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Actualités - Chronologie

Vainqueurs , soyons prudents, préviennent les journaux britanniques

L’Otan a remporté une victoire à l’arraché au Kosovo mais l’Alliance ne doit pas laisser le président Milosevic se défiler une fois de plus, conseille la presse britannique aux Occidentaux. Malgré le sentiment de triomphe résultant de l’acceptation par le président yougoslave du plan de paix élaboré par les pays européens et la Russie, satisfaisant dans l’ensemble les exigences de l’Otan, les éditorialistes appellent à la prudence. Le Times (conservateur) salue l’accord comme étant le «commencement de la fin (du conflit), mais prévient qu’il y a encore d’importants détails à résoudre tels que la structure du commandement et la composition de la force internationale de maintien de la paix au Kosovo». Milosevic n’a été contraint de s’incliner que par «l’intensité croissante de l’activité militaire au cours des dernières semaines», estime le quotidien, qui demande aux dirigeants mondiaux de ne le laisser échapper à aucune de ses obligations. La totalité de la presse partage la teneur de ce message aux gouvernants. «L’Otan doit s’assurer que l’accord est totalement appliqué, résoudre les difficultés concernant la force de maintien de la paix et permettre l’application de la procédure engagée contre Slobodan Milosevic pour crimes de guerre avant de pouvoir se targuer d’être l’alliance militaire la plus efficace du monde», écrit le Daily Telegraph (conservateur). Il s’agit d’une «victoire pour l’Otan et de la consécration de sa conception stratégique de la domination aérienne», poursuit le journal, qui mentionne également la menace croissante d’une intervention au sol et la médiation russe parmi les facteurs ayant amené Milosevic à composition. Toutefois, prévient le journal, la campagne aérienne a montré que l’Union européenne ne pouvait rien sans l’aide américaine. L’Express et le Daily Mail (populaires) se demandent s’il est possible de faire confiance à Milosevic. L’avenir dira s’il s’agissait vraiment d’une victoire, écrit l’Express. Pour le Daily Mail, «il est trop tôt pour crier victoire. Milosevic est un menteur patenté et il cherchera à revenir sur sa parole si tout n’est pas précisé à la virgule près». Le Financial Times (indépendant) avertit qu’une série de problèmes demeurent sans solution : «Jusqu’ici, l’accord n’est qu’un soulagement et non un motif de réjouissance. Réussir à faire la paix est dans l’ensemble plus difficile que de faire la guerre». Tous les journaux rappellent le coût de la campagne en termes de pertes humaines. Le Guardian (centre gauche) affirme que le refus de Milosevic d’accepter l’accord qui lui a été proposé à Paris a «eu un prix terrible pour son pays et son peuple». L’Independent annonce que le temps est venu maintenant de penser à reconstruire les ponts que l’Otan a détruits, au sens propre comme au sens figuré. Les journaux d’hier sont également presque tous unanimes à justifier l’attitude très ferme du Premier ministre Tony Blair envers la Yougoslavie qui l’a fait apparaître comme un «faucon». «Si la paix s’installe dans les Balkans, la position quelquefois bien isolée de M. Blair s’en trouvera justifiée», écrit l’Independent. Pour le Sun (populaire), Tony Blair savoure un «triomphe majeur». Il a maintenu la cohésion et la résolution des 19 partenaires, œuvrant à «renforcer la détermination d’alliés incertains, y compris à rassurer le président Clinton». Le Daily Mirror (proche du Parti travailliste) fait appel à l’Histoire et compare le Premier ministre à son prédécesseur de la Seconde Guerre mondiale Winston Churchill et à Lord Wellington, vainqueur de Napoléon à Waterloo.
L’Otan a remporté une victoire à l’arraché au Kosovo mais l’Alliance ne doit pas laisser le président Milosevic se défiler une fois de plus, conseille la presse britannique aux Occidentaux. Malgré le sentiment de triomphe résultant de l’acceptation par le président yougoslave du plan de paix élaboré par les pays européens et la Russie, satisfaisant dans l’ensemble les exigences de l’Otan, les éditorialistes appellent à la prudence. Le Times (conservateur) salue l’accord comme étant le «commencement de la fin (du conflit), mais prévient qu’il y a encore d’importants détails à résoudre tels que la structure du commandement et la composition de la force internationale de maintien de la paix au Kosovo». Milosevic n’a été contraint de s’incliner que par «l’intensité croissante de l’activité...