C’est le statu quo à Beyrouth La Banque du Liban (BDL) a observé encore cette semaine un statu quo sur le marché des changes de Beyrouth en procédant tous les jours à la vente du dollar à 1 514,00 LL et en le demandant symboliquement à 1 502,00 LL pour le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre. Pourtant, l’offre du billet vert, qui était sensible lundi et mardi à la veille des souscriptions hebdomadaires aux bons du Trésor libanais, s’est contractée ensuite, incitant la BDL à le vendre au haut de sa fourchette d’intervention, afin de rétablir l’équilibre des échanges et de préserver la stabilité monétaire dans le pays. En effet, les établissements de crédit ont continué de négocier le dollar au point supérieur d’intervention de la BDL et en dehors de celle-ci au début de la semaine seulement, puis avec elle, ensuite, en l’absence d’intérêts particuliers à l’offre. Pour ce qui est de l’activité du marché, elle n’a pas dépassé les besoins courants de la clientèle en devises pour totaliser sur la semaine quelque quarante millions de dollars, en partie vendus par la BDL à 1 514,00 LL, à en croire les milieux cambistes de la place. La dévaluation brésilienne : plus de peur que de mal À l’étranger, la dévaluation de la monnaie brésilienne (le réal), redoutée depuis plusieurs mois, a finalement fait plus de peur que de mal au dollar, qui a limité ses dégâts face à l’euro et au sterling et s’est même apprécié nettement face au yen. Les cambistes avaient anticipé une dévaluation du réal brésilien dès l’annonce par l’État de Minas Gerais de la suspension du paiement de ses dettes au gouvernement central brésilien, entraînant au début de la semaine un net repli du billet vert face à l’euro à près de 1,18 dollar. Ainsi, la monnaie unique européenne, qui avait touché son plus bas niveau face à la devise américaine depuis son lancement, soit à 1,1449 dollar, est parvenue à jouer pour la première fois de son existence le rôle de valeur-refuge. Mais lorsque la Banque centrale brésilienne a confirmé mercredi un ajustement de la bande de fluctuation du réal, soit une dévaluation de facto de 8 %, le billet vert s’est rapidement stabilisé. Et à la surprise des cambistes, il s’est même nettement ressaisi hier à l’annonce d’un flottement libre du réal afin de limiter la fuite des capitaux en dehors du Brésil. Les marchés semblaient donc à la veille du week-end accorder le bénéfice du doute au gouvernement de la huitième économie mondiale en attendant le nouveau communiqué que la Banque centrale brésilienne doit publier après-demain lundi. De fait, les experts financiers comptaient notamment, hier, sur la visite à Washington, aujourd’hui, du ministre brésilien des Finances Pedro Malan et du nouveau président de la Banque centrale brésilienne Francisco Lopes pour des discussions avec le Fonds monétaire international (FMI). À cet égard, le Brésil doit réaliser un ajustement budgétaire lui permettant de faire des économies de quelque 23 milliards de dollars en 1999 qui est subordonné à un prêt de 41,50 milliards de dollars du FMI au Brésil. Dans cet espoir, la devise américaine ne terminait la semaine qu’en légère baisse, à New York, face à l’euro, et en nette hausse contre le yen. Mais, face aux nouvelles instabilités en provenance du Brésil, de nombreux opérateurs ont estimé devoir réajuster leurs positions, craignant une propagation de la crise aux pays d’Asie. Tout comme l’euro, le franc suisse et le sterling ont profité par défaut de la dévaluation du réal brésilien pour s’apprécier face au dollar pendant la première moitié de la semaine, avant de réduire sensiblement leurs gains dans le sillage de l’euro à la veille du week-end. En effet, le billet vert s’est négocié hier, à New York, sur un ton hésitant comme suit : – 1,1560 pour un euro contre 1,1554, à la fin de la semaine dernière. – 1,6515 pour un sterling contre 1,6445. – 1,6925 DM contre 1,6930. – 5,6755 FF contre 5,6785. – 1,3825 FS contre 1,3915. – 1 675,25 lires contre 1 675,05. – 114,05 yens contre 110,95. Bourse de Beyrouth : regain d’activité grâce à la cotation de la BEMO Sur les marchés des valeurs mobilières, cette semaine a été marquée dès son début par l’admission à la cote officielle de la Bourse de Beyrouth des actions «C» de la Banque Européenne pour le Moyen-Orient (BEMO) qui a nettement étoffé le volume d’affaires sans pour autant soutenir les cours. C’est ainsi que la baisse des actions de la Banque Libanaise pour le Commerce, de la banque Byblos et de Rymco l’a emportée sur la hausse de celles des Ciments