Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Royaume uni La puissante presse britannique perd des lecteurs

La presse britannique, qui reste de loin la plus puissante d’Europe, perd des lecteurs malgré des efforts considérables, en terme de contenu, de présentation et de prix, pour attirer une clientèle de plus en plus infidèle. Au deuxième semestre de 1998, les quotidiens nationaux ont vendu 13,56 millions d’exemplaires en moyenne par jour. Ce chiffre reste impressionnant par rapport aux autres pays européens, mais il trahit une perte de 263 000 lecteurs, soit une baisse de près de 2 %, par rapport au deuxième semestre de 1997. Le recul touche toutes les catégories. Jusqu’à présent, les tabloïdes populaires semblaient les plus exposés, victimes de l’augmentation du niveau d’instruction et de la féminisation du lectorat. Mais, la presse dite «de qualité» souffre également. Le Daily Telegraph affiche un recul de 4 % et le Times, son concurrent direct, de 5 %. Le Telegraph, détenu par l’homme d’affaires canadien Conrad Black, se maintient au-dessus du million d’exemplaires, mais doit offrir des abonnements très avantageux pour résister à la guerre des prix lancée en 1993 par Rupert Murdoch avec le Times, dans le but de lui ravir le titre de «premier journal britannique de qualité». Le Times a vendu 752 000 exemplaires en moyenne au deuxième semestre de 1998. L’autre titre du magnat australo-américain, le Sun reste de loin le premier journal du pays mais il s’éloigne progressivement de son plafond de quatre millions d’exemplaires du milieu des années 90 pour s’approcher des 3,5 millions. La «success story» de la presse britannique reste sans conteste le Daily Mail, journal de format tabloïde dit de «milieu de gamme» qui offre un habile cocktail de sensationnalisme et de sérieux et a compris avant les autres l’importance du lectorat féminin. Avec 2,3 millions d’exemplaires, le Mail a dépassé pour la première fois en décembre le Mirror, deuxième tirage de la presse populaire. En difficultés financières, le groupe Mirror, survivance de l’empire de Robert Maxwell, devrait bientôt être racheté. Seul autre titre à afficher une hausse significative de ses ventes (11,6 %), le Financial Times, le quotidien de la City, doit en grande partie cette progression à son succès à l’étranger. Le déclin des ventes de journaux en Grande-Bretagne s’inscrit dans une tendance à long terme constatée à travers le monde, qui voit les nouvelles générations lire moins que les précédentes et préférer d’autres types de médias. «Nous travaillons dans un marché de plus en plus concurrentiel. Les médias prolifèrent. De plus en plus de gens s’informent par Internet», note Patrick Barrow, responsable de la communication du Telegraph. Les journaux britanniques ont tous ouvert des sites web et certains se sont lancés, sans grand succès, dans la télévision câblée. Mais dans l’immédiat, la bataille se joue plus que jamais dans les kiosques alors que le portage à domicile a perdu sa prééminence traditionnelle, remarque Jeremy Tunstall, professeur à la City University, à Londres, et auteur d’une étude sur la presse britannique. Cette évolution favorise le passage d’un titre à un autre et fait de la première page un instrument commercial déterminant. «D’où les photos couleurs en «une» et l’aspect de plus en plus tabloïde des journaux haut de gamme», note le Pr Tunstall. Les journaux ont enfin augmenté leur pagination et multiplié les suppléments pour attirer le lecteur. «Ils sont deux fois plus épais qu’il y a quinze ans», observe l’universitaire.
La presse britannique, qui reste de loin la plus puissante d’Europe, perd des lecteurs malgré des efforts considérables, en terme de contenu, de présentation et de prix, pour attirer une clientèle de plus en plus infidèle. Au deuxième semestre de 1998, les quotidiens nationaux ont vendu 13,56 millions d’exemplaires en moyenne par jour. Ce chiffre reste impressionnant par rapport aux autres pays européens, mais il trahit une perte de 263 000 lecteurs, soit une baisse de près de 2 %, par rapport au deuxième semestre de 1997. Le recul touche toutes les catégories. Jusqu’à présent, les tabloïdes populaires semblaient les plus exposés, victimes de l’augmentation du niveau d’instruction et de la féminisation du lectorat. Mais, la presse dite «de qualité» souffre également. Le Daily Telegraph affiche un recul de 4...