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Actualités - Chronologie

L'alliance aussi peut être passible du TPI, affirme l'ONU

Le plus haut responsable des droits de l’homme de l’Onu a averti vendredi que l’Otan aussi serait passible du tribunal international pénal sur l’ex-Yougoslavie si ses bombardements meurtriers de civils étaient jugés des crimes de guerre. Le Haut-commissaire aux droits de l’homme, Mme Mary Robinson, a souligné qu’elle ne plaçait pas sur un même pied l’épuration ethnique délibérée commise par les forces serbes au Kosovo et les morts de civils dans des raids d’avions occidentaux. Mais elle a averti l’Alliance atlantique, qui venait de mener ses plus violents pilonnages de la RFY depuis leur début il y a cinq semaines, qu’elle ne se situait pas au-dessus du droit international. «Je ne tire pas un trait d’égalité entre les violations des droits de l’homme des Albanais du Kosovo, les actes effroyables et délibérés de violence perpétrés contre eux, les tueries, disparitions, viols de femmes, destruction des identités et biens etc...», a-t-elle dit à la presse. Mais, a ajouté le Haut-commissaire, «j’ai néanmoins le sentiment qu’il est nécessaire d’attirer l’attention sur la mort de civils comme conséquence des bombardements et de souligner l’importance du principe de proportionnalité». Dans une déclaration à la commission des droits de l’homme qui achevait sa session annuelle, Mme Robinson avait auparavant souligné que le tribunal pénal international de La Haye sur l’ex-Yougoslavie avait juridiction pour les crimes de guerre commis en RFY, y compris au Kosovo. «Les actions individuelles de personnes appartenant aux forces serbes, à l’Armée de libération du Kosovo ou à l’Otan peuvent en conséquence être examinées, s’il apparaît que de graves violations du droit humanitaire international ont été commises», a-t-elle dit. «De nombreux civils ont sans conteste été tués, des installations civiles visées» par l’Otan, a-t-elle dit. Elle a cité les chiffres des autorités yougoslaves, mentionnant 500 morts et 4 000 blessés. Interrogée par les journalistes sur d’éventuelles inculpations de membres, du personnel ou dirigeants, de l’Otan, elle a répondu que cette tache était la responsabilité du procureur spécial du TPI Louise Arbour. Elle a souhaité que ses déclarations aient au moins un effet modérateur sur l’Otan. Concernant les atrocités imputées aux Serbes, elle a en revanche été très claire : «Ceux qui sont responsables de l’épuration ethnique délibérée qui se déroule au Kosovo doivent être traduits en justice», a-t-elle dit. Mme Robinson débute dimanche une visite d’une dizaine de jours dans les Balkans au cours de laquelle elle souhaite rencontrer le président yougoslave Slobodan Milosevic et se rendre si possible au Kosovo. «Cela ne sera pas une rencontre aisée avec le président Milosevic, pour des raisons évidentes. Je crois qu’il est important, en cette dernière année du siècle, dans ce contexte de violations grossières, évidentes et délibérées des droits de l’homme de citoyens vulnérables et apeurés, que l’on rende des comptes, qu’il n’y ait pas d’impunité», a-t-elle dit. «Il est difficile de ne pas conclure qu’un schéma d’épuration ethnique est mis en œuvre de sang-froid», a estimé la responsable. Mme Robinson a enfin appelé à une solution politique rapide du conflit, seule capable de mettre fin aux souffrances des deux côtés. «À moins d’un succès diplomatique, le Kosovo sera entièrement nettoyé des Albanais de souche tandis que les Serbes seront, selon le schéma actuel, bombardés sans fin», a-t-elle déclaré.
Le plus haut responsable des droits de l’homme de l’Onu a averti vendredi que l’Otan aussi serait passible du tribunal international pénal sur l’ex-Yougoslavie si ses bombardements meurtriers de civils étaient jugés des crimes de guerre. Le Haut-commissaire aux droits de l’homme, Mme Mary Robinson, a souligné qu’elle ne plaçait pas sur un même pied l’épuration ethnique délibérée commise par les forces serbes au Kosovo et les morts de civils dans des raids d’avions occidentaux. Mais elle a averti l’Alliance atlantique, qui venait de mener ses plus violents pilonnages de la RFY depuis leur début il y a cinq semaines, qu’elle ne se situait pas au-dessus du droit international. «Je ne tire pas un trait d’égalité entre les violations des droits de l’homme des Albanais du Kosovo, les actes effroyables et...