Plus d’un millier de personnes ont probablement péri dans le raz-de-marée qui a balayé la côte nord-ouest de la Papouasie-Nouvelle Guinée vendredi soir. Dimanche, le bilan officiel faisait état de 700 morts, ont déclaré des membres de la mission catholique de la ville d’Aitape, ajoutant que ce chiffre serait sans doute dépassé en raison du nombre de personnes portées disparues. Trois vagues géantes provoquées par un puissant tremblement de terre localisé en mer de Bismarck, à faible distance de la côte, se sont successivement abattues vendredi soir à la nuit tombée sur les villages bordant le lagon de Sissano, proche de la ville d’Aitape. La plus haute de ces véritables murailles d’eau dépassait les dix mètres et a tout dévasté sur son passage sur deux kilomètres vers l’intérieur des terres. «Imaginez-vous, dans l’obscurité, les gens sont assis autour de leur foyer et, soudain, la vague arrive, les maisons s’effondrent, tout est entraîné vers la mer et de nombreux petits enfants sont perdus», raconte le père Austen. Coincés entre la mer et le lagon, les pêcheurs et leurs famille n’avaient nulle part où fuir. Deux jours après la catastrophe, le lagon de Sissano est toujours un théâtre de désolation jonché des débris des huttes qui constituaient la dizaine de villages détruits. Les équipes de secours, au nombre limité, extraient des cadavres gonflés d’eau et les survivants enterrent leurs morts dans les ruines de leurs maisons, sans cercueil, recouverts d’une simple natte de paille tressée. La chaleur qui règne sur cette région accélère la décomposition des corps et des chiens errants courent dans les décombres. «Ces chiens commencent à dévorer les corps, c’est vraiment terrible», témoigne Sœur Françoise, une religieuse de la mission catholique d’Aitape. «La mission se concentre sur les vivants mais les morts sont source de problèmes en raison des températures très élevées qui règnent ici». Signe de l’ampleur de la catastrophe, toutes les écoles de la zone seront fermées. «Il n’y a plus d’enfants, ils sont tous morts», explique Dickson Dalle, fonctionnaire de l’administration locale, au micro de la télévision australienne. Les hôpitaux d’Aitape et de Vanimo, capitale de la province de West Sepik, sont pleins, a indiqué Murray Green, directeur de la mission catholique d’Aitape. Les blessés dont l’état inspire le plus d’inquiétudes sont transférés par avion à l’hôpital de Wewak, capitale de la province d’East Sepik, à 140 km à l’est l’Aitape.
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