Les nouvelles affaires de foulard, qui ont éclaté en France dans deux collèges situés en Normandie à Flers (Ouest) et à la Grand-Combe (Sud), semblent peu mobiliser les quelque 4 millions de musulmans de France, qui vivent actuellement dans la plus grande diversité le mois du Ramadan. À Paris, chaque soir de ce mois de jeûne observé très largement dans la communauté, les adolescentes qui viennent prêter main forte aux bénévoles de «la chorba pour tous», une association caritative qui plante depuis sept ans son chapiteau rue de Crimée (19e) pour offrir un repas chaud aux démunis et aux solitaires, sont toutes en jeans et tête nue. L’islam demande au croyant de manifester sa solidarité envers les plus pauvres durant le Ramadan. Pour servir la «chorba», la soupe traditionnelle du Maghreb, les bénévoles attendent que la radio donne le signal de l’heure de la rupture du jeûne. Mais Farida Aït-Kaci, la présidente de l’association, s’enorgueillit de la cohabitation à ses côtés de musulmans pratiquants et non pratiquants, de chrétiens ou de juifs, à l’image du quartier. À quelques rues de là, à la mosquée Adda’Wa, rue de Tanger, la plus grande de la capitale, qui sert également chaque soir de Ramadan un repas pour les démunis, les jeunes filles qui accueillent le visiteur arborent toutes le «hijab». Réticence Certaines associations musulmanes, regroupées dans l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) ou la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF) considèrent que le port du foulard par les femmes est un élément fondamental de l’islam. Mais si leur discours séduit certains jeunes en quête d’identité, il se heurte à la réticence du plus grand nombre. «Le prosélytisme en faveur du voile, de la part de ces courants fondamentalistes, est un phénomène récent, qui se heurte aux traditions culturelles des familles originaires du Maghreb», souligne Hanifa Cherifi, médiatrice nationale pour les problèmes de port du foulard à l’école. «Beaucoup se sentent agressés. Leur absence de réaction publique, qui s’explique par des raisons politiques notamment, ne signifie pas qu’ils sont indifférents», ajoute-t-elle. Le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, ou le mufti de Marseille, Soheib Bencheikh, se sont de leur côté prononcés contre le port du foulard à l’école. Quant aux musulmans originaires d’Afrique noire, ils ne se sentent pas concernés par ce débat.
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