Espagne : le Pays Basque prend le chemin de la paix
le 01 janvier 1999 à 00h00
1998 restera pour l’Espagne l’année où le conflit basque a pris le chemin de la paix : avec la trêve illimitée de l’Eta, jamais les chances d’un règlement pacifique n’ont été aussi fortes depuis 30 ans de lutte armée. «Prenant en compte la situation du Pays basque, la possibilité et le désir d’aller vers la souveraineté, l’Eta décide de mettre fin aux actions armées de manière indéfinie» : cette phrase historique, figurant à la fin d’un long communiqué de l’organisation indépendantiste publié par le journal Euskadi Informacion du 17 septembre, a déclenché une vague d’espoir sans précédent. Jamais dans son histoire, cette organisation, fondée il y a tout juste 40 ans par une poignée d’intellectuels et qui avait pris les armes en juin 68 faisant près de 800 morts, n’avait décidé un cessez-le-feu illimité et sans conditions. Les succès policiers sans précédent, en France comme en Espagne, l’intransigeance du nouveau gouvernement conservateur, la lassitude croissante des détenus de l’Eta devant l’absence de perspective, le malaise créé dans des secteurs indépendantistes de plus en plus vastes par des opérations armées aveugles ont conduit l’organisation à changer radicalement de cap : cette année, les armes ont cédé la place à la politique. L’exemple de la pacification irlandaise a aussi été déterminant. Mais l’atroce exécution, en juillet 1997, d’un jeune conseiller municipal de la ville basque d’Ermua, Miguel Angel Blanco, pris en otage puis froidement abattu par l’Eta tandis que toute l’Espagne suivait le drame heure par heure, a marqué un tournant dans le conflit. Près de 6 millions d’Espagnols sont descendus dans la rue aux cris de «Basta Ya !» (Ça suffit). De plus en plus isolés et traqués, les indépendantistes ont alors opéré un spectaculaire virage à 180 degrés faisant peau neuve en l’espace de quelques mois et jouant à fond la carte de l’ouverture politique.
1998 restera pour l’Espagne l’année où le conflit basque a pris le chemin de la paix : avec la trêve illimitée de l’Eta, jamais les chances d’un règlement pacifique n’ont été aussi fortes depuis 30 ans de lutte armée. «Prenant en compte la situation du Pays basque, la possibilité et le désir d’aller vers la souveraineté, l’Eta décide de mettre fin aux actions armées de manière indéfinie» : cette phrase historique, figurant à la fin d’un long communiqué de l’organisation indépendantiste publié par le journal Euskadi Informacion du 17 septembre, a déclenché une vague d’espoir sans précédent. Jamais dans son histoire, cette organisation, fondée il y a tout juste 40 ans par une poignée d’intellectuels et qui avait pris les armes en juin 68 faisant près de 800 morts, n’avait décidé un...
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