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Actualités - Chronologie

Les américains ont bien d'autres préoccupations que le procès

Les Américains semblent davantage préoccupés par la météo, l’éducation de leurs enfants ou leur retraite que par le procès historique de Bill Clinton qui débute au Sénat, persuadés que quelle qu’en soit l’issue cela ne changera rien à leur vie quotidienne. Le procès de destitution vient en douzième position des sujets que selon eux le Congrès devrait considérer en priorité, selon un sondage CNN/USA Today/Gallup publié cette semaine. Pour plus de 90 % des personnes interrogées, l’éducation, la retraite et la couverture médicale restent des priorités absolues. Ils ne sont que 39 % à penser que ce procès prévu pour durer plusieurs semaines devrait faire partie des priorités. Dans un pays à la santé économique insolente, où la criminalité est en baisse et l’espérance de vie en hausse, «personne ne pense qu’il y a un grand enjeu», explique Alan Lichtman, expert de la présidence à l’American University de Washington, en soulignant le contraste avec les passions déchaînées par le procès du président Andrew Johnson en 1868. «Il ne s’agit pas de débarrasser le gouvernement d’une corruption fondamentale, et les gens ne voient pas de lien avec leur vie quotidienne». Et, ajoute-t-il, «même si Bill Clinton est chassé, vous aurez (le vice-président) Al Gore, qui est Bill Clinton sans le style, et personne ne pense que l’histoire du pays en sera fondamentalement changée». Les commentateurs de télévision ont beau leur marteler que le moment est historique, les Américains, pragmatiques et lassés par un scandale usé jusqu’à la corde, ne varient pas. 67 %, selon le même sondage, pensent que Bill Clinton est un bon président. Presque autant (63 %) souhaitent que le Sénat vote contre sa destitution, même si 79 % pensent qu’il a effectivement menti sous serment pour cacher sa liaison avec Monica Lewinsky. Le procès «ne m’intéresse pas. C’est tellement disproportionné, je ne vois pas à quoi ça sert», explique Viviane Hartenau, une mère de famille de Chevy Chase, la banlieue chic de Washington. Cette indifférence permet en tout cas un étrange ballet parallèle à Washington. Bill Clinton ignore délibérément que son destin se joue au Sénat et annonce chaque jour une bonne nouvelle au pays - mesures en faveur de l’environnement, des handicapés, de la police… Il doit prononcer mardi son discours annuel sur l’état de l’Union et n’a pas l’intention d’évoquer son procès. «L’important est pour moi de passer le moins de temps possible à penser à ça, et le plus de temps possible à travailler (...)», a-t-il dit mercredi, dans son seul commentaire depuis de longues semaines. «Nous devons nous occuper des problèmes de l’Amérique, des enjeux de l’Amérique, des possibilités pour l’Amérique, et c’est ce que j’ai l’intention de faire dans le discours sur l’état de l’Union», a-t-il ajouté. Le Sénat réfugié derrière son devoir constitutionnel continue, lui, à aller de l’avant et il est de plus en plus probable que la majorité républicaine imposera à la minorité démocrate l’audition de témoins, dont une Monica Lewinsky réticente, qui a refusé de rencontrer les procureurs de la Chambre des représentants. Mais pour l’instant, l’arithmétique reste favorable à Bill Clinton, les 55 républicains du Sénat étant loin d’avoir la majorité des deux tiers (67) qui leur permettrait de chasser de la Maison-Blanche un président toujours populaire, mis en accusation pour parjure et entrave à la justice.
Les Américains semblent davantage préoccupés par la météo, l’éducation de leurs enfants ou leur retraite que par le procès historique de Bill Clinton qui débute au Sénat, persuadés que quelle qu’en soit l’issue cela ne changera rien à leur vie quotidienne. Le procès de destitution vient en douzième position des sujets que selon eux le Congrès devrait considérer en priorité, selon un sondage CNN/USA Today/Gallup publié cette semaine. Pour plus de 90 % des personnes interrogées, l’éducation, la retraite et la couverture médicale restent des priorités absolues. Ils ne sont que 39 % à penser que ce procès prévu pour durer plusieurs semaines devrait faire partie des priorités. Dans un pays à la santé économique insolente, où la criminalité est en baisse et l’espérance de vie en hausse, «personne ne...