Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Profondes divergences entre américains et européens

La gestion de la crise au Kosovo a provoqué de profondes divergences au sein de l’Otan entre les Américains qui veulent imposer à Belgrade un ultimatum et les Européens qui jugent cette idée prématurée et privilégient une solution via le Groupe de contact. Ces divisions ont marqué vendredi une réunion de plus de quatre heures, souvent tendue, du Conseil permanent de l’Alliance atlantique (ambassadeurs), selon des sources concordantes. Les membres de l’Otan se sont séparés sans prendre de décisions mais Washington devrait revenir à la charge dans les jours prochains. Le secrétaire d’État américain Madeleine Albright est attendu en fin de semaine en Europe. Vendredi, ce Groupe (États-Unis, Russie, Allemagne, France, Grande-Bretagne et Italie), dont une réunion ministérielle pourrait se tenir en fin de semaine, a appelé Belgrade et les Albanais à discuter «au plus vite» d’un plan de règlement politique, redonnant au Kosovo son autonomie. Dans ce cadre, la province serbe serait dotée d’un gouvernement et d’une police propres en attendant un réexamen dans trois ans de son statut. En 1998, Serbes et Albanais avaient rejeté ces idées d’inspiration américaine, les premiers estimant qu’elles allaient trop loin, tandis que les seconds, qui exigent l’indépendance, les avaient jugées insuffisantes. Pour les États-Unis, seule la menace de frappes aériennes de l’Otan, assortie d’un ultimatum, peut désormais débloquer la situation qui s’est dégradée sur le terrain. Slobodan Milosevic viole ouvertement son engagement d’octobre de maintien de ses troupes dans leurs casernes tandis que les indépendantistes multiplient les provocations. Washington, membre dominant de l’Alliance, ne semble pas croire que le Groupe de contact puisse obtenir des résultats et craint que l’Otan ne perde sa crédibilité à agiter sans fin la menace d’une intervention non suivie d’effet. La crainte de l’engrenage Mais les Européens, qui ont en tête l’expérience récente de l’Irak et craignent un engrenage, s’interrogent sur ce qui se passera après d’éventuels raids. Un recours à la force est devenu plus difficile à justifier, ajoutent-ils, en rappelant qu’une crise humanitaire menaçait en octobre. Certains Européens soulignent aussi que l’Alliance n’est qu’un élément parmi d’autres — Onu, Groupe de contact, Union européenne, OSCE — et qu’il ne lui revient pas de décider en leur nom. «Les frappes aériennes isolées n’amèneraient aucune amélioration pour les populations du Kosovo», vient d’affirmer le chancelier allemand Gerhard Schroeder, une position partagée à l’Otan notamment par la France. Pas plus les Américains que les Européens n’ont en fait une idée précise des conséquences de frappes. Si un recours à la force ne s’accompagne pas d’un déploiement terrestre, il n’a aucune utilité, selon les experts. Jusqu’à présent cependant, les États-Unis refusent toute idée de déployer des troupes américaines sur le terrain, même si des études ont été réalisées à l’Otan sur l’accompagnement d’un éventuel cessez-le-feu par une force internationale comprenant plusieurs dizaines de milliers de soldats. Les Européens ne sont guère plus enthousiastes. Si Gerhard Schroeder n’a pas exclu un possible déploiement de militaires allemands au Kosovo, il s’est bien gardé d’en prôner la perspective.
La gestion de la crise au Kosovo a provoqué de profondes divergences au sein de l’Otan entre les Américains qui veulent imposer à Belgrade un ultimatum et les Européens qui jugent cette idée prématurée et privilégient une solution via le Groupe de contact. Ces divisions ont marqué vendredi une réunion de plus de quatre heures, souvent tendue, du Conseil permanent de l’Alliance atlantique (ambassadeurs), selon des sources concordantes. Les membres de l’Otan se sont séparés sans prendre de décisions mais Washington devrait revenir à la charge dans les jours prochains. Le secrétaire d’État américain Madeleine Albright est attendu en fin de semaine en Europe. Vendredi, ce Groupe (États-Unis, Russie, Allemagne, France, Grande-Bretagne et Italie), dont une réunion ministérielle pourrait se tenir en fin de semaine, a...