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Actualités - Chronologie

La mémoire effacée de Neauphle-Le-Château (photo)

Vingt ans après, Neauphle-le-Château a oublié l’ayatollah Khomeyni, le père da la révolution islamique d’Iran qui s’était établi dans cette coquette bourgade de la banlieue parisienne avant son retour triomphal à Téhéran en 1979. «Il nous avait été imposé. Nous, on n’était pas d’accord», explique Jean Golvant, ex-adjoint au maire, soulignant que «personne n’avait été traumatisé» et qu’aujourd’hui il ne restait «aucun souvenir» de l’ayatollah qui allait mettre fin à 25 siècles de monarchie en Perse. «Nous ne souhaitions pas que notre village où il fait bon vivre devienne un lieu de pèlerinage», souligne l’ancien élu de cette localité de 2 500 habitants. Inutile de chercher trace des cent dix-sept journées de présence du plus célèbre opposant au Chah, entre ses quatorze ans d’exil irakien et son retour à Téhéran. Pas de stèle, de pancarte, pas la moindre carte postale, et lorsqu’on demande à la boulangère l’adresse de la «maison de l’imam» on vous parle de «l’attentat» qui l’a pulvérisée, «un an tout juste» après son départ. De fait, le petit pavillon sans étage aux murs blancs et aux volets toujours clos d’où partaient les appels à la révolution, enregistrés sur cassettes ensuite diffusés en Iran, n’existe plus. À sa place, d’autres bâtisses ont été construites. «Il nous invitait pour boire le thé, ma femme et moi. Bien sûr, je me déchaussais et mon épouse portait le foulard. Il était plutôt agréable avec ses voisins. En revanche, il nous fallait montrer patte blanche dix fois par jour», raconte avec émotion Roger, pompier à la retraite. L’agitation était en effet à la hauteur de la réputation de cet hôte peu désiré. Des dizaines de gendarmes et de policiers assuraient en permanence la protection de Rouhollah Moussavi-Khomeyni, «Guide de la révolution islamique», et de ses fidèles. Et les pèlerins arrivaient par cars entiers d’Iran et d’Europe, provoquant d’énormes embouteillages sur les petites routes départementales des environs. Les journalistes du monde entier campaient en permanence dans la bourgade. Mais le plus étonnant était le rythme quotidien du village, calqué sur celui des prières du dignitaire musulman. «Le lieu de prière était situé en face de la maison, de l’autre côté de la route, sous une tente-mosquée aux rayures bleues et blanches dressée au milieu d’un jardinet. Et c’est là, dès cinq heures du matin et plusieurs fois par jour, que Khomeyni se recueillait», se souvient Roger. Des cris d’«Allahou Akbar» (Dieu est le plus grand) saluaient chacune de ses sorties et résonnaient jusqu’en haut du village. Le vendredi, la foule de partisans et de fidèles gonflait. «Ils étaient souvent 3 à 400 barbus à l’accompagner dans ses prières», raconte le retraité.
Vingt ans après, Neauphle-le-Château a oublié l’ayatollah Khomeyni, le père da la révolution islamique d’Iran qui s’était établi dans cette coquette bourgade de la banlieue parisienne avant son retour triomphal à Téhéran en 1979. «Il nous avait été imposé. Nous, on n’était pas d’accord», explique Jean Golvant, ex-adjoint au maire, soulignant que «personne n’avait été traumatisé» et qu’aujourd’hui il ne restait «aucun souvenir» de l’ayatollah qui allait mettre fin à 25 siècles de monarchie en Perse. «Nous ne souhaitions pas que notre village où il fait bon vivre devienne un lieu de pèlerinage», souligne l’ancien élu de cette localité de 2 500 habitants. Inutile de chercher trace des cent dix-sept journées de présence du plus célèbre opposant au Chah, entre ses quatorze ans...