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Actualités - Chronologie

La pression sur les marchés des pays émergents reste considérable, selon l'OCDE

Les marchés financiers de nombreux pays émergents restent «considérablement sous pression» à cause de la crise asiatique, qui est loin d’être complètement résolue, selon un rapport de l’OCDE. Les «économies (émergentes) les plus vulnérables risquent de devoir faire face à une forte contraction des investissements étrangers, voire dans le pire des cas, à une perte totale de confiance, qui fera s’effondrer le taux de change et les prix des valeurs mobilières», écrit l’Organisation de coopération et de développement économiques dans la dernière livraison de son rapport sur les tendances des marchés financiers. Tout en notant que la situation s’était quelque peu stabilisée par rapport aux périodes les plus noires de la crise en Asie, l’OCDE souligne que la «contagion (de la crise) s’étend à des marchés, comme la Russie, et dans une moindre mesure, l’Afrique du Sud, le Brésil, le Mexique, la Pologne, la Hongrie et la République tchèque». L’Organisation s’inquiète de la vulnérabilité des banques commerciales de certains pays de l’OCDE qui «sont largement exposées sur ces marchés et restent vulnérables à des détériorations de pays comme la Russie, qui sont très endettés». L’Organisation met l’accent sur le rôle central que joue l’économie japonaise et le niveau du yen par rapport au dollar. «Les marchés financiers de la région (Asie) resteront vulnérables à toute pression, tant que persistera la crise économique au Japon et la faiblesse du yen», a souligné l’OCDE. Rappelant l’intervention coordonnée de la Banque du Japon et du Trésor américain pour soutenir la monnaie japonaise en juin, l’OCDE souligne que le succès de ce genre d’initiative «dépend de la détermination du gouvernement à accélérer la restructuration du système bancaire et à mettre en œuvre d’autres mesures destinées à soutenir la confiance des consommateurs et des investisseurs». Lundi, le premier ministre japonais, Ryutaro Hashimoto, a offert sa démission, tirant la leçon de la cuisante défaite infligée à son parti dimanche lors des sénatoriales par des électeurs qui ont censuré sa gestion de la crise économique. Par ailleurs, le rapport indique que les investissements directs en provenance ou à destination des pays de l’OCDE ont atteint un niveau record en 1997 malgré la crise asiatique, qui, dans certains cas, a même provoqué une chasse aux bonnes affaires dans les pays les plus touchés. Les investissements directs des entreprises de pays de l’OCDE ont atteint 355 milliards de dollars en 1997 soit une progression de 19% par rapport à l’année précédente. Dans le sens inverse, 255 milliards de dollars de nouveaux investissements ont afflué vers la zone, un plus de 16% par rapport à 1996. L’investissement direct, qui a pour but de contrôler les activités d’une entreprise en détenant tout ou partie de son capital, est considéré comme le nec plus ultra par les gouvernements. Ces capitaux stables, comparés aux mouvements rapides, peu prévisibles et parfois brutaux des marchés strictement financiers, créent des emplois et permettent des transferts de technologie. «La crise financière en Asie n’a pas semblé tempérer l’enthousiasme des entreprises pour l’expansion à l’étranger, et pourrait même avoir encouragé des investissements supplémentaires dans certains des pays les plus touchés», souligne l’Organisation de coopération et de développement économiques dans sa dernière livraison des tendances des marchés financiers. En 1997, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont été les premiers investisseurs, avec respectivement 116,5 et 58,3 milliards de dollars mais également les premiers bénéficiaires d’investissements, avec 109,8 et 36,9 milliards de dollars l’année dernière, indique l’OCDE. Le Japon a vu ses investissements à l’étranger augmenter pour la cinquième année consécutive, pour atteindre 26 milliards de dollars et les entrées ont atteint un niveau record (3,2 milliards de dollars). Pour la France, en revanche, le total des sorties et des rentrées d’investissements directs a baissé de quelque 12 milliards de dollars par rapport à 1996. Un peu plus de 14,8 milliards de dollars d’investissements directs étrangers sont arrivés en France l’année dernière alors que 24,9 milliards de dollars ont été investis par des entreprises françaises hors de l’hexagone. Les investissements des entreprises américaines ont changé en partie la destination de leurs capitaux. Ainsi, l’investissement direct américain a plus que triplé vers l’Allemagne, tandis que des entreprises d’autres pays ont préféré retirer leurs capitaux. L’engouement des entreprises des Etats-Unis est du même ordre pour certaines parties de l’Afrique, même si les investissements sur ce continent ne représentent que 3,2% du total des investissements directs à l’étranger en 1997, souligne l’OCDE. En Asie du sud-est, les perspectives à moyen terme d’investissements directs étrangers sont sous l’influence de facteurs parfois contradictoires. L’instabilité politique et une croissance fortement ralentie devraient freiner l’afflux de capitaux mais dans l’autre sens, un taux de change extrêmement intéressant, une ouverture quasi forcée des capitaux et une plus grande libéralisation devraient attirer des capitaux, explique l’Organisation. Selon une étude du cabinet de conseil KPMG, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines et la Thaïlande ont vendu des actifs pour 11 milliards de dollars l’année dernière à des acheteurs qui «selon toute probabilité» viennent de la zone OCDE. L’Indonésie, la plus durement touchée, a vendu le plus. Une autre étude de l’Institut pour la Finance internationale (IIF) prévoit que les volumes nets d’investissements vers l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande ainsi que la Corée resteront élevés (17 milliards de dollars) et qu’ils compenseront en partie la chute des crédits bancaires. Un sondage conjoint de l’ONU et de la Chambre internationale de commerce, cité par l’OCDE, sur les perspectives d’investissement des grandes multinationales montrent «que la grande majorité des entreprises interrogées ont indiqué que leur confiance dans la région comme destinataire d’investissement reste inchangée». (AFP)
Les marchés financiers de nombreux pays émergents restent «considérablement sous pression» à cause de la crise asiatique, qui est loin d’être complètement résolue, selon un rapport de l’OCDE. Les «économies (émergentes) les plus vulnérables risquent de devoir faire face à une forte contraction des investissements étrangers, voire dans le pire des cas, à une perte totale de confiance, qui fera s’effondrer le taux de change et les prix des valeurs mobilières», écrit l’Organisation de coopération et de développement économiques dans la dernière livraison de son rapport sur les tendances des marchés financiers. Tout en notant que la situation s’était quelque peu stabilisée par rapport aux périodes les plus noires de la crise en Asie, l’OCDE souligne que la «contagion (de la crise) s’étend à des...