Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

L'Amérique Latine sous le choc

La dévaluation de fait du réal brésilien, mercredi, a fait sentir ses effets dans tout le continent sud-américain, de Mexico à Buenos Aires.La plupart des marchés boursiers ont accusé de lourdes pertes, toutefois inférieures à celles subies juste après l’annonce par Brasilia de l’élargissement de la bande de fluctuation de sa monnaie. La démission du gouverneur de la Banque centrale, Gustavo Franco, a également secoué les marchés. Le Brésil, huitième puissance économique mondiale, représente environ 45 % de la production de l’Amérique latine. De nombreux économistes avaient déjà prévu que le Brésil entrerait en récession cette année en raison du programme d’austérité élaboré par le gouvernement et qu’il entraînerait dans son sillage l’ensemble de la région. C’est maintenant un peu plus probable. L’indice Bovespa de la Bourse de Sao Paulo a terminé en recul de 5,08 % à 5 617 points après une chute de près de 10 % en séance. La décision prise par le gouvernement brésilien a déclenché un mouvement de panique dans tout le continent. L’indice MerVal de la Bourse de Buenos Aires a perdu 10,23 %, l’indice MXX de Mexico a reculé de 4,60 %, l’IPSA de Santiago du Chili a cédé 4,97 %. L’indice général IGRA de la Bourse de Lima a perdu 5,47 % à 1 267,31 points et l’indice ISEL des «blue chips» a reculé de 5,96 % à 1 915,34 points. «Nous ne nous y attendions pas et comme vous pouvez le constater on a vendu comme des fous», note un intervenant mexicain. La décision prise par le Brésil revient de fait à dévaluer le réal d’environ 8 %. Les autres devises sud-américaines ont accusé le coup et ont reculé face au dollar. Le peso mexicain, qui flotte librement, a plongé à un plus bas historique de 11,02/11,13 pour un dollar, soit un recul de 8,94 %, avant de se reprendre. Dévaluation suffisante ? Selon les analystes, la dévaluation de fait du réal brésilien rappelle la «crise tequilla» qui a secoué le Mexique, et par ricochet l’ensemble de la région, en 1995. L’Argentine qui réalise environ un tiers de ses exportations vers le Brésil a rapidement réagi en assurant aux marchés qu’elle ne serait pas le prochain domino à tomber et qu’elle ne modifierait pas sa politique monétaire, qui arrime le peso au dollar à parité. «La parité avec le dollar ne relève pas du gouvernement. C’est une exigence du peuple. Nous ne changerons de position pour rien au monde», a affirmé Rogelio Frigerio, le secrétaire à la Planification économique argentin. Mais les observateurs sont moins optimistes et jugent que le Brésil fait courir des risques aux pays comme l’Afrique du Sud, la Turquie et le Chili, dont la balance des paiements est en position de faiblesse. Ils estiment que la Chine pourrait même être amenée à dévaluer sa monnaie. D’autres économistes s’interrogent également sur l’ampleur de la dévaluation, qu’ils estiment insuffisante pour améliorer la balance commerciale du Brésil. «La devise va de nouveau subir de vives attaques et il est probable que le gouvernement devra dévaluer de nouveau», estime John Mulldin (ABN AMRO). Actuellement, les réserves du Brésil s’élèvent à 45 milliards de dollars. Depuis le début du mois, les sorties de capitaux ont atteint 2,273 milliards de dollars, dont 1,214 milliard pour la seule journée de mardi. Mercredi, les cambistes parlaient de 2 milliards de dollars de sorties de capitaux. «Tant que le taux de change ne sera pas stabilisé et que l’hémorragie de capitaux n’aura pas été jugulée, les marchés ne sauront pas quoi faire. Nous allons avoir quelques jours d’incertitudes et les marchés devraient se calmer un peu», ajoute John Mullin.
La dévaluation de fait du réal brésilien, mercredi, a fait sentir ses effets dans tout le continent sud-américain, de Mexico à Buenos Aires.La plupart des marchés boursiers ont accusé de lourdes pertes, toutefois inférieures à celles subies juste après l’annonce par Brasilia de l’élargissement de la bande de fluctuation de sa monnaie. La démission du gouverneur de la Banque centrale, Gustavo Franco, a également secoué les marchés. Le Brésil, huitième puissance économique mondiale, représente environ 45 % de la production de l’Amérique latine. De nombreux économistes avaient déjà prévu que le Brésil entrerait en récession cette année en raison du programme d’austérité élaboré par le gouvernement et qu’il entraînerait dans son sillage l’ensemble de la région. C’est maintenant un peu plus...