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Actualités - Chronologie

L'ombre de la mort plane sur Wau, épicentre du fléau

A Wau, épicentre des fléaux qui frappent le sud du Soudan, l’ombre de la mort plane sur l’hôpital de cette grosse ville de garnison gouvernementale, cernée par une guérilla qui tient les collines environnantes. Le pauvre établissement hospitalier qui n’a d’hôpital que le nom, démuni de tout, accueille les plus misérables d’entre les misérables, venus échouer entre ses murs délabrés et lépreux, poussés par la guerre et la famine. Sous la véranda, où des myriades de mouches collent à la peau de nourrissons décharnés, dans les salles crasseuses où s’affairent quelques volontaires débordés du Croissant rouge soudanais, dehors, à même le sol, c’est le même spectacle effrayant. Des enfants se vident littéralement, succombant à de terribles diarrhées, des vieillards tremblants n’ont plus la force de bouger. Les femmes, le regard vide, les seins flétris, tentent d’allaiter des enfants à la maigreur squelettique. Certains, le ventre ballonné, affaiblis, n’arrivent plus à tenir sur leurs jambes. Une dizaine d’enfants, d’après un médecin, sont déjà décédés la semaine passée dans ce pauvre havre où l’aide internationale tarde à arriver. Mais l’hôpital n’est qu’un résumé du drame qui, d’après un responsable des Nations Unies, paraît inévitable. Sur toutes les routes de la ville, grouillantes de miliciens ou de soldats gouvernementaux en treillis, de longues colonnes de «personnes déplacées», selon la terminologie onusienne, cheminent vers les «feeding centers», les centres d’alimentation de l’UNICEF et du PAM (Programme alimentaire mondial), installés au nord et au sud de Wau. «Ils arrivent au rythme d’un millier par jour, explique Mohamed Alami, un Marocain responsable local de l’UNICEF. Il y a même eu des pointes à 2.000». Ces réfugiés de la savane arrivent des villages environnants à 50 voire 100 kilomètres de Wau, encerclée par la guérilla sudiste de la SPLA (Armée populaire de libération du Soudan). «On ne sait pas très bien qui combat qui, entre la SPLA, principal mouvement de rébellion et les seigneurs de la guerre qui travaillent pour leur propre compte. Les maisons ont été incendiées, les récoltes et les troupeaux dérobés. La faim a poussé ces Dinka (membres d’une des principales ethnies du sud) sur les routes vers Wau en dépit des combats entre gouvernementaux, la SPLA, des mines, ou des exactions des bandes armées», souligne Mohamed Alami. Une partie de ces «personnes déplacées» au nombre de 60.000 environ, selon l’UNICEF, arrivent au centre d’alimentation de Hy Dinka au nord-ouest de la cité. Gardés par des miliciens pro-gouvernementaux armés de kalachnikovs, plusieurs centaines d’entre eux ont été regroupés sous un auvent de tôle surchauffée du Soudanese Council of churches (le conseil des églises soudanaises). (AFP)
A Wau, épicentre des fléaux qui frappent le sud du Soudan, l’ombre de la mort plane sur l’hôpital de cette grosse ville de garnison gouvernementale, cernée par une guérilla qui tient les collines environnantes. Le pauvre établissement hospitalier qui n’a d’hôpital que le nom, démuni de tout, accueille les plus misérables d’entre les misérables, venus échouer entre ses murs délabrés et lépreux, poussés par la guerre et la famine. Sous la véranda, où des myriades de mouches collent à la peau de nourrissons décharnés, dans les salles crasseuses où s’affairent quelques volontaires débordés du Croissant rouge soudanais, dehors, à même le sol, c’est le même spectacle effrayant. Des enfants se vident littéralement, succombant à de terribles diarrhées, des vieillards tremblants n’ont plus la force de...