La mobilisation des habitants de Kyoto, au Japon, contre un projet de pont piétonnier réalisé par la municipalité avec la collaboration de la France dans le cadre de l’Année de la France au Japon a pris de l’ampleur et les travaux sont retardés. Les adversaires de ce pont ont déjà transmis en mai 56.000 signatures sur une pétition et ils s’apprêtent cette semaine à présenter une nouvelle pétition avec 30.000 signatures supplémentaires. «Il est très gênant de construire un pont français au cœur du site le plus historique du Japon», affirme Manpei Kimura, un vieil habitant de la ville, âgé de 74 ans, animateur d’une des associations à l’origine de ces pétitions. «C’est une folie qui ne servira en rien à promouvoir l’amitié entre les deux pays», déclare-t-il. «Après avoir soumis cette nouvelle pétition, nous espérons faire monter le nombre de signatures jusqu’à 100.000 d’ici à septembre et organiser une manifestation le long de la rivière. Nous sommes confiants, la municipalité va suspendre le projet», poursuit M. Kimura. Cette passerelle controversée, inspirée du Pont des Arts à Paris, était destinée à laisser une trace permanente de l’Année de la France au Japon et à marquer 40 ans de pacte d’amitié entre la capitale française et l’ancienne capitale impériale japonaise, siège de la Cour impériale de 794 à 1868. Kyoto avait adopté ce projet en octobre 1997 suite à une proposition du président Jacques Chirac lors d’une visite au Japon. La ville cherchait depuis longtemps à construire ce pont pour éviter de faire un important détour entre le quartier d’amusement de Shijo et celui plus pittoresque et traditionnel de Pontocho où se trouvent de nombreux restaurants et maisons de geisha dans des ruelles piétonnières. La passerelle aurait une structure métallique réalisée avec la participation de la France d’après des plans dessinés par deux architectes, un Japonais et un Français, le tablier en bois étant préparé par les Japonais. Le coût de l’opération pour la municipalité est de 600 millions de yen (4,3 millions de dollars). Style et harmonie en danger Les riverains craignent l’afflux de piétons qui perturberaient les habitudes des lieux et mettent en avant l’harmonie de ce bord de rivière avec ses restaurants et ses terrasses, le fait que le pont ait une architecture d’inspiration étrangère a ajouté à leur opposition. Commerçants, geisha, comédiens de kabuki, personnalités de cette cité intellectuelle se sont mobilisés. «Que diriez-vous si le Japon allait construire un pont japonais sur la Seine», affirme une maiko, une jeune apprentie geisha. Danjuro Ichikawa, un des comédiens de Kabuki parmi les plus célèbres au Japon, a apporté son soutien aux opposants du pont: «Nous ne voulons pas voir le style élégant du Pontocho de Kyoto détruit». L’automne dernier, le président Chirac avait répondu à la lettre d’un moine bouddhiste de Kyoto lui demandant de renoncer au projet en indiquant qu’il ne voulait pas intervenir dans le débat. Il ajoutait cependant que la construction du pont «paraît de nature à resserrer les liens d’amitié qui unissent la France au Japon et Kyoto à Paris». «Si, finalement, la construction de ce pont était décidée, alors la France considérerait comme un honneur de participer à sa réalisation», écrivait-il. Les travaux auraient dû commencer en juillet, à l’occasion de la fête nationale française, mais la municipalité parle maintenant de démarrer en octobre et refuse de renoncer au projet, selon Hisakaki Nojima, des services de construction municipaux. Il estime le pont indispensable mais exclut un recours à la force pour ouvrir le chantier. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La mobilisation des habitants de Kyoto, au Japon, contre un projet de pont piétonnier réalisé par la municipalité avec la collaboration de la France dans le cadre de l’Année de la France au Japon a pris de l’ampleur et les travaux sont retardés. Les adversaires de ce pont ont déjà transmis en mai 56.000 signatures sur une pétition et ils s’apprêtent cette semaine à présenter une nouvelle pétition avec 30.000 signatures supplémentaires. «Il est très gênant de construire un pont français au cœur du site le plus historique du Japon», affirme Manpei Kimura, un vieil habitant de la ville, âgé de 74 ans, animateur d’une des associations à l’origine de ces pétitions. «C’est une folie qui ne servira en rien à promouvoir l’amitié entre les deux pays», déclare-t-il. «Après avoir soumis cette nouvelle...