Libanais, des Ciments Blancs et de Lebanon Holdings dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général des valeurs libanaises Lispi a diminué d’une semaine à l’autre de 0,28 % à 88,07 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires de 0,91 % à 197,48 points. Pour ce qui est de l’activité de la cote, elle s’est nettement développée grâce aux transactions auxquelles a donné lieu l’admission à la cote de la banque BEMO, pour totaliser 767 685 actions d’une valeur globale de 3 102 585 dollars cette semaine contre 133 702 actions d’une valeur globale de 1 358 024 dollars la semaine dernière. Wall Street : marché secoué par la crise brésilienne Quant à Wall Street, elle a été ébranlée par la crise financière brésilienne avant de se ressaisir un peu hier, à l’annonce du flottement du réal brésilien face au dollar pour afficher sa première séance de hausse de la semaine. Toutes les valeurs de l’indice Dow Jones des industrielles étaient en hausse hier, à l’exception de Hewlett-Packard et de Philip Morris. Les autres indices boursiers se sont inscrits aussi à la hausse, après que les investisseurs eurent repris confiance dans les actifs américains. Mais il n’en demeure pas moins que, sur la semaine, l’indice Dow Jones des industrielles a perdu 3,50 % à 9 306,05 points contre 9 643,32 points vendredi dernier. Paris : sous le signe de l’effondrement du réal brésilien Il y a un an et demi le baht thaïlandais, l’été dernier le rouble russe, en janvier 1999 l’euro, cette semaine le réal brésilien : désormais les monnaies dictent leur loi aux places financières qui, Paris en tête, ont subi cette semaine une vive secousse avec la dévaluation de la devise échangée à Sao Paulo. La Bourse de Paris, en hausse de près de 8 % au cours de la semaine de l’euro, a quasiment effacé ses gains (+2,84 % vendredi). En huit jours, l’indice CAC 40 a cédé 4,50 % pour se retrouver vendredi à 4 054,81 points. À l’aube de 1999, les experts voyaient deux risques majeurs pour les places boursières qui, l’an dernier, avaient manifesté une remarquable capacité de récupération après la faillite de la Russie : un krach à Wall Street en raison du fléchissement de la consommation américaine et de la contraction des marges des entreprises et une dévaluation du réal brésilien. La probabilité de ce dernier risque était évaluée à 30 % par la Société Générale. Cette seconde épée de Damoclès est tombée cette semaine, le Brésil décidant de laisser flotter sa monnaie vendredi, entraînant une dévaluation de 20 % du réal pour secouer toutes les places financières. Londres : une semaine inquiète La Bourse de Londres s’est nettement repliée cette semaine du fait de la crise financière brésilienne mais aussi sous le coup de mises en garde d’entreprises prévoyant une baisse de leurs résultats dans un contexte de ralentissement de la consommation. L’indice Footsie des cent principales valeurs a subi une chute de 3,35 % sur la semaine pour terminer vendredi à 5 941 points. L’indice a ainsi perdu l’essentiel du terrain gagné au cours de la semaine précédente. La forte hausse de vendredi, inspirée par la bonne réaction de Wall Street aux derniers événements au Brésil, a permis de limiter quelque peu la baisse enregistrée au cours des quatre premières séances de la semaine. Le Footsie a enregistré mercredi, après la dévaluation du réal, sa plus forte baisse depuis le 1er décembre (3 %) et affichait même en cours de séance son plus fort recul depuis la crise de la livre d’octobre 1992. Mais, dès avant les événements brésiliens, les valeurs britanniques avaient nettement baissé lundi et mardi dans un contexte de plus en plus pessimiste quant aux résultats de sociétés. Francfort : la crise brésilienne efface l’euphorie de l’euro La Bourse de Francfort a piqué une crise de nerfs cette semaine, reculant de 7,38 % à cause de la crise brésilienne, après s’être envolée au début de l’année avec le lancement de l’euro. Le X-DAX, l’indice des trente valeurs vedettes affichait 4 973,78 points hier contre 5 370,51 points à la fin de la semaine dernière. Sur le marché à la criée, l’indice des 30 valeurs vedettes DAX était à 4 960,22 points contre 5 382,84 points la semaine précédente. Zurich : en baisse de 5,44 % cette semaine La Bourse suisse a reculé de 5,44 % cette semaine, l’indice vedette Swiss Market Index (SMI) ayant perdu 415,60 points à 7 218,10 contre 7 633,70 pts le précédent vendredi. «La crise brésilienne est revenue avec force», a commenté un analyste de la banque Pictet et Cie.
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