Un paquebot russe vétuste a rejeté récemment en baie de Terra Nova (Antarctique) des polluants liquides menaçant un important programme de recherches sur le poisson antarctique, a annoncé mardi un scientifique français. Jean-Claude Hureau, du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, a expliqué à des ministres et secrétaires d’État en visite sur place que le Kaptain Kebrukov était resté un jour dans la baie, au bord de laquelle est installée une base scientifique italienne. Immédiatement après son départ, les chercheurs sont arrivés sur les lieux et se sont rendus compte que la surface des eaux était recouverte notamment d’un film de pétrole. «Nous avons découvert qu’une grande partie de la mer était couverte de saleté», a ajouté M. Hureau. «Ce paquebot n’était pas propre, en tout cas la mer l’était, elle, la semaine dernière». C’est tout le programme de coopération internationale pour le poisson d’Antarctique (Icefish), mené par la France, l’Italie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis, qui est ainsi menacé par le tourisme. Le traité de 1959 Plusieurs ministres, qui assistent de lundi à jeudi à la toute première réunion interministérielle jamais organisée dans l’Antarctique, sont venus par avion de la base de Mac Murdo Sud jusqu’à la Baie de Terra Nova pour visiter cette base scientifique italienne, une des bases polaires les plus récentes et les mieux équipées du continent blanc. Cette réunion à l’ordre du jour informel porte sur la protection du continent glacé, surnommée MOI («Ministerial-On-Ice», réunion ministérielle sur glace). Dans un mot de bienvenue à l’adresse des ministres, le vice-ministre italien Antonio Cuffaro a déclaré que son pays était préoccupé par les violations du traité de l’Antarctique de 1959. «Nous voulons parler de la pêche», a-t-il ajouté, faisant allusion à l’exploitation sauvage de la légine. «Notre position est claire: nous sommes opposés à toute violation du traité et tout pays s’élevant contre ces violations bénéficiera de notre soutien». La légine, braconnée en raison de sa valeur marchande, est un poisson à chair grasse de très bon goût, qui ne vit que dans les mers froides de l’Océan austral (Antarctique). Le cours de la légine peut se négocier de 35 à 40 francs (6,10 euros) le kilo. Ce poisson (dissostichus eleginuides) très laid, avec sa tête ressemblant à celle de la murène, peut atteindre plus de deux mètres pour un poids de 80 kg. Il vit 50 ans au maximum et son cycle de reproduction est relativement long. L’Italie souhaite que le traité, qui fait de l’Antarctique un continent ouvert à la coopération internationale et indépendant de tout pays, soit reconduit.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un paquebot russe vétuste a rejeté récemment en baie de Terra Nova (Antarctique) des polluants liquides menaçant un important programme de recherches sur le poisson antarctique, a annoncé mardi un scientifique français. Jean-Claude Hureau, du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, a expliqué à des ministres et secrétaires d’État en visite sur place que le Kaptain Kebrukov était resté un jour dans la baie, au bord de laquelle est installée une base scientifique italienne. Immédiatement après son départ, les chercheurs sont arrivés sur les lieux et se sont rendus compte que la surface des eaux était recouverte notamment d’un film de pétrole. «Nous avons découvert qu’une grande partie de la mer était couverte de saleté», a ajouté M. Hureau. «Ce paquebot n’était pas propre, en tout cas la mer...