La menace d’une attaque balistique contre les Etats-Unis par des petits pays n’est plus à écarter, a averti mercredi le président (speaker) de la Chambre des représentants, Newt Gingrich. Un rapport, rendu public par une commission d’experts, constitue «le plus important avertissement relatif à notre sécurité nationale depuis la fin de la guerre froide», a affirmé M. Gingrich lors d’une conférence de presse. Le rapport, dont une version confidentielle à été remise au Congrès mardi soir et une version publique mercredi, met en garde contre le développement rapide de missiles par des petites puissances, telles l’Iran et la Corée du Nord. La commission bipartite, présidée par Donald Rumsfeld, ancien secrétaire à la Défense du président républicain Gerald Ford, affirme avoir eu plus de 200 briefings et un accès «sans précédent» aux rapports et informations des services de renseignement. La commission se garde de toute recommandation, hormis le fait que les Etats-Unis doivent reconsidérer leur posture de défense, mais son rapport apporte de l’eau au moulin du Parti républicain qui souhaite la mise en place rapide d’un système national de défense antimissiles. En mai dernier, le Sénat avait rejeté à une voix près une motion appelant à un débat sur le déploiement d’un système de défense antimissiles «dès que technologiquement possible». Le gouvernement du président Bill Clinton et une majorité de démocrates affirment être en faveur d’un tel système, mais ne souhaitent pas prendre de décision sur un éventuel déploiement avant l’an 2000. Le département de la Défense teste actuellement un nouveau type de missile, baptisé Système de défense tactique de haute altitude (THAAD), destiné à détruire en vol un missile balistique. Mais, malgré 3,2 milliards de dollars dépensés, les cinq derniers tests se sont soldés par des échecs et le Pentagone met en garde contre toute précipitation au déploiement de ce «bouclier». L’aide étrangère Selon le rapport de la commission, la menace balistique s’accroît plus vite que les services secrets ne l’avaient autrefois prévu. Par ailleurs, la capacité des services secrets à prévoir le déploiement de missiles va s’amenuisant et les Etats-Unis «pourraient très bien n’avoir que peu, ou même pas, d’avertissement avant un déploiement opérationnel». La commission a également mis en cause certains pays, dont la Russie et la Chine, pour la prolifération de missiles, affirmant que l’aide étrangère a permis à nombre de pays de perfectionner leurs missiles beaucoup plus rapidement que prévu. «Grâce à l’aide étrangère facilement disponible, un pays disposant d’une infrastructure balistique basée sur les missiles Scud (de courte portée) pourrait être capable de tirer un premier missile à longue portée, y compris un missile intercontinental (d’un rayon d’action supérieur à 5.500 kilomètres, à moins de cinq ans après avoir décidé de le faire», selon le rapport. La Corée du Nord travaille à la mise au point d’un missile balistique capable d’atteindre l’Alaska et Hawaï. Et une version «légère» de celui-ci pourrait aussi menacer l’Ouest du continent nord-américain. Et l’Iran cherche à obtenir les composants nécessaires à la production de missiles balistiques capables d’atteindre l’Est des Etats-Unis dans un arc allant de St. Paul, dans le Minnesota, à Philadelphie, en Pennsylvanie, selon le rapport. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La menace d’une attaque balistique contre les Etats-Unis par des petits pays n’est plus à écarter, a averti mercredi le président (speaker) de la Chambre des représentants, Newt Gingrich. Un rapport, rendu public par une commission d’experts, constitue «le plus important avertissement relatif à notre sécurité nationale depuis la fin de la guerre froide», a affirmé M. Gingrich lors d’une conférence de presse. Le rapport, dont une version confidentielle à été remise au Congrès mardi soir et une version publique mercredi, met en garde contre le développement rapide de missiles par des petites puissances, telles l’Iran et la Corée du Nord. La commission bipartite, présidée par Donald Rumsfeld, ancien secrétaire à la Défense du président républicain Gerald Ford, affirme avoir eu plus de 200 briefings et un...