La presse russe s’interrogeait hier sur l’acceptation par la Yougoslavie du plan de paix des Occidentaux et des Russes sur le Kosovo évoquant souvent un «échec» de la diplomatie russe et même un nouvel «accord de Munich». L’accord de Munich, signé en 1938, est resté dans l’histoire comme un symbole de «capitulation». Il s’agissait alors de celle de la France et de la Grande-Bretagne face à l’Allemagne hitlérienne. «Il ne faut pas se réjouir trop vite étant donné les revirements passés du président yougoslave Slobodan Milosevic», a mis en garde le quotidien Izvestia en estimant qu’«on peut s’attendre à des surprises désagréables non seulement de Belgrade mais aussi de Moscou». Pour sa part Segodnia a souligné que «les détails du plan ne sont connus que des auteurs du plan», qui «n’en ont rien dit» publiquement. «Que Slobodan Milosevic soit d’accord peut s’expliquer par le fait que les conditions de sa capitulation ne sont pas claires», a également ajouté le quotidien. Évoquant les divergences entre les militaires et l’émissaire russe Viktor Tchernomyrdine, le journal Izvestia a relevé que «des forces influentes à Moscou s’opposent à tout rapprochement avec l’Occident en ce qui concerne le Kosovo». «Il existe en Russie, tout comme en Yougoslavie, un courant belliqueux qui rejette tout compromis» et «dans cette situation beaucoup dépend du Kremlin : soit Eltsine confirme en public que Tchernomyrdine agissait à Bonn et à Belgrade avec son accord, soit il soutient les généraux et les patriotes et reconnaît que son représentant a abusé de ses pouvoirs, a autorisé un nouvel accord de Munich et a contribué au triomphe de l’Otan», conclut le journal. Le quotidien des affaires Kommersant a noté que «l’Occident renforce son droit de contrôle issu du système de l’après-guerre non seulement en Yougoslavie, mais aussi sur l’ensemble de la région, dans ses aspects économiques comme dans ses aspects militaires et politiques». «Cela signifie une présence à long terme de l’Otan dans les Balkans». Enfin, pour Nezavissimaïa Gazeta, «Tchernomyrdine et (le président finlandais Martti) Ahtisaari ont apparemment persuadé Milosevic de capituler». «Sur le point 10 du plan de paix, le point le plus important», c’est «l’interprétation de l’Otan et non de celle de la Russie des principes du G8 (...) qui a été mise en avant depuis le début», note Nezavissimaïa Gazeta. À propos du retrait de tous les soldats du Kosovo, de la présence internationale avec participation substantielle de l’Otan, «la Russie abandonne les positions qu’elle avait maintenues depuis des semaines», poursuit le Nezavissimaïa Gazeta. «Dans tous les cas, la Russie depuis les événements de jeudi à Belgrade, a plus perdu que gagné» et «la Russie ne pouvait guère faire plus», estime le quotidien. «Maintenant, la Russie sera cantonnée au rôle formel d’important participant au processus dans les Balkans (...) En ce sens, la mission de Tchernomyrdine est un échec de la politique de maintien de l’influence russe, non seulement dans les Balkans, mais dans un sens général géopolitique», note encore Nezavissimaïa Gazeta.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La presse russe s’interrogeait hier sur l’acceptation par la Yougoslavie du plan de paix des Occidentaux et des Russes sur le Kosovo évoquant souvent un «échec» de la diplomatie russe et même un nouvel «accord de Munich». L’accord de Munich, signé en 1938, est resté dans l’histoire comme un symbole de «capitulation». Il s’agissait alors de celle de la France et de la Grande-Bretagne face à l’Allemagne hitlérienne. «Il ne faut pas se réjouir trop vite étant donné les revirements passés du président yougoslave Slobodan Milosevic», a mis en garde le quotidien Izvestia en estimant qu’«on peut s’attendre à des surprises désagréables non seulement de Belgrade mais aussi de Moscou». Pour sa part Segodnia a souligné que «les détails du plan ne sont connus que des auteurs du plan», qui «n’en ont...