BCE) semblent être à l’origine de ce changement d’humeur vis-à-vis de la monnaie unique. À cet égard, les opérateurs ont fait état d’une déclaration faite hier par le ministre allemand de l’Économie, Werner Mueller, estimant que l’euro pourrait se reprendre à moyen terme à condition que les gouvernements des pays membres de l’Union européenne aient une politique d’économies conséquente. Et d’ajouter que le cours de l’euro était en partie l’expression de spéculations. Ils ont été également sensibilisés par une déclaration du futur président de la Bundesbank, Ernst Welteke, qui a donné un coup de fouet à la monnaie européenne. Celui-ci a mis plus franchement en alerte les opérateurs sur une possible intervention de la BCE si l’euro s’approche de la parité avec le dollar. «Si on tombe à la parité avec le dollar, l’intervention devient alors une possibilité, puisque les responsables de la Banque centrale européenne ont récemment fait part de leur volonté de ne pas négliger l’euro», a-t-il dit. Toutefois, l’absence des marchés des changes de Londres et de New York a limité les fluctuations à la hausse des devises européennes et du yen. De même, la reprise des bombardements de l’Otan contre la Yougoslavie a paru doucher l’espoir d’un règlement rapide du conflit au Kosovo. C’est dans ce contexte que le dollar s’est montré un peu vulnérable, se négociant en fin de journée à Francfort comme suit : – 1,0449 pour un euro contre 1,0418, vendredi dernier, à New York. – 1,6030 pour un sterling contre 1,6005. – 1,8735 DM contre 1,8780. – 6,2830 FF contre 6,2965. – 1,5255 FS contre 1,5245. – 1 854,65 lires contre 1 858,85. – 121,75 yens contre 121,45. Bourse de Beyrouth : c’est le statu quo Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a observé, hier, un statu quo, la hausse des actions «B» de Solidere de 8 5/8 à 8 3/4 dollars ayant été compensée par la baisse de celles de la catégorie «A» de la même société de 8 3/8 à 8 1/4 dollars. Cela d’autant que le restant de la cote était stable. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises s’est maintenu à 77,64 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 178,62 points. Cette évolution s’est déroulée hier dans un marché un peu plus étoffé avec 86 554 actions d’une valeur globale de 524 213 dollars. En mal d’inspiration, les Bourses européennes se replient, sauf Paris Les marchés boursiers l’Europe continentale ont ouvert en progrès lundi, mais ils ont ensuite le plus souvent abandonné une partie de leur avance initiale, faute d’une tendance définie alors que les Bourses de Londres et de New York sont fermées en ce début de semaine. «Les États-Unis et le Royaume-Uni étant fermés, la journée s’annonçait plutôt terne», a dit un opérateur madrilène. À la clôture, l’indice européen Stoxx 50 a gagné 0,74 % seulement, à 3 608,23 points, et l’Eurotop 100 0,25 %, à 2 914,16. Seule la Bourse de Paris est parvenue à se maintenir dans le positif, avec un gain de 0,84 %, tandis que pour les autres places, les replis s’élèvent à 0,04 % à Amsterdam et Zurich, 0,53 % à Bruxelles, 0,56 % à Madrid et 0,69 % à Francfort. La hausse de 0,89 % du Dow Jones vendredi à Wall Street a apporté un certain soutien aux places européennes, mais la fermeture du marché américain pour le «Memorial Day» tend à dissuader les opérateurs de se mettre en position. La hausse des Bourses de Tokyo et Hong Kong a également constitué un élément positif, mais, en Asie également, les échanges sont restés peu fournis. L’attention des professionnels reste fixée sur le Kosovo, après que Slobodan Milosevic eut dit accepter «les principes généraux du G8», suscitant de timides espoirs de règlement du conflit. D’une façon générale, les compartiments des télécoms et des médias font preuve d’une bonne orientation, tandis que ceux de la chimie, de la pharmacie et du BTP perdent du terrain. Parmi les valeurs le plus en vue, le groupe chimique allemand Bayer a cédé 0,27 % après avoir annoncé pendant le week-end que l’introduction en Bourse de sa filiale Agfa-Gevaert s’opérerait au prix de 22 euros par action. Après cette opération, la plus grosse introduction en Bourse depuis le début de cette année, les titres seront traités à Francfort et Bruxelles à compter du 1er juin. Toujours à Francfort, Deutsche Telekom a gagné 1,79 %, après que Ron Sommer, le président du directoire, eut déclaré au Spiegel que le groupe se réservait la possibilité d’introduire en Bourse T-Online, sa filiale Internet, pour financer son expansion à l’international. Volkswagen avait gagné jusqu’à 2,5 %, à 61,10 euros, Ferdinand Piech, le président du groupe automobile, ayant annoncé la signature avec Toyota Motor d’un accord de licence dans les pièces détachées. Cette information a ensuite été démentie par le groupe japonais, et le titre VW a ramené ses gains à 0,88 euro, à 60,45. Dans le domaine macroéconomique, la Banque centrale européenne a annoncé que l’expansion de la masse monétaire européenne M3 avait ralenti à 4,9 % sur un an en avril, après 5,2 % en mars. À Paris, Pernod Ricard, particulièrement en vue, a conservé un gain de 2,89 %, à 65,85 euros, après avoir gagné plus de 3,25 % sur une information de la presse britannique voulant que le groupe prépare une offre de 5 milliards de sterling sur la division spiritueux d’Allied Domecq. Un porte-parole de Pernod s’est refusé à commenter cette information, disant toutefois que le groupe étudierait toute opportunité dans le domaine des spiritueux et soulignant l’importance du marché britannique en ce domaine. Tokyo : en hausse La Bourse de Tokyo a terminé lundi en progression de 0,9 %, soutenue par le rebond de Wall Street vendredi, selon des sources de marché. L’indice Nikkei 225 a gagné 138,97 points, pour repasser au-dessus de la barre des 16 000 points, à 16 111,65. Les échanges ont été faibles, 375 millions de titres ayant été négociés contre 416,8 millions vendredi. «La chasse aux bonnes affaires a commencé vers la fin de la session, ce qui a permis au Nikkei de repasser au-dessus des 16 000 points», a expliqué Hiroshi Sato, de Cosmo Securities. L’indice élargi Topix a quant à lui gagné 5,12 % à 1 297,19 points. Les cours étaient à la baisse au cours de la matinée, les opérateurs rencontrant peu d’incitations à faire bouger le marché. «Les échanges actuels ne sont soutenus par aucun facteur récent», analyse Masaaki Higashida, de chez Nomura Securities. Certaines valeurs ont été favorisées par la hausse de Wall Street vendredi. La Bourse new-yorkaise est repartie à la hausse vendredi, gagnant 0,89 % à 10 559,74 points à la clôture, tandis que le Nasdaq terminait à 2 470,42 (+2,12 %). «Le marché de Tokyo a perçu les échanges de vendredi comme un positionnement avant une possible hausse des taux d’intérêt, a ajouté M. Higashida. De nombreux opérateurs se demandent si maintenir l’indice sous les 16 000 points est une mauvaise chose». Les valeurs-vedettes internationales ont terminé majoritairement à la baisse, Sony clôturant à 11 230 yens (-1,1 %), et Fujitsu perdant 0,5 % à 2 010 yens. Sega Enterprises a chuté de 2,8 % à 1 940 yens après que le groupe fabricant de jeux vidéo eut annoncé vendredi une perte nette de 358 millions de dollars pour l’exercice achevé fin mars, et a averti qu’il tablait sur de nouvelles pertes cette année.
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