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Actualités - Chronologie

Festina : les coureurs bientôt entendus

Après les aveux du masseur Willy Voet, puis du soigneur Eric Ryckaert et enfin du directeur sportif Bruno Roussel, tous trois mis en examen et placés en détention provisoire, la justice n’a pas l’intention de s’arrêter à «mi-course», ajoute-t-on. Avant la fin de la semaine, l’emblématique Richard Virenque, Laurent Brochard, les Suisses Laurent Dufaux et Alex Zülle et la vingtaine d’autres coureurs de l’équipe Festina peuvent s’attendre à être convoqués, au moins en tant que témoins, par les policiers. Le juge n’a pas l’intention de patienter jusqu’à vendredi, jour de la confrontation générale qu’il organise dans son bureau avec les trois mis en examen. «Pourquoi attendrait-il? Les sportifs sont mis en cause directement et unanimement par l’encadrement technique», a confié à Reuters un enquêteur. Les aveux qu’ils ont passés sont formels, ajoute-t-il. «C’est sur demande des coureurs que ce réseau illicite a été mis en place». Ce réseau aurait été alimenté par une caisse noire. Une somme de 400.000 FF, représentant 1% du budget de la firme horlogère, aurait été destinée annuellement à acheter les hormones de croissance de l’EPO, disent encore les enquêteurs. La moitié des primes de course était consacrée à alimenter une caisse noire. Et si cela ne suffisait pas, les primes payées en espèces par des organisateurs servaient de reliquat. Caisse noire Les enquêteurs vont éplucher minutieusement les comptes de la société dont le siège social est en Andorre. Ils cherchent notamment à savoir pourquoi la cargaison saisie le 8 juillet, près de la frontière belge, dans la voiture de Willy Voet, était si importante. Les 400 flacons, capsules et gélules découverts par les douaniers étaient, semble-t-il, suffisants pour alimenter tout le peloton. Le juge Keil ne serait pas opposé à l’idée d’élargir son champ de compétences pour s’intéresser aux pratiques du milieu cycliste dans son ensemble et enquêter sur d’autres formations. Toutefois, le Parquet le Lille, submergé par les affaires, ne serait pas prêt pour le moment à le lui accorder. Chacun des protagonistes du dossier essayant de minimiser sa responsabilité, de nouveaux rebondissements ne sont pas exclus. «Si ça ne tenait qu’à moi, je raconterais tout», a déclaré un avocat sous couvert de l’anonymat. Il tentera de convaincre son client de suivre cette stratégie de défense. En fait, plus rien ne semble pouvoir arrêter le grand déballage de l’affaire Festina. Un autre enquêteur est convaincu que les coureurs ne pourront pas nier l’évidence. Ils confirmeront qu’ils contrôlaient eux-mêmes leur taux de globules rouges dans le sang à l’aide d’un appareil de mesure. Le juge délivrera les commissions rogatoires internationales pour aller interroger les membres vivant à l’étranger, notamment en Suisse et en Australie. Parallèlement, l’affaire des deux mécaniciens de l’équipe néerlandaise TVM interceptés début mars à Reims en possession de 104 doses d’EPO devrait être relancée. Le Parquet de Reims n’avait pas, à l’époque, jugé utile de désigner un juge d’instruction mais le contexte actuel devrait l’inciter à reprendre le dossier. De plus, l’ancien coureur cycliste Alain Van den Bosche, champion de Belgique en 1993, a avoué avoir eu recours à l’EPO lorsqu’il roulait pour TVM. Les déclarations de Bruno Roussel expliquant «les conditions dans lesquelles une gestion concertée de l’approvisionnement des coureurs en produits dopants était organisée entre la direction, les médecins, les soigneurs et les coureurs», sont confirmées de toute part. Bruno Roussel, Eric Ryckaert et Willy Voet ont été mis en examen dans le cadre de la loi antidopage de 1989 qui réprime «l’importation en contrebande et circulation irrégulière de marchandises prohibées, ainsi que de transport, détention, emploi de produits stupéfiants, administration, incitation à l’usage de substances ou procédés dopants». Selon une source judiciaire, les coureurs ne risqueraient rien s’ils n’ont été que de simples consommateurs. Le juge souhaite mener l’instruction rapidement pour limiter la détention provisoire. Le masseur Willy Voet devrait être libéré à l’issue de la confrontation. (Reuters)
Après les aveux du masseur Willy Voet, puis du soigneur Eric Ryckaert et enfin du directeur sportif Bruno Roussel, tous trois mis en examen et placés en détention provisoire, la justice n’a pas l’intention de s’arrêter à «mi-course», ajoute-t-on. Avant la fin de la semaine, l’emblématique Richard Virenque, Laurent Brochard, les Suisses Laurent Dufaux et Alex Zülle et la vingtaine d’autres coureurs de l’équipe Festina peuvent s’attendre à être convoqués, au moins en tant que témoins, par les policiers. Le juge n’a pas l’intention de patienter jusqu’à vendredi, jour de la confrontation générale qu’il organise dans son bureau avec les trois mis en examen. «Pourquoi attendrait-il? Les sportifs sont mis en cause directement et unanimement par l’encadrement technique», a confié à Reuters un...