La livre libanaise s’est stabilisée encore hier à Beyrouth, grâce à la poursuite de l’action de la Banque du Liban (BDL) en sa faveur dans le cadre de sa politique de stabilisation monétaire. En maintenant ainsi sa marge d’intervention en l’état, entre 1 502,00 LL à l’achat du dollar et 1 514,00 LL à la vente de cette monnaie, la BDL est parvenue à le maintenir au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre. Pourtant, les établissements de crédit ont continué de négocier pratiquement le billet vert au haut de cette fourchette d’intervention de la BDL, entre 1 513,75 et 1 514,25 LL, et rarement en dehors d’elle, en raison de la réticence de l’offre privée à se placer même à ce prix, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier est resté très mince, ne dépassant pas quelque huit millions de dollars, en grande partie vendus par la BDL à 1 514,00 LL Prudence et expectative À l’étranger, le calme semble être revenu sur les places financières internationales après la tempête provoquée la veille par la dévaluation de facto du réal brésilien et la démission du président de la Banque centrale du Brésil. Les opérateurs semblent avoir été rassurés par la mobilisation rapide des autorités internationales, notamment le groupe des «Sept», et par les déclarations du président Bill Clinton et du secrétaire américain au Trésor, Robert Rubin. Mais, après le départ en baisse de la Bourse de Sao Paulo et de Wall Street, les investisseurs, qui avaient ajusté leurs positions de change aux dépens de l’euro en attendant prudemment l’ouverture de ces deux principales places, ont préféré rester sur la défensive, se réajustant à nouveau sur la monnaie unique européenne sans pour autant pouvoir inverser la tendance du dollar à la stabilisation face à l’euro et à la hausse contre le yen. À cet égard, les opérateurs se montrent prudents depuis l’intervention de la Banque du Japon lundi pour limiter l’appréciation du yen fort compromettante pour les exportations nippones. Cela d’autant que, selon des rumeurs, hier, les autorités monétaires japonaises s’apprêteraient à réduire les taux d’intérêt nippons, ce qui a également profité au dollar face au yen seulement, le faisant négocier à New York, comme suit : – 1,1715 pour un euro contre 1,1684, la veille. – 1,6555 pour un sterling contre 1,6472. – 1,6695 DM contre 1,6764. – 5,5990 FF contre 5,6243. – 1,3583 FS contre 1,3681. – 1 652,75 lires contre 1 661,13. – 113,35 yens contre 113,33. Bourse de Beyrouth : en repli Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est ressentie hier de la baisse des actions «A» de Solidere et de celles de la Banque Byblos dans une proportion plus grande que la hausse des actions «B» de Solidere, cela d’autant que le restant de la cote était stable. En effet, l’indice général des valeurs libanaises Lispi a diminué de 0,13 % à 87,98 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires de 0,21 % à 196,87 points. Toutefois, l’activité du marché s’est contractée consécutivement à la diminution des transactions auxquelles a donné lieu hier la banque BEMO, pour ne pas dépasser quelque 58 800 actions d’une valeur globale de 428 075 dollars. Wall Street : dégringolade de la cote Wall Street a fonctionné encore hier sous le signe de la crise financière du Brésil qui ne cesse de susciter des inquiétudes quant aux capacités du gouvernement de ce pays à éviter une nouvelle dégradation de la situation. L’interruption des cotations à la Bourse de Sao Paulo après sa rechute hier de plus de 10 % est venue renforcer la désaffection des investisseurs vis-à-vis des sociétés américaines surtout celles qui ont des intérêts au Brésil. L’annonce d’une batterie de statistiques aux États-Unis témoignant de la solidité de l’économie américaine, dont la hausse de 0,9 % des ventes de détails et de 0,1 % seulement des prix à la consommation le mois dernier, est passée inaperçue sur un marché dont les yeux restaient braqués sur la situation au Brésil. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dégringolé d’un plus haut à 9 359,08 points à un plus bas à 9 085,71 points, avant d’afficher en préclôture 9 099,34 points, en nouvelle et forte baisse de 250,22 points sur la veille. Paris : fermeté dans une ambiance nerveuse Après la secousse de la veille (-3,46 %) la Bourse de Paris a fait preuve d’une grande volatilité jeudi, terminant néanmoins sur une note positive dans un marché actif. En hausse de 0,60 % à l’ouverture, puis en baisse un quart d’heure plus tard, l’indice CAC 40 a affiché dans le courant de la journée un gain de 1,90 % avant de frôler en fin de séance son niveau de la veille. À la clôture, cet indice inscrivait un gain de 0,97 % à 3 997,06 points. Le marché a été actif avec un chiffre d’affaires sur le marché à règlement mensuel de 14 milliards de francs. Londres : marché volatil La Bourse de Londres a clôturé en baisse jeudi, après le mauvais début de séance à Wall Street et impressionnée par la chute annoncée du bénéfice de Marks and Spencer, avec en toile de fond les inquiétudes persistantes liées à la crise brésilienne. À la clôture du marché, l’indice Footsie des cent principales valeurs reculait de 29,9 points pour terminer à 5 820,2 points, soit une baisse de 0,5 %. Parmi les principales valeurs, 41 ont terminé en hausse et 59 en baisse. Sur le marché à terme du Liffe, le contrat pour mars sur le Footsie s’inscrivait à 5 873 en fin d’après-midi contre 5 843 la veille en clôture. Les échanges étaient évalués à 1,06 milliard d’actions. Le marché avait au départ plongé à l’annonce par Marks and Spencer que son bénéfice imposable avant éléments exceptionnels allait chuter d’environ 40 % pour son exercice qui s’achève en mars, dans une fourchette de 625 à 675 millions de livres. Mais il s’était ensuite repris, gagnant plus de 1 % à la mi-journée, avec des annonces positives de sociétés ainsi qu’une offre de rachat sur Sears (distribution), avant d’être douché par Wall Street. Francfort : nouveau plongeon La Bourse de Francfort a perdu 1,59 % jeudi dans la foulée de Wall Street, le X-DAX des trente valeurs vedettes affichant 4 902,75 points en clôture. Le X-DAX est l’indice vedette du marché électronique XETRA, par où transitent les deux tiers des ordres passés à Francfort, principalement ceux des investisseurs étrangers. Sur le marché à la criée, l’indice DAX a reculé de 0,39 % pour se fixer à 4 912,75 points. La Bourse francfortoise avait pourtant affiché des gains dans la matinée, en réaction aux «exagérations» de la veille, selon un courtier d’une grande banque allemande. Le marché avait perdu 4,2 % après l’annonce d’une dépréciation de fait du réal brésilien et de la démission du président de la Banque centrale du Brésil. Tokyo : clôture en hausse La Bourse de Tokyo a terminé jeudi en hausse de 2,5 %, l’indice Nikkei 225 gagnant 335,26 points à 13 738,86 points, la fermeté du dollar face au yen ayant pris le dessus sur les craintes d’une possible contagion après la dévaluation du réal brésilien, selon les cambistes. La baisse du yen, qui a favorisé les valeurs d’exportation, associée à l’annonce de la formation d’un gouvernement de coalition ont encouragé les investisseurs, selon les courtiers. Wall Street et les places boursières européennes ont plongé après la démission du gouverneur de la Banque centrale du Brésil Gustavo Franco et la dévaluation de fait de la devise brésilienne.
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