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Actualités - Chronologie

Mon dieu, pourquoi tu nous punis ?

La ville colombienne d’Armenia, au cœur de la région du café, n’était plus qu’un champ de ruines alors que les sauveteurs prenaient une nouvelle mesure, à la levée du jour mardi, de l’ampleur des destructions du séisme. «C’est pire que tout ce qu’on pouvait imaginer et, rien qu’ici, il y a 300 morts et des centaines de personnes encore coincées sous les décombres et Dieu seul sait dans quel état on va les trouver», a déclaré le capitaine des pompiers Ciro Guiza. «Si ça continue, on dépassera les mille morts dans la région», a-t-il estimé. Les rescapés, souvent des familles entières, n’ont pas eu de mal à trouver du bois: les charpentes à profusion des quelque 500 maisons et immeubles effondrés sous les coups du séisme qui, en une minute, ont détruit tout le centre de cette ville de 300 000 âmes, la plus durement frappée de la région. «S’il y a un enfer, et bien j’y suis. Mon petit Dieu, pourquoi tu nous as punis comme ça?», a déclaré, la voix nouée par la peur, un habitant du quartier, Alfonso Ramirez. «On regardait vers une heure et quart le feuilleton père et fils à la télé, quand tout à coup le monde autour de nous a commencé à tourner. Et ça faisait un fracas, un grand fracas», a ajouté Alfonso qui, avec sa femme, est parvenu à sortir indemne de sa maison. Des centaines de ses voisins dorment aussi dans les rues: ils n’ont plus de toit ou alors ont peur que tout recommence: 14 répliques du séisme ont déjà été ressenties semant à nouveau la panique dans la population. L’une d’elle a même atteint cinq sur l’échelle de Richter alors que le «grand» était de six. Le général Rosso Jose Serrano, chef de la police nationale, venu de la capitale, a affirmé avoir vu des personnes vivantes bouger et gémir dans les décombres, y compris plusieurs de ses hommes dans une caserne de policiers complètement détruite. Près de la moitié de tout le centre historique de cette ville de 300 000 habitants est à terre et il n’y a pas un seul quartier qui n’ait été affecté d’une manière ou d’une autre. Une pluie fine venait ajouter au désarroi des survivants, qui avaient passé la nuit dans la rue ou dans les parcs, ainsi que celui des secouristes qui, avec leurs mains nues, avec leurs ongles même, arrachent pierre par pierre des décombres. «Si ça se transforme en averses, fréquentes en ces temps en raison du phénomène de la Nina, ça sera grave et ça compromettra la survie des gens coincés», a affirmé un autre sauveteur. Près du centre, un habitant se tient hébété au milieu de la rue, les bras croisés: «J’ai perdu mon café, ma boulangerie et ma maison. Mais mes enfants ont survécu et ma domestique aussi», a-t-il soupiré. L’hôtel Armenia Plaza de 7 étages n’est plus qu’un amas de ruines de deux mètres de haut. Dans ses décombres, les cadavres de deux footballeurs qui venaient d’être mutés dans l’équipe d’Armenia. L’électricité était toujours coupée, les téléphones aussi et la ville résonne des bruits d’enfer des générateurs privés et des bulldozers des chantiers de la région. Les services hospitaliers sont débordés et des centaines de blessés ont été évacués, en ambulance, en taxi et même à moto quand leur état le permettait, vers les centres de soins des villes voisines légèrement moins affectées. L’hôpital central d’Armenia, dont la façade était en réparation, est à moitié détruit. Dans les localités voisines, en bonne partie encore isolées, la situation pourrait se révéler aussi sinon plus grave: à Barcelona, à 20 kilomètres de là, la destruction est «quasi totale», a affirmé un pompier. L’aide en médicaments, aliments, tentes et couvertures commençait d’arriver à l’aéroport d’Armenia fermé aux vols réguliers. Un véritable pont aérien entre Armenia et Medellin, Cali et Bogota a été mis en place: les avions et hélicoptères apportent le nécessaire et repartent pleins de blessés.
La ville colombienne d’Armenia, au cœur de la région du café, n’était plus qu’un champ de ruines alors que les sauveteurs prenaient une nouvelle mesure, à la levée du jour mardi, de l’ampleur des destructions du séisme. «C’est pire que tout ce qu’on pouvait imaginer et, rien qu’ici, il y a 300 morts et des centaines de personnes encore coincées sous les décombres et Dieu seul sait dans quel état on va les trouver», a déclaré le capitaine des pompiers Ciro Guiza. «Si ça continue, on dépassera les mille morts dans la région», a-t-il estimé. Les rescapés, souvent des familles entières, n’ont pas eu de mal à trouver du bois: les charpentes à profusion des quelque 500 maisons et immeubles effondrés sous les coups du séisme qui, en une minute, ont détruit tout le centre de cette ville de 300 000...