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Actualités - Chronologie

Les monarchistes polonais, entre la bouffonnerie et la politique

Reconstitué après la chute du communisme, le mouvement monarchiste polonais est scindé en deux courants rivaux qui se disputent l’héritage d’un passé royal, entre la bouffonnerie et la politique. La Pologne a cessé d’être un royaume souverain à la fin du XVIIIe siècle, au moment de ses partages entre la Russie, la Prusse et l’Autriche qui ont forcé à l’abdication, en 1795, le dernier roi polonais, Stanislas Auguste Poniatowski. Après la fin de la Première Guerre mondiale et le retour à l’indépendance en 1918, les idées monarchistes renaissent. La Pologne devient pourtant très vite une république. Les monarchistes, bien qu’actifs pendant la période 1918-1939, n’ont qu’une faible influence sur la vie politique. L’occupation allemande et l’avènement du communisme en 1945 n’ont pas permis, loin s’en faut, son retour à la surface. L’une des organisations monarchistes existant actuellement en Pologne, le Club conservateur monarchiste (KZM), renoue avec les traditions d’avant la Seconde Guerre mondiale. Réactivé en 1988, il regroupe quelque 300 membres et mène «une activité non politique ayant pour but d’imprégner la jeune génération polonaise de valeurs conservatrices et chrétiennes telles que la dignité, l’honneur, la responsabilité et surtout le respect de l’autorité du pouvoir et de la culture politique», selon son président, M. Artur Gorski. Selon lui, le club «tient bien compte des réalités politiques polonaises, et il n’aspire pas à la restitution de la monarchie, une idée utopique, par manque de fondements légaux et faute de candidat pour le trône». L’organisation de M. Gorski jouit d’un fort appui de l’extrême-droite polonaise, et lui-même est aussi rédacteur en chef d’un quotidien catholique conservateur, Nasz Dziennik, proche de la station radicale Radio Maryja. Le principal concurrent du KZM, le Mouvement monarchique polonais (PRM), fondé en 1991, est dirigé par «le Grand Prince» Leszek Wierzchowski qui se veut «régent de Pologne». Pour légitimer ses prétentions, ce personnage excentrique, «un usurpateur», selon ses détracteurs, remonte au texte de la Constitution du 3 mai 1791 où le statut de l’Etat polonais est défini comme une monarchie constitutionnelle héréditaire. L’activité de son mouvement, qui ne s’apparente d’aucune autre option politique mais reste loin d’être conservatrice, vise donc un changement de régime et le retour à la monarchie. Il en voit un exemple parfait en Espagne. Le mouvement revendique un millier de membres et sympathisants en Pologne et à l’étranger. (AFP)
Reconstitué après la chute du communisme, le mouvement monarchiste polonais est scindé en deux courants rivaux qui se disputent l’héritage d’un passé royal, entre la bouffonnerie et la politique. La Pologne a cessé d’être un royaume souverain à la fin du XVIIIe siècle, au moment de ses partages entre la Russie, la Prusse et l’Autriche qui ont forcé à l’abdication, en 1795, le dernier roi polonais, Stanislas Auguste Poniatowski. Après la fin de la Première Guerre mondiale et le retour à l’indépendance en 1918, les idées monarchistes renaissent. La Pologne devient pourtant très vite une république. Les monarchistes, bien qu’actifs pendant la période 1918-1939, n’ont qu’une faible influence sur la vie politique. L’occupation allemande et l’avènement du communisme en 1945 n’ont pas permis, loin...