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Actualités - Chronologie

L'euroscepticisme perd du terrain, mais des inquiétudes persistent (photo)

L’euroscepticisme a largement perdu du terrain au sein de l’Union européenne, souvent relégué à une extrême droite minoritaire, ce qui n’empêche pas certaines voix de réclamer «une autre Europe», plus sociale, ou de s’alarmer des scandales ayant entaché la Commission européenne. «Le problème n’est pas l’idée européenne en soi. C’est la confiance dans les institutions qui manque aujourd’hui», a résumé Olaf van Strien, de l’institut de sondage néerlandais Nipo, dans des propos concernant les Pays-Bas mais qui pourraient s’appliquer à plusieurs des 15 pays de l’UE. Chez la plupart, la démission collective de la Commission européenne, dont les travaux ont été entachés par des affaires de corruption, a alimenté la défiance, comme en Suède où les eurosceptiques ont reproché à l’UE son manque de transparence et vilipendé le «népotisme» de la Commission. En Grande-Bretagne, où les mentalités restent très insulaires, les conservateurs eurosceptiques ont lancé leur campagne pour les élections sur le thème de “la fraude et de la gabegie” dont serait coupable Bruxelles, accusé de «dilapider l’argent du contribuable». En France, les eurosceptiques sont aussi regroupés à droite au sein de la liste de l’ex-ministre gaulliste de l’Intérieur Charles Pasqua et du nationaliste Philippe de Villiers, créditée de 10 % des voix dans les derniers sondages. Pour autant, y compris chez les tories britanniques qui se sont déchirés sur ce thème, les voix europhiles se font de plus en plus entendre et l’euroscepticisme pur et dur a largement perdu du terrain. Dans de nombreux pays, il n’est plus défendu que par l’extrême droite minoritaire, comme par exemple en Allemagne, en Autriche ou en Belgique. En France, le Front national décline les thèmes habituels du rétablissement de l’État-nation et de la lutte contre la bureaucratie bruxelloise accusée de vouloir «la mort» des pays européens. Sans tomber dans ce rejet, certaines critiques sont basées sur le thème “l’Europe oui, mais autrement”, souligne l’Allemande Beate Kohler-Koch, professeur de sciences politiques à l’université de Mannheim. En Allemagne, c’est le cas de la branche bavaroise des Unions chrétiennes de l’ex-chancelier Helmut Kohl, l’Union chrétienne-sociale (CSU), qui a trouvé un écho certain dans une population anxieuse d’abandonner le mark. Mais le thème n’est plus d’actualité : les réticences de la CSU visent désormais plutôt la Commission, trop centralisatrice à son goût, et la contribution trop élevée de l’Allemagne aux caisses communautaires. En Autriche, les Verts reprochent aussi à l’UE son manque de stratégie en matière de politique sociale et de sécurité. En France, bien qu’eurosceptique, le Mouvement des citoyens (MDC) du ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement, composante de la majorité de gauche au pouvoir, s’est rallié à la liste pro-européenne du Parti socialiste. Les eurosceptiques français paraissent a priori peu nombreux, mais lors de consultations électorales sur l’Europe, des divisions entre pro-européens et eurosceptiques sont apparues au sein de quasiment tous les partis. Également concentré plutôt à l’extrême droite, l’euroscepticisme reste marginal en Italie, pays le plus pro-européen des Quinze avec 75% d’opinion favorable, et qui a fait beaucoup d’efforts pour rejoindre le premier groupe de nations participant à la zone euro. Les partis politiques de droite comme de gauche, dont les communistes qui étaient contre Maastricht mais pour l’euro, sont favorables à l’idée d’«États-Unis d’Europe». Même les séparatistes de la Ligue du Nord ne remettent pas en cause ce choix, défendant simplement une «Europe des Régions». En Espagne, pays très pro-européen, l’euroscepticisme se limite à la coalition pro-communiste Izquierda Unida, qui dénonce «l’Europe du capital». Mais les grandes formations défendent les mêmes thèses pro-européennes, comme d’ailleurs les partis nationalistes régionaux (basque, catalan, etc). Aux Pays-Bas, les grands partis de droite ou de gauche sont acquis aux traités de Maastricht et d’Amsterdam. Seule figure «eurosceptique», l’ex-président du Parti libéral (VVD, droite) Frits Bolkestein, est favorable à une Union limitée au marché unique et dénonce l’«arrogance» de Paris et Bonn.
L’euroscepticisme a largement perdu du terrain au sein de l’Union européenne, souvent relégué à une extrême droite minoritaire, ce qui n’empêche pas certaines voix de réclamer «une autre Europe», plus sociale, ou de s’alarmer des scandales ayant entaché la Commission européenne. «Le problème n’est pas l’idée européenne en soi. C’est la confiance dans les institutions qui manque aujourd’hui», a résumé Olaf van Strien, de l’institut de sondage néerlandais Nipo, dans des propos concernant les Pays-Bas mais qui pourraient s’appliquer à plusieurs des 15 pays de l’UE. Chez la plupart, la démission collective de la Commission européenne, dont les travaux ont été entachés par des affaires de corruption, a alimenté la défiance, comme en Suède où les eurosceptiques ont reproché à l’UE son...