L’Italien Mario Cipollini a tenu la vedette une nouvelle fois sur le Giro, lundi, en Toscane, à la veille de l’hommage qui sera rendu à Marco Pantani dans sa ville de Cesenatico. Un sprint victorieux, le 27e de Cipo dans le Giro, a conclu la dixième étape entre Ancône et Sansepolcro, la cité du grand peintre du Quattrocento Piero della Francesca. La hiérarchie est restée figée et Laurent Jalabert, en tête pour deux centièmes de seconde après le contre-la-montre de la veille (un écart de 21 centimètres !), a eu l’assurance d’arriver dans la ville de Pantani habillé en rose. Cipollini, en bon père de famille, a surtout apprécié d’avoir gagné devant sa petite fille Lucrezia, âgée de deux ans. Sa victoire, la deuxième depuis le départ après celle de Catane, dès le deuxième jour de course, a pourtant été compromise par l’arrêt de quatre de ses coéquipiers pour dépanner l’Italien Dario Frigo, le mieux classé de son équipe, victime d’une crevaison à 4 kilomètres de l’arrivée. Malgré ce contre-temps, Super-Mario a été lancé dans les conditions favorables pour un sprint à ses mesures, au bout d’une ligne droite de 750 mètres. Il a devancé nettement le jeune Italien Ivan Quaranta, qui avait créé la surprise dans le premier sprint massif du Giro pour l’étape d’ouverture. Dans cette comédie humaine toujours renouvelée qu’est le Giro, la journée a commencé par un épisode au scénario prévisible. Les médecins du Comité olympique italien (Coni) sont venus en effet procéder à des contrôles sang-urine dans le cadre d’un programme de santé qui concerne seulement les licenciés du pays. Mapei isolée Devant le refus des coureurs de trois équipes (Lampre, Polti, Saeco), les contrôleurs se sont repliés en désespoir de cause sur la seule équipe (Mapei) qui avait annoncé être d’accord avec l’opération. Les coureurs de l’autre formation (Riso Scotti) invités à jouer les suppléants ont refusé de leur côté, conformément à la position de l’association des coureurs. Mapei, qui explique sa position à longueur de colonnes depuis plusieurs jours dans la presse italienne, s’est retrouvée de facto isolée au sein du peloton du Giro. La tension a monté entre les coureurs et le champion d’Italie Andrea Tafi, leader de Mapei, n’a pas convaincu Marco Pantani lorsqu’il a cherché à recoller les morceaux. En réalité, l’épisode illustre le bras de fer quasi politique qui oppose désormais le Coni et la Fédération italienne à l’Union cycliste internationale (UCI). Le président de la Fédération italienne, Giancarlo Ceruti, s’est déjà opposé à plusieurs reprises au président de l’UCI, le Néerlandais Hein Verbruggen, au sujet de la lutte antidopage. Il reste que le Giro, course internationale, dépend des règlements généraux de l’UCI, tout comme le Tour de France et la Vuelta. Par coïncidence, le seul coureur encore en course, dont le contrôle a donné un résultat jugé anormal, s’est montré dans le final de l’étape de Sansepolcro. L’Italien Filippo Casagrande, que sa fédération menace de sanction s’il ne respecte pas l’engagement souscrit (la campagne du Coni prévoit que le médecin de l’équipe arrête le coureur et que ce dernier obtempère), a été repris seulement à 4 kilomètres de l’arrivée. Pour un peu, la polémique aurait rebondi de plus belle ! Déclarations Mario Cipollini (Ita/Saeco), 1er de l’étape : «Je suis surtout content de gagner devant ma petite fille, Lucrezia, qui était présente. J’espère qu’elle s’en souviendra plus tard ! Quand j’ai vu seulement Fagnini et Scirea à mes côtés pour le sprint, j’ai compris qu’il s’était passé quelque chose. Mais je n’étais pas au courant de la crevaison de Frigo. L’équipe de Pantani a assuré le train dans les derniers kilomètres pour le protéger. Cela nous a