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Actualités - Chronologie

Le long cauchemar de Bill Clinton (photo)

L’année 1998 aura été pour Bill Clinton un long cauchemar, sa vie sexuelle dépecée sur la place publique, sa carrière politique désormais menacée de s’achever par l’infâmie d’une destitution par le Sénat. D’ores et déjà, il restera dans l’histoire des États-Unis comme le deuxième président jamais mis en accusation par la Chambre des représentants (chambre basse du Parlement), pour avoir trompé la justice sur ses étreintes avec Monica Lewinsky. Quand le scandale de sa liaison avec la jeune stagiaire californienne éclate le 21 janvier, nul n’imagine la folle équipée dans laquelle il embarque le pays : l’économie est au beau fixe, la criminalité en baisse et Bill Clinton est crédité de plus de 70% d’opinions favorables. Mais l’affaire Lewinsky s’emballe immédiatement, train sans freins dévalant une pente à pleine vitesse. Tous les ingrédients sont réunis pour en faire un cocktail explosif : le décor de la Maison-Blanche, l’homme le plus puissant du monde, une jeune stagiaire délurée, un procureur puritain et conservateur, une «amie» qui enregistre Monica Lewinsky pour mieux la trahir, et des républicains enragés contre le président démocrate. La presse se déchaîne, le procureur indépendant Kenneth Starr dépense sans compter au nom de la vérité et le pays découvre qu’un président peut discuter au téléphone avec un élu du Congrès alors que Monica Lewinsky lui fait une fellation, et ensuite affirmer sans ciller devant les caméras qu’il n’a jamais eu de relations sexuelles avec elle. Bill Clinton se bat sur tous les fronts, affirme se concentrer sur ses responsabilités de président, essaie en parallèle d’empêcher que ses proches et gardes du corps aient à témoigner. Mais le 17 août, contraint par des preuves d’ADN incontestables, il admet le teint blême, lors d’une allocution télévisée, une relation «inconvenante» avec Monica Lewinsky, 25 ans. Le «come back kid» Abreuvés de détails sordides, les Américains se sont déjà fait une opinion, qui ne changera pas de toute l’année : oui, le président a menti pour cacher sa liaison avec la jeune Californienne, non ces mensonges ne sont pas des «crimes ou délits graves» passibles, selon la Constitution, de destitution. Mais la majorité républicaine au Congrès en décide autrement. En septembre, la commission judiciaire de la Chambre rend publiques les milliers de pages du rapport Starr, qui, détails quasi pornographiques à l’appui, accuse le président de parjure, entrave à la justice et abus de pouvoir. Elle diffuse la vidéo de son témoignage devant le grand jury, où l’on voit un président des États-Unis interrogé sur la différence entre fellation et relation sexuelle... Début octobre, la commission judiciaire estime qu’une enquête est nécessaire. La Chambre fait de même, et les élections de novembre témoignent de l’écœurement des Américains : les républicains déjouent les pronostics et perdent cinq sièges à la Chambre. Bill Clinton croit alors être sorti d’affaire. Mais ses dénégations sémantiques – il n’a jamais avoué avoir menti – ont exaspéré les républicains. Et la commission judiciaire, après de brèves auditions où ne témoigne aucun acteur de la saga politico-sexuelle Lewinsky, décide de sa mise en accusation pour parjure, entrave à la justice et abus de pouvoir. Les 435 élus de la Chambre, votant clairement selon leur appartenance politique, retiennent le 19 décembre deux accusations : parjure et entrave à la justice. Bill Clinton achève l’année apparemment déterminé à prouver qu’il reste le «come back kid», celui qu’ont toujours galvanisé les crises qui ont jalonné sa carrière politique. Il a clairement dit qu’il ne démissionnerait pas et son entourage se bat désormais pour obtenir du Sénat un compromis qui éviterait un procès, au profit d’un «blâme» officiel. Mais les experts ont appris la prudence au fil d’une année folle, où toutes les prévisions ont été battues en brèche. Ils n’ont plus qu’une certitude : nul ne sait encore ce que 1999 réserve à Bill Clinton.
L’année 1998 aura été pour Bill Clinton un long cauchemar, sa vie sexuelle dépecée sur la place publique, sa carrière politique désormais menacée de s’achever par l’infâmie d’une destitution par le Sénat. D’ores et déjà, il restera dans l’histoire des États-Unis comme le deuxième président jamais mis en accusation par la Chambre des représentants (chambre basse du Parlement), pour avoir trompé la justice sur ses étreintes avec Monica Lewinsky. Quand le scandale de sa liaison avec la jeune stagiaire californienne éclate le 21 janvier, nul n’imagine la folle équipée dans laquelle il embarque le pays : l’économie est au beau fixe, la criminalité en baisse et Bill Clinton est crédité de plus de 70% d’opinions favorables. Mais l’affaire Lewinsky s’emballe immédiatement, train sans freins...