Michael Hart pense que le moment est venu de diversifier le contenu des ouvrages: «Je voudrais que le projet contienne toutes les théories politiques, même les plus controversées, et tous les grands textes religieux. Il y aura aussi des livres érotiques. J’en ai reçu plusieurs. J’ai décidé de créer un “Projet Gutenberg deux”, réservé aux adultes... Mais, à court terme, je voudrais surtout que les bénévoles m’envoient des histoires de rebelles, comme “Robin des Bois”. Ces héros devront nous inspirer, car il va falloir se battre de plus en plus». En effet, à mesure que le projet prend de l’ampleur, Michael Hart doit mener un combat harassant. Depuis des années, il est taraudé par une frustration terrible. À cause des lois sur le copyright, l’essentiel de la littérature du XXe siècle lui échappe : «J’enrage de ne pas pouvoir offrir au monde “Autant en emporte le vent”, Hemingway, Burroughs, tous les grands écrivains de ce siècle. C’est profondément injuste». Or la situation ne fait qu’empirer : «Le copyright est utile, mais il ne devrait pas durer plus de quatorze ans, comme c’était le cas aux États-Unis au début du siècle. Or, tous les vingt ans, les grands éditeurs et les multinationales du show-business font pression sur le Congrès pour rallonger sa durée. Cette année, le Sénat a voté une loi pour le faire passer de soixante-quinze à quatre-vingt-quinze ans. Des millions de livres qui auraient dû tomber dans le domaine public vont rester hors d’atteinte. Les hommes d’affaires veulent détruire le concept même de domaine public, pour s’enrichir indéfiniment avec les mêmes œuvres». Michael a donc commencé une nouvelle croisade, à base de pétitions et de campagnes téléphoniques, pour convaincre les législateurs qu’il fallait renverser cette tendance. Les problèmes de copyright contribuent aussi à ralentir le développement du projet. «Nous sommes sans cesse assaillis de contestations et de menaces à propos de la date de l’édition que nous avons utilisée pour récupérer le texte, ou des droits attachés à une note en bas de page. Tous les prétextes sont bons. Nous sommes donc devenus malgré nous des experts en matière de propriété intellectuelle. Pour prouver que chacun de nos livres est bien dans le domaine public, nous devons faire des recherches longues et fastidieuses». Heureusement, Michael Hart a su séduire un autre groupe de bénévoles : une demi-douzaine de juristes gagnés à sa cause qui interviennent dès qu’un problème se fait pressant.
Michael Hart pense que le moment est venu de diversifier le contenu des ouvrages: «Je voudrais que le projet contienne toutes les théories politiques, même les plus controversées, et tous les grands textes religieux. Il y aura aussi des livres érotiques. J’en ai reçu plusieurs. J’ai décidé de créer un “Projet Gutenberg deux”, réservé aux adultes... Mais, à court terme, je voudrais surtout que les bénévoles m’envoient des histoires de rebelles, comme “Robin des Bois”. Ces héros devront nous inspirer, car il va falloir se battre de plus en plus». En effet, à mesure que le projet prend de l’ampleur, Michael Hart doit mener un combat harassant. Depuis des années, il est taraudé par une frustration terrible. À cause des lois sur le copyright, l’essentiel de la littérature du XXe siècle lui échappe :...
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