arrangés. Je n’ai jamais douté malgré les deux victoires de Blijlevens. Mais j’ai besoin de sprint rapide et les autres arrivées ne me convenaient pas, en dehors de celle de Foggia où il y avait trop de confusion. Blijlevens a déclaré qu’il était meilleur sprinteur que moi. J’aimerais bien courir sur 400 mètres, en parallèle avec lui, pour voir qui serait le premier. Pour la prochaine étape, j’aimerais bien gagner. Nous arrivons chez Pantani et ce serait une satisfaction particulière de l’emporter chez lui». Laurent Jalabert (Fra/Once), 1er du classement général : «C’était une étape tranquille avec le soleil. Je n’ai pas eu à me battre avec Pantani pour les bonifications. Cela tombe bien parce que je me sentais un peu fatigué après les efforts de ces derniers jours. Être numéro un mondial ? Il y a peut-être une possibilité avec les points que je gagne sur le Giro, je ne le sais pas précisément. Pour moi, le plus important est de continuer à faire partie de l’élite». Classement de la 10e étape Voici le classement de la dixième étape du Giro, courue lundi entre Ancône et Sansepolcro : 1. Mario Cipollini (Ita/Saeco) les 189 km en 4h28’24’’ (moyenne : 42,250 km/h) 2. Ivan Quaranta (Ita) 3. Massimo Strazzer (Ita) 4. Francesco Arazzi (Ita) 5. Endrio Leoni (Ita) 6. Serguei Smetanine (Rus) 7. Gabriele Balducci (Ita) 8. Jeroen Blijlevens (P-B) tous même temps. Classement général provisoire : 1. Laurent Jalabert (Fra) Once 43heures 53’12’’ 2. Marco Pantani (Ita) Mercatone Uno à 0,02’’ 3. Dario Frigo (Ita) Saeco 58’’ 4. Sergueï Gontchar (Ukr) Vini Caldirola 1’09’’ 5. Ivan Gotti (Ita) Polti 1’13’’ 6. Daniel Clavero (Esp) Vitalicio Seguros 1’18’’ 7. Oscar Camenzind (Sui) Lampre 1’24’’ 8. Alex Zülle (Sui) Banesto 2’04’’. Tour de Bavière : victoire finale d’Aldag L’Allemand Rolf Aldag (Telekom) a remporté lundi le 20e Tour international de Bavière cycliste à l’issue de la 5e et dernière étape (Dachau-Oberstdorf, 180 km), gagnée par l’Australien Scott McGrory au terme d’une échappée de 175 km. Le leader des Telekom, Jan Ullrich, seul Allemand à avoir remporté le Tour de France, en 1997, a terminé 14e du classement général d’une épreuve qui lui a servi de mise en forme pour la Grande Boucle. Rolf Aldag, 30 ans, l’un des meilleurs équipiers d’Ullrich, a fini lundi 7e de l’étape, avec le peloton, à 1 minute et 50 secondes de McGrory et de ses deux compagnons d’échappée, le Suédois Martin Rittsel (2e) et l’Allemand Stephan Gottschling (3e). Il avait conquis le maillot de leader samedi lors de la 2e partie de la 3e étape, un contre-la-montre individuel de 14,6 km, qu’il avait terminé en 2e position. Alors que le contre-la-montre est sa grande spécialité et qu’il devait lui servir de test quant à sa forme du moment, Ullrich avait terminé seulement 5e, à 32 secondes et 80 centièmes du vainqueur, le Suédois Rittsel. Dans une interview publiée samedi par le quotidien allemand Frankfurter Rundschau, le deuxième du Tour de France 1998 derrière l’Italien Marco Pantani avait évoqué sa condition physique : «Il me manque encore peut-être 10 à 15 % pour être au top». Quant au sprinteur des Telekom, l’Allemand Erik Zabel, il a démontré qu’il était prêt pour le Tour de France, s’adjugeant dans des sprints massifs deux des cinq étapes. Classement de la 5e étape : 1. Scott McGrory (Aus), les 180 km en 4h03’20’’ 2. Martin Rittsel (Suè) m.t. 3. Stephan Gottschling (All) m.t. 4. Christian Wegmann (All) à 1’50’’ 5. Juergen Werner (All) m.t. 6. Miguel Meza (Mex) m.t. Classement général : 1. Rolf Aldag (All) 20h23’37’’ 2. Sven Gaute Hoelestoel (Nor) à 20’’ 3. Torsten Schmidt (All) à 26’’ 4. Thomas Liese (All) à 1’00’’ 5. Christian Henn (All) à 1’05’’.
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