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Actualités - Chronologie

Nervosité grandissante des autorités face à la montée des mécontentements

La Chine, qui a enregistré une succession d’attentats et de manifestations ces dernières semaines, se trouve confrontée à une montée des mécontentements dont l’ampleur exacte reste difficile à évaluer. «Tout le monde est d’accord sur le fait qu’il existe une montée des mécontentements», explique un diplomate européen en poste a Pékin, tout en estimant qu’il s’agit pour l’instant encore principalement «d’actes isolés» que les autorités gèrent de «manière ponctuelle». Le diplomate était interrogé après l’explosion d’une bombe artisanale sur un marché de Yizhang, dans la province centrale du Hunan, qui a fait lundi 9 morts et 66 blessés, selon le dernier bilan obtenu vendredi auprès des autorités locales. Cette explosion fait suite à une longue série d’incidents violents à travers la Chine dont au moins six ont été enregistrés depuis début janvier, parmi lesquels plusieurs attentats meurtriers ainsi que des affrontements sanglants entre policiers et villageois protestant contre la corruption et les impôts trop élevés. «Les autorités pratiquent la politique de l’autruche (...) C’est comme une boule de neige qui devient de plus en plus grosse, les gens sont désespérés et réagissent avec des actions violentes», commente pour sa part le dissident chinois en exil Liu Qing, de l’organisation Human Rights in China. Mais si peu d’analystes prédisent un embrasement généralisé à court terme, la plupart reconnaissent une nervosité grandissante des autorités chinoises face à la multiplication des incidents ces dernières semaines, alors que la Chine se prépare à célébrer le 50e anniversaire de la fondation du régime communiste le 1er octobre prochain. La Chine s’apprête également à marquer en juin prochain le 10e anniversaire de la répression sanglante de la place Tiananmen, qui donne d’ores et déjà des sueurs froides aux autorités de Pékin. Répondant au mot d’ordre du président Jiang Zemin leur demandant de «tuer dans l’œuf» toute «tentative de déstabilisation politique ou sociale», les tribunaux chinois ont condamné les principaux chefs de file de la dissidence à de lourdes peines de prison en décembre. Actes de désespoir La répression s’est également abattue sur des activistes impliqués dans la défense des ouvriers licenciés, sur des artistes, et même sur un internaute, accusé d’avoir transmis des adresses électroniques chinoises à une organisation des droits de l’homme basée à l’étranger. «Mais si le régime a les moyens de répression nécessaires pour éviter une organisation structurée des divers mécontentements, il n’a aucun moyen de prévenir des actes de désespoir isolés», commente un analyste occidental. Des incidents ont été signalés un peu partout en Chine, allant d’une explosion d’un bus qui a fait 19 morts le 4 janvier dernier dans la province du Liaonong (Nord-Est), officiellement attribuée à «un malfaiteur qui comptait s’emparer des biens des passagers après la déflagration», à l’explosion d’une poubelle piégée qui a fait quatre blessés à un arrêt de bus à Zhuhai (Sud) le 13 janvier dernier. Mais c’est au Hunan, la province natale de Mao Tsétoung, que les incidents les plus nombreux ont été enregistrés jusqu’à présent. «La situation a été plutôt chaotique ces dernières semaines à Yizhang et l’auteur ou les auteurs de l’attentat étaient probablement mécontents de cela», a reconnu vendredi le directeur de l’hopital du peuple de Yizhang. «Les Hunanais ont le sang chaud, ils réagissent plus vite que les gens du Nord», explique de son côté Frank Lu, le porte parole du centre d’information pour les droits de l’homme et le mouvement démocratique en Chine. La corruption et les nombreuses taxes qui étouffent les paysans sont à l’origine de soulèvements spontanés dans les campagnes, tandis que les villes, notamment celle du centre de la Chine, connaissent depuis quelques mois une recrudescence de petites manifestations d’ouvriers licenciés, de retraités, d’investisseurs floués réclamant justice. «Les autorités lâchent en général du lest, elles débloquent quelques fonds, distribuent de l’argent pour calmer les manifestants et n’envoient la police armée qu’en dernier recours», note le diplomate.
La Chine, qui a enregistré une succession d’attentats et de manifestations ces dernières semaines, se trouve confrontée à une montée des mécontentements dont l’ampleur exacte reste difficile à évaluer. «Tout le monde est d’accord sur le fait qu’il existe une montée des mécontentements», explique un diplomate européen en poste a Pékin, tout en estimant qu’il s’agit pour l’instant encore principalement «d’actes isolés» que les autorités gèrent de «manière ponctuelle». Le diplomate était interrogé après l’explosion d’une bombe artisanale sur un marché de Yizhang, dans la province centrale du Hunan, qui a fait lundi 9 morts et 66 blessés, selon le dernier bilan obtenu vendredi auprès des autorités locales. Cette explosion fait suite à une longue série d’incidents violents à travers la...