Fatigués ou pas, les champions du monde français n’ont plus le droit à l’erreur s’ils veulent se qualifier pour l’Euro 2000 de football et ont impérativement besoin d’une victoire mercredi face à Andorre pour continuer à espérer. Battus 3-2 par la Russie samedi au Stade de France, les Tricolores se doivent désormais de remporter leurs quatre derniers matches des éliminatoires pour assurer leur qualification. Troisièmes du groupe 4, à trois longueurs des leaders ukrainiens, les Français se retrouvent pour la première fois face à une situation qui leur échappe. Dépassés physiquement, désorganisés en défense face à des Russes obstinés et opportunistes, les champions du monde ont livré samedi leur plus mauvais match depuis six ans et la défaite (2-1) contre la Bulgarie en novembre 1993 au Parc des Princes. «Nous avons été malmenés par les Russes et cela nous n’en avions plus l’habitude», a reconnu le capitaine Didier Deschamps. «Nous n’avons pas joué en bloc-équipe comme d’habitude. Nous nous sommes trop dispersés et notre dispositif était trop élastique». Contre les amateurs andorrans, toujours à la recherche d’une première victoire dans ces éliminatoires, la France part largement favorite. Mais l’absence de Zinedine Zidane et le forfait de Youri Djorkaeff, victime d’un malaise samedi et qui a décidé de rentrer chez lui, laisse les champions du monde dans une position délicate. Djorkaeff devrait être remplacé par le Lyonnais Vikash Dhorasoo tandis que des aménagements pourraient être apportés dans le système défensif qui a failli face aux Russes. « Rien n’est perdu » Le Parmesan Alain Boghossian pourrait être aligné d’entrée en position de récupérateur aux côtés d’Emmanuel Petit et de Didier Deschamps. «Il nous reste quatre matches dans ce groupe, il faut tous les gagner, nous n’avons pas le choix», a souligné Deschamps. L’ambiance était morose à Clairefontaine, pesante même après les déclarations de Petit sur le dopage. «Quand je vois les problèmes de dopage dans le cyclisme, je me dis qu’il peut y en avoir dans le football», a commenté le joueur d’Arsenal critiquant la surcharge des calendriers. «A ce rythme, tous les sportifs, ou en tout cas une majorité se doperont d’ici cinq ans». «Je comprends Manu et je m’associe pleinement à sa réaction», a déclaré de son côté le médecin des Bleus, Jean-Marcel Ferret. «Il est grand temps de légiférer au niveau européen et d’harmoniser les calendriers, de fixer un nombre maximal de matches pour les joueurs professionnels». Malgré leur situation inconfortable, les Français veulent rapidement effacer la déconvenue subie au Stade de France. «Il faut avoir l’humilité de se dire que dans les prochains matches nous allons rencontrer Andorre, l’Arménie et l’Islande et que nous sommes bien meilleurs que ces équipes-là», a lancé l’attaquant Christophe Dugarry. «Il va falloir le prouver». «Nous sommes loin d’être éliminés, cela ne m’a jamais traversé l’esprit», a-t-il poursuivi. «Et même s’il nous faut passer par les barrages j’y crois encore». La défaite de samedi va également contraindre le sélectionneur Roger Lemerre à exprimer plus ouvertement son autorité sur ses troupes. «Jusqu’ici j’accompagnais les joueurs. Il va falloir maintenant que j’intervienne davantage et que je trouve les ingrédients pour les faire rebondir», a-t-il dit. «Je crois que tout le monde a pris conscience de ce qu’il se passe et pour l’instant rien n’est perdu». Le choc pour rude qu’il fut pourrait s’avérer salutaire : les champions du monde ont appris qu’ils n’étaient pas invulnérables et la défaite contre les Russes a bien marqué la fin de l’après-Mondial. Fabien Barthez; Lilian Thuram, Marcel Desailly, Frank Leboeuf, Vincent Candela; Alain Boghossian, Didier Deschamps, Emmanuel Petit, Vikash Dhorasoo; Sylvain Wiltord, Nicolas Anelka. Bulgarie-Angleterre : Keegan mise tout sur l’attaque Le sélectionneur anglais Kevin Keegan, confronté à une série de forfaits et obligé de trouver une solution pour que l’Angleterre puisse marquer les trois points de la victoire, mercredi soir à Sofia contre la Bulgarie, a décidé de tout miser sur l’attaque. Il alignera donc Teddy Sheringham, 33 ans, le remplaçant miracle de Manchester, et Robbie Fowler, 23 ans, l’enfant terrible de Liverpool, aux côtés du capitaine et buteur de Newcastle, Alan Shearer, pour sa 51e sélection, alors que Andy Cole sera sur le banc des remplaçants. Trois jours après une piteuse sortie à domicile contre la Suède, marquée par le carton rouge de Paul Scholes, premier international anglais à être expulsé de la pelouse de Wembley, et la blessure de David Beckham, Keegan a profondément remanié son équipe pour ce match de la dernière chance. En défense, Martin Keown et Graeme Le Saux sont blessés et Keegan a choisi d’aligner trois défenseurs centraux, Sol Campbell (Tottenham), Gareth Southgate (Aston Villa) et le jeune Jonathon Woodgate (Leeds), flanqués de Phil Neville (Manchester) et Michael Gray (Sunderland), l’un des rares à avoir surnagé samedi, pour sa première sélection. Du coup, Jamie Redknapp sera chargé d’animer un milieu du terrain réduit à deux éléments seulement. Tim Sherwood, un peu dépassé samedi, ne sera pas titulaire, mais le solide David Batty conserve sa place. Ces choix très audacieux seront très applaudis si l’Angleterre réussit son pari. Dans le cas contraire, Keegan devra s’attendre au pire. L’équipe d’Angleterre : Seaman - P. Neville, Southgate, Campbell, Woodgate, Gray - Batty, Redknapp - Sheringham, Shearer (cap), Fowler.
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