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Actualités - Conferences Et Seminaires

Causerie Moustapha Akkad se raconte

Dans le cadre des rencontres organisées par le comité culturel de l’Escwa, une causerie du cinéaste d’origine syrienne Moustapha Akkad, qui retrace son parcours. Il a mis en scène «al-Risala» (Le Message) ; et «Omar Moukhtar» (Le Lion du Désert ). Mais Akkad est aussi un producteur heureux, qui a réussi de bons scores, notamment avec «Halloween». Moustapha Akkad a longtemps réparti ses activités entre Los Angeles et Londres. La Californie pour faire marcher le business de producteur. Et Londres pour que s’accomplisse la quête obsessionnelle d’un directeur épris de super-spectacles donnant de l’homme arabe une autre image que celle véhiculée par Hollywood. Issu d’un milieu modeste, Moustapha Akkad est né à Alep. Il a toujours voulu faire de la mise en scène cinématographique. Il est allé à l’école des Frères. Ambiance stricte, études sérieuses, il avait d’excellentes notes. Puis, après l’indépendance en 1945, il a dû changer d’école et aller chez les Américains. Là, c’était plutôt le désordre, et l’ élève Akkad est devenu dissipé. Le directeur a alors convoqué son père. Angoisse chez l’élève : «Je pouvais imaginer la réaction de mon père si je lui disais que mes notes et ma conduite laissaient à désirer. J’ai alors demandé au barbier du coin de jouer le rôle de mon père. Le jour J arrivé, on s’est retrouvé, le barbier et moi, devant un directeur en colère. Pris au jeu, et pour bien exprimer son mécontentement, ‘mon père’ me donne une claque. Je proteste. Il m’en donne sur l’autre joue. On s’est alors retrouvé avec un ‘père’ en courroux et un directeur qui tentait vainement de le calmer ! À la sortie, le barbier me confie : j’attendais ce moment depuis longtemps, me dit-il. «Tu fais tellement le pitre dans mon salon que j’arrivai à grande peine à ne pas te corriger». Depuis plus de dix ans, il travaille sur une superproduction gigantesque : une fresque historique sur Saladin. «Une production de cette envergure requiert beaucoup de temps de préparation et de mise en chantier. Nous abordons des sujets délicats, il ne faut pas se tromper. Il a fallu prendre son temps avec le script, le scénario a demandé plusieurs écritures». Akkad dit être arrivé à Hollywood avec une case de retard. «J’avais ce complexe d’infériorité que nous, Arabes, développons face au monde occidental. Mais une fois sur les bancs d’étude, j’ai réalisé que les Français, les Anglais où les Grecs n’avaient pas plus de possibilités devant eux que moi. Cette nouvelle assurance acquise, j’ai pu donner le meilleur de moi-même». Le cinéma étant un outil de communication de taille, Akkad a voulu transmettre sa vision au monde. «Un Arabe à Hollywood, métropole dominée par les juifs et des sionistes, ce n’est pas facile», soutient Akkad. «Moi, j’envie les juifs, ajoute-t-il. Ils ont un but bien précis et ils s’unissent pour le réaliser. Contrairement à nous, Arabes, qui sommes toujours divisés. Cela fait des décennies que j’essaie de créer un lobby arabe à Hollywood pour me heurter à l’indifférence de tous». «Nous devons utiliser ces moyens de communication que sont le cinéma et les satellites en notre faveur : changer l’image de l’Arabe ‘terroriste’ et sanguinaire». Pour conclure sur une note optimiste, Akkad «the producer» a annoncé le prochain lancement, quelque part dans le monde arabe, d’un studio de production équipé d’une technologie de pointe. Affaire à suivre, bien sûr…
Dans le cadre des rencontres organisées par le comité culturel de l’Escwa, une causerie du cinéaste d’origine syrienne Moustapha Akkad, qui retrace son parcours. Il a mis en scène «al-Risala» (Le Message) ; et «Omar Moukhtar» (Le Lion du Désert ). Mais Akkad est aussi un producteur heureux, qui a réussi de bons scores, notamment avec «Halloween». Moustapha Akkad a longtemps réparti ses activités entre Los Angeles et Londres. La Californie pour faire marcher le business de producteur. Et Londres pour que s’accomplisse la quête obsessionnelle d’un directeur épris de super-spectacles donnant de l’homme arabe une autre image que celle véhiculée par Hollywood. Issu d’un milieu modeste, Moustapha Akkad est né à Alep. Il a toujours voulu faire de la mise en scène cinématographique. Il est allé à l’école...