Le général De Gaulle était considéré comme un «dictateur» en puissance par les services secrets britanniques, qui entretenaient des relations exécrables avec le chef des Forces françaises libres réfugié à Londres, ont confirmé les archives du contre-espionnage. Quelques mois après l’arrivée du général sur le sol britannique d’où il avait lancé son appel à la résistance le 18 juin 1940, un responsable des services secrets dénonçait déjà les «projets» de Charles de Gaulle de devenir «le dictateur de la France». «Même si des élections sont organisées» à son retour en France «sous la pression des Alliés, le général s’arrangera pour confisquer le pouvoir», estimait l’agent secret. Les relations entre le chef des Forces françaises libres et les Britanniques étaient si mauvaises que l’un des responsables des services secrets avait fini par estimer que seul le retrait de Charles de Gaulle pourrait résoudre le problème. «Je ne vois pas d’autre solution que de remplacer De Gaulle par un homme qui a véritablement la confiance des Français», affirmait-il dans son rapport. «Tant que De Gaulle reste, nous ne savons pas où nous mènent nos projets de soutien des Forces françaises libres», ajoutait le responsable qui avait signé son rapport avec un nom de code. Amertume Méfiants, les services secrets britanniques renâclaient à mettre au point des équipes communes de sabotage avec les résistants français. «J’estime que toutes les bases que nous pourrions établir en France en collaboration avec les hommes de De Gaulle seraient dangereuses, car elles pourraient être trahies à tout moment», écrivait ainsi le directeur des services du contre-espionnage, Frank Nelson, dès le mois d’août 1940. Les Britanniques n’accordaient aussi qu’un accès limité à leurs informations à l’équipe du général, qui avait plusieurs fois vigoureusement protesté par lettre auprès du ministre britannique des Affaires étrangères de l’époque, Sir Anthony Eden. Les archives du contre-espionnage témoignent d’ailleurs de l’amertume du général devant le manque de coopération des Britanniques. Sa conversation avec un responsable canadien qu’il avait rencontré à Londres est ainsi scrupuleusement rapportée: «Ce qui me met en fureur avec les Anglais, ce n’est pas tant qu’ils veuillent eux-mêmes se charger de toute la propagande française, mais qu’ils le fassent en donnant l’impression que c’est moi qui l’ai faite», avait-il affirmé. «Tout ceci montre qu’ils n’ont aucune notion de la mentalité française et d’ailleurs, dans la plupart des cas, leur propagande est stupide et atteint exactement l’inverse de l’objectif recherché». Une constatation qui avait attiré une réplique cinglante des services secrets, tout aussi soigneusement consignée dans les archives: «Il est vraiment déprimant de voir qu’un homme qui fait si peu confiance aux Anglais soit le dirigeant de la France libre». (AFP)
Le général De Gaulle était considéré comme un «dictateur» en puissance par les services secrets britanniques, qui entretenaient des relations exécrables avec le chef des Forces françaises libres réfugié à Londres, ont confirmé les archives du contre-espionnage. Quelques mois après l’arrivée du général sur le sol britannique d’où il avait lancé son appel à la résistance le 18 juin 1940, un responsable des services secrets dénonçait déjà les «projets» de Charles de Gaulle de devenir «le dictateur de la France». «Même si des élections sont organisées» à son retour en France «sous la pression des Alliés, le général s’arrangera pour confisquer le pouvoir», estimait l’agent secret. Les relations entre le chef des Forces françaises libres et les Britanniques étaient si mauvaises que l’un des...
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