George Martin, le génial producteur des Beatles, s’est résolu à prendre sa retraite à 73 ans, vaincu par des milliers d’heures de studio qui l’ont rendu presque sourd mais réjoui à l’idée d’entrer dans le Panthéon de la pop music comme le cinquième des «Fab Four». Couvert d’honneurs, adulé par ses pairs, le mentor du quatuor de Liverpool quitte l’obscurité des salles d’enregistrement avec la sortie d’un disque hommage qui, toutefois, ne devrait pas ravir les oreilles des aficionados des quatre garçons dans le vent. Dans «In My Life», sir Martin – il a été anobli par la reine en 1996 – s’est amusé à inviter une pléiade d’amis du show business à chanter les grands succès des années 1960 des Beatles. Les prouesses de Céline Dion, Robin Williams ou Sean Connery n’ont manifestement fait sourire que les interprètes, laissant de marbre les puristes. Un album finalement à l’image de la fin de carrière dispersée de ce gourou musical qui ne s’est jamais réellement remis de l’éclatement de son groupe fétiche. Homme de l’ombre, c’est lui qui un beau jour de 1962 – alors directeur artistique chez EMI –, prit le risque de faire signer John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr. Les quatre musiciens venaient tout juste de se faire éconduire par une maison concurrente. C’est lui surtout qui contribua à donner dans les huit années suivantes sa couleur et son originalité musicale au groupe. Rien ne le prédestinait au rock. Il avait commencé sa carrière de musicien dans la musique baroque après un passage à la prestigieuse Guidhall School of Music où il apprit l’orchestration et le hautbois. La rencontre fut pourtant une réussite. A son contact, Lennon et McCartney, qui ne savent pas lire la musique, défrichent des terrains inconnus et le rock apprend à faire bon ménage avec les sonorités classiques des violons et instruments à vent. Nostalgique Sans George Martin, point de quatuor à cordes dans «Yesterday», de formation symphonique dans «All You Need is Love» et pas de «Sargent Pepper», l’album le plus vendu à ce jour au monde. Trois décennies plus tard, Martin reste lucide sur les limites du groupe à ses débuts. «C’est leur personnalité qui m’a convaincu de les engager. Mais je n’aurais jamais pu imaginer qu’ils puissent écrire des succès. Le son était intéressant mais les chansons ne l’étaient pas», dit-il dans une récente interview. La collaboration n’alla pas toujours sans heurt. A la fin des années 1960, alors que les hippies triomphent, Martin paraît toujours s’être trompé d’époque. Au milieu de ses protégés aux cheveux toujours plus longs, drapés dans des tuniques indiennes, il promène sa silhouette sévère de professeur, engoncée dans un costume sombre qu’il ne quitte jamais. Il laisse bien les quatre garçons faire leurs expériences mais ne cache pas tout le mal qu’il pense de leurs paradis artificiels. «Les Beatles n’ont jamais fumé du haschisch devant moi. Ils descendaient dans la cuisine du studio et remontaient tout sourire. Je continue encore aujourd’hui à désapprouver la consommation de drogue», tranche-t-il. L’influence de Martin sur l’œuvre du groupe fut telle que Lennon finira par en prendre ombrage, défiant publiquement le producteur dans une interview venimeuse peu avant la fin des Beatles. «J’aimerais bien entendre la musique de George Martin, vous pouvez m’en faire écouter?» pesta-t-il, avant de regretter ses propos plus tard. A la veille de se retirer, le producteur ne peut s’empêcher de jeter un regard nostalgique et un peu amer sur les huit années passées avec le groupe. «L’éclatement était inévitable. Ils voulaient être libres mais très peu de ce qu’ils ont fait après n’a atteint le niveau de ce qu’ils ont fait ensemble». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats George Martin, le génial producteur des Beatles, s’est résolu à prendre sa retraite à 73 ans, vaincu par des milliers d’heures de studio qui l’ont rendu presque sourd mais réjoui à l’idée d’entrer dans le Panthéon de la pop music comme le cinquième des «Fab Four». Couvert d’honneurs, adulé par ses pairs, le mentor du quatuor de Liverpool quitte l’obscurité des salles d’enregistrement avec la sortie d’un disque hommage qui, toutefois, ne devrait pas ravir les oreilles des aficionados des quatre garçons dans le vent. Dans «In My Life», sir Martin – il a été anobli par la reine en 1996 – s’est amusé à inviter une pléiade d’amis du show business à chanter les grands succès des années 1960 des Beatles. Les prouesses de Céline Dion, Robin Williams ou Sean Connery n’ont manifestement fait...