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Actualités - Interviews

Kurdes J'ai quitté la Syrie pour éviter une guerre régionale, affirme Ocalan

Le leader indépendantiste kurde de Turquie Abdullah Öcalan a affirmé qu’Ankara aurait déclenché une guerre au Proche-Orient contre Damas d’abord puis contre Bagdad, s’il était resté en Syrie. «Si j’étais resté en Syrie, une guerre régionale aurait éclaté et mis ce pays en danger», a-t-il déclaré, dans une interview accordée avant son départ d’Italie le 16 janvier à l’hebdomadaire séoudien al Wassat. «La Turquie avait décidé de mener une opération terrible, qui aurait commencé en Syrie et se serait terminée en Irak, afin d’imposer sa domination sur toute la région», a-t-il ajouté. «Je suis parti de mon plein gré, à la demande de mes amis grecs, mais je n’ai pas pu entrer en Grèce (...) alors je me suis rendu en Russie à l’invitation de la commission des relations étrangères de la Douma», a-t-il indiqué. Il a toutefois reconnu avoir échappé en Syrie à un attentat. «Lors de la crise syro-turque, les Turcs ont tenté (de m’assassiner) à l’aide de missiles, tout comme l’ont fait les Américains en Irak», a-t-il dit sans autre précision. Abdullah Öcalan a indiqué que son départ de Russie avait eu lieu à la demande du Premier ministre russe Evgueni Primakov «après que la Turquie eut fait des concessions et promis certaines choses concernant les Tchétchènes et les musulmans de Russie, outre les pressions exercées par les États-Unis». Le leader kurde a par ailleurs prédit «l’anarchie» si une solution politique du problème kurde n’était pas trouvée, avec ou sans lui, dans un proche avenir. «Je peux laisser les combattants du parti libres de leurs actions et à ce moment, nous assisterons à un développement à la manière palestinienne, c’est-à-dire qu’il y aura des explosions barbares. Nous avons jusqu’à présent interdit cela à nos combattants qui voulaient se sacrifier», a-t-il ajouté, en allusion aux opérations des commandos-suicide contre les forces d’occupation israéliennes. Il a estimé que l’Europe devait entamer un dialogue avec la Turquie afin de parvenir à une solution du problème kurde et de la convaincre qu’il ne s’agit pas de «terrorisme». «L’Europe est responsable du Traité de Lausanne ( signé en 1923), qui a éliminé de la carte (turque) les peuples grec, arménien, assyrien et kurde, et il est de notre droit de lui réclamer une révision de ce traité», a-t-il dit. Öcalan a estimé que les Américains devaient lui accorder «un État fédéral ou une autonomie» à l’instar de leur politique à l’égard des Kurdes d’Irak. Le leader kurde a fait état de contacts indirects avec des généraux turcs, avec des échanges «sans signature, mais il est clair que les propositions venaient de l’état-major». «C’est peut-être une tactique, un complot, ou encore une tentative sincère (de recherche d’une solution), mais rien n’a abouti», a-t-il ajouté, en évoquant la possiblité de l’existence de «contradictions» au sein de l’armée. Le chef du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a par ailleurs reconnu la nécessité de développer les structures de son parti, dont les problèmes sont, selon lui, essentiellement dus «à la personnalité kurde, individualiste et inapte au travail social». Il a ainsi critiqué deux chefs militaires de son parti: Jamil Bayik, pour avoir notamment «exécuté sommairement des responsables ayant commis des crimes de guerre», et Chemdyn Saqiq, qui, «selon les services de renseignements français, relevait régulièrement des sommes d’argent», a-t-il indiqué sans divulguer la nationalité des donateurs.
Le leader indépendantiste kurde de Turquie Abdullah Öcalan a affirmé qu’Ankara aurait déclenché une guerre au Proche-Orient contre Damas d’abord puis contre Bagdad, s’il était resté en Syrie. «Si j’étais resté en Syrie, une guerre régionale aurait éclaté et mis ce pays en danger», a-t-il déclaré, dans une interview accordée avant son départ d’Italie le 16 janvier à l’hebdomadaire séoudien al Wassat. «La Turquie avait décidé de mener une opération terrible, qui aurait commencé en Syrie et se serait terminée en Irak, afin d’imposer sa domination sur toute la région», a-t-il ajouté. «Je suis parti de mon plein gré, à la demande de mes amis grecs, mais je n’ai pas pu entrer en Grèce (...) alors je me suis rendu en Russie à l’invitation de la commission des relations étrangères de la...