Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les cent meilleurs romans anglais du siècle : un coup publicitaire

La publication d’une liste des «cent meilleurs romans de langue anglaise du siècle» par un jury d’universitaires et d’écrivains américains, a suscité l’ironie de la presse américaine. «Ulysse», le chef-d’œuvre de l’écrivain irlandais James Joyce, banni aux Etats-Unis de 1920 à 1933, est en tête de cette liste qui doit être officiellement présentée aujourd’hui vendredi à l’université de Harvard par le conseil éditorial de la Modern Library, qui publie des classiques depuis 1917. «C’est surtout une publicité très astucieuse pour la Modern Library, une collection qui appartient au géant de l’édition Random House», affirme jeudi Deirdre Donahue dans «USA Today». «Et les juges ne sont que des êtres humains distingués — tous Blancs et tous des hommes à l’exception de la romancière anglaise A.S. Byatt —, non pas des dieux rendant le jugement dernier», souligne-t-elle. «USA Today» affirme avoir reçu par courrier électronique 200 lettres de lecteurs furieux de ne pas retrouver leur auteur ou leurs livres préférés sur la liste. La presse américaine est pourtant souvent à l’origine de ces listes. L’hebdomadaire «Time» a récemment publié un numéro spécial sur les artistes les plus influents du XXe siècle, consacrant, parmi les écrivains, le même James Joyce (Dublin, 1882-Zurich, 1941). «Il se trouve que j’ai lu la dernière page (…) d’«Ulysse»», écrit Richard Cohen dans le «Washington Post» de jeudi. «Le reste du livre, je l’ai trouvé impénétrable». Le «New York Times» illustrait dès mercredi un long article du jeune écrivain suisse de langue anglaise, Alain de Botton, avec un dessin où l’on pouvait lire une liste des «100 meilleures céréales», des «100 meilleures religions», etc. «Que nous serions intelligents si nous connaissions bien seulement trois ou quatre livres», écrit Alain de Botton en paraphrasant une lettre de Gustave Flaubert à Louise Colet «qui lisait trop». Selon lui, «les tentatives délibérées des maisons d’édition pour nous culpabiliser (…) rendent cette patiente concentration sur quelques titres de plus en plus difficile». Mais ces «listes autoritaires» n’ont pas que des mauvais côtés. «La tentative toujours avortée de finir «Ulysse», m’a appris que je n’étais pas aussi intelligent que parfois je le pense», ironise Richard Cohen. Plus encore, ces listes «nous rappellent quels sont les livres que nous aimons vraiment», soutient Alain de Botton. «En rejetant les choix des juges, nous affirmons notre propre identité de lecteurs». (AFP)
La publication d’une liste des «cent meilleurs romans de langue anglaise du siècle» par un jury d’universitaires et d’écrivains américains, a suscité l’ironie de la presse américaine. «Ulysse», le chef-d’œuvre de l’écrivain irlandais James Joyce, banni aux Etats-Unis de 1920 à 1933, est en tête de cette liste qui doit être officiellement présentée aujourd’hui vendredi à l’université de Harvard par le conseil éditorial de la Modern Library, qui publie des classiques depuis 1917. «C’est surtout une publicité très astucieuse pour la Modern Library, une collection qui appartient au géant de l’édition Random House», affirme jeudi Deirdre Donahue dans «USA Today». «Et les juges ne sont que des êtres humains distingués — tous Blancs et tous des hommes à l’exception de la romancière...