Le marché des changes de Beyrouth a repris ses activités hier, au lendemain du long chômage du Fitr, dans un climat calme et marqué par la poursuite des interventions de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ses deux taux à l’achat et la vente du dollar en l’état, entre 1 502,00 LL et 1 514,00 LL, est parvenue donc à le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre. Mais, en raison de la réticence des opérateurs à la vente du billet vert, les établissements de crédit ont continué de le négocier au haut de la fourchette d’intervention de la BDL et rarement en dehors d’elle, en l’absence de contreparties valables à l’offre. Le dollar est resté en effet confiné dans une marge étroite comprise entre 1 513,50 et 1 514,50 LL avec un volume d’affaires très modéré ne dépassant pas quelque neuf millions de dollars, en grande partie vendus par la BDL à 1 514,00 LL, indique-t-on dans les milieux cambistes de la place. Accès de faiblesse du dollar après les chiffres du déficit commercial À l’étranger, le dollar s’est déprécié face aux principales devises européennes sur les marchés des changes internationaux mais il s’est raffermi contre le yen malgré les chiffres sur le commerce extérieur américain plus mauvais que prévu. À cet égard, les marchés se sont montrés très inquiets hier, à l’annonce d’une augmentation de 13,9 % du déficit commercial des États-Unis en novembre à 15,49 milliards de dollars contre 13,60 milliards en octobre. Cela d’autant qu’ils apprenaient que cette aggravation du déficit est due à la diminution de 2 % des exportations américaines à 78,7 milliards de dollars et à l’augmentation des importations de 0,4 % à 94,1 milliards pendant la même période, laissant craindre un ralentissement plus prononcé qu’attendu de la croissance économique. Pourtant, la légère baisse du déficit avec le Japon à 5,8 milliards de dollars en novembre contre 6,00 milliards en octobre a incité les opérateurs à garder l’œil sur l’aggravation du déficit avec l’Europe ce qui n’a pas tardé à handicaper le dollar face à l’euro. Au contraire, le yen devait souffrir hier de la publication du rapport économique de la Banque du Japon, mettant l’accent sur la détérioration de l’économie nippone malgré les mesures de relance gouvernementales qui n’ont pas permis encore une reprise de la demande privée qui est considérée comme étant une condition sine qua non de toute croissance conjoncturelle. Enfin, le billet vert s’est ressenti aussi des conjectures auxquelles donne lieu toujours la crise brésilienne en attendant l’application du nouveau programme de mesures fiscales et budgétaires adopté par le gouvernement et soumis au vote du Parlement. Cela étant et compte tenu aussi de la baisse de Wall Street et des propos inquiétants de George Soros au sujet de la crise brésilienne dont les retombées devraient provoquer la constitution d’une «bulle financière» dans certains pays développés sans les nommer, comme ce fut le cas avec le Japon il y a deux ans, le dollar s’est montré vulnérable face aux devises européennes, hier, se négociant à New York comme suit : – 1,1595 pour un euro contre 1,1555, la veille. – 1,6525 pour un sterling contre 1,6455. – 1,6855 DM contre 1,6925. – 5,6525 FF contre 5,6755. – 1,3835 FS contre 1,3885. – 1 668,50 lires contre 1 675,05. – 113,65 yens contre 112,85. Bourse de Beyrouth : en léger repli Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth, qui a repris ses activités hier au lendemain du long chômage du Fitr, s’est ressentie de la baisse des actions «A» de Solidere dans une proportion plus grande que la hausse des actions «B» et de celles des Ciments libanais, le restant de la cote étant stable. En effet, l’indice général des valeurs libanaises Lispi a diminué de 0,09 % à 87,98 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 197,48 points, comme vendredi dernier. Pour ce qui est de l’activité de la cote, elle est restée assez mince avec 43 044 actions échangées d’une valeur globale de 392 302 dollars. Volatilité de Wall Street Wall Street a franchement renoué avec la baisse hier, peu après la publication des mauvais chiffres du commerce extérieur des États-Unis, reflétant une nette tendance au ralentissement de l’économie consécutivement à la forte diminution des exportations américaines en novembre. De plus, l’annonce de résultats mitigés par plusieurs grandes sociétés au quatrième trimestre 1998 est venue aussi peser sur la tendance du marché, plusieurs opérateurs ayant estimé devoir prendre les gains que leur procure la récente hausse de la cote. En effet, la plupart des valeurs américaines ne tardaient pas à perdre leur élan sur des programmes de vente informatisés, surtout après que George Soros eut mis en garde hier contre la constitution d’une «bulle financière» dans les pays développés. Cela d’autant que certains grands opérateurs continuent de s’inquiéter de la situation au Brésil. Paris : prises de bénéfices Après plus de 8 % de hausse durant les quatre semaines écoulées, la Bourse de Paris a subi des prises de bénéfices jeudi à la veille de la liquidation de janvier, dans un marché animé par l’affaire TF1-Pathé. En baisse de 0,88 % à l’ouverture, l’indice CAC 40 a terminé la séance sur une perte de 0,86 % à 4 154,03 points. Le marché était actif avec un chiffre d’affaires sur le marché à règlement mensuel de 2,331 milliards d’euros, soit 13 milliards de francs. Après plusieurs séances de hausse sensible, les opérateurs jugeaient bon de prendre des bénéfices notamment sur les grandes valeurs. Londres : en nette baisse La Bourse de Londres a fortement baissé jeudi, entraînée par les financières et quelques valeurs de premier plan. L’indice Footsie des cent principales valeurs a clôturé en baisse de 83,3 points à 6 022,3 points, soit 1,36 %. Francfort : fortes variations dans les deux sens La Bourse de Francfort a légèrement reculé (-0,65 %) jeudi, après de fortes variations, l’indice des trente valeurs vedettes, le X-DAX, s’établissant à 5 163,45 points en fin de séance sur le marché électronique XETRA. Les deux tiers des ordres passés à Francfort, principalement ceux des investisseurs étrangers, transitent par le marché électronique XETRA. Zurich : pénalisé par les résultats de Nestlé La Bourse suisse a clôturé en baisse de 2,39 % jeudi dans le sillage des autres places financières européennes, l’indice Swiss Market Index (SMI) des valeurs vedettes cédant 174,8 points à 7 125,4 points contre 7 300,2 points mercredi. Quant à l’indice élargi Swiss Performance Index (SPI), il a baissé de 1,95 % à 4 488,15. Tokyo : en hausse La Bourse de Tokyo, vivement encouragée par la multiplication des restructurations dans le secteur bancaire, a clôturé jeudi en hausse de 1,5 %, a-t-on appris de source de marché. L’indice Nikkei a progressé de 217,37 points, pour terminer à 14 245,42 points, son plus haut niveau en clôture depuis le 11 décembre. L’indice élargi Topix a progressé de 14,85 points à 1 104,92. 539 millions d’actions ont changé de mains contre 452,1 millions la veille. Les investisseurs ont accueilli favorablement le rapport de la Commission de revitalisation financière publié mercredi incitant les banques à achever l’apurement de leurs créances douteuses d’ici mars, selon les courtiers. L’approche agressive de la Commission a été interprétée par de nombreux investisseurs comme un signe clair de la détermination du gouvernement à injecter plus d’argent public pour la recapitalisation des banques que ce que les banques elles-mêmes demandaient, expliquent les courtiers.
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