Les Taliban, en prenant dimanche la province de Faryab, ont effectué une percée dans le nord-ouest de l’Afghanistan qui constitue un sérieux revers pour le général Abdul Rachid Dostam, l’un des piliers de l’opposition armée. La milice intégriste des «étudiants en théologie», au pouvoir à Kaboul, s’est emparée de la capitale provinciale de Maimana et de la quasi-totalité de la province de Faryab, jusqu’à présent sous le contrôle des troupes du Jumbesh-i-Milli du général ouzbèke. Cette victoire des Taliban a été obtenue après une offensive éclair alors que deux commandants locaux du Jumbesh se disputaient le contrôle de la ville, ont précisé des sources indépendantes. Des travailleurs humanitaires occidentaux ont indiqué que les Taliban avaient rencontré peu de résistance dans la prise de Maimana. «Les Taliban sont entrés dans Maimana sans vraiment combattre et ont continué leur avancée immédiatement», ont-ils déclaré. Un responsable taliban, le mollah Abdul Hai, joint par téléphone, a déclaré que les Taliban rencontraient encore une certaine résistance dans la province de Faryab et devaient encore s’emparer d’Andkhoi, une importante ville dans le nord de la province proche de la frontière avec le Turkménistan. La chute de la province de Faryab réduit de manière importante la zone contrôlée par l’opposition afghane dans le nord du pays. Désormais, les troupes de la milice intégriste des Taliban sont en effet aux frontières de la province de Jozjian, le fief du général Dostam, un ancien chef militaire du régime communiste renversé par les Moujahidine en 1992. L’opposition afghane comprend principalement, outre le Jumbesh du général Dostam, le Jamiat-i-Islami des Tadjikes de l’ancien président Burrhanuddine Rabbani et du commandant Ahmed Shah Massoud, ainsi que les forces du Hezb-Wahdat des Hazaras chiites de Karium Khalili. Blocus alimentaire Ces trois mouvements de l’opposition n’ont jamais été capables de s’entendre contre les Taliban qui ont fait irruption sur la scène afghane en 1995 et contrôlent désormais plus des deux tiers du pays. De plus, chaque mouvement de l’opposition est complètement miné par des rivalités internes. Ces partis n’assurent qu’un contrôle très incertain sur les myriades de commandants locaux qui changent d’alliance et de camps au gré des propositions financières des uns et des autres. Cette nouvelle offensive ouvre aux miliciens taliban le chemin de Mazar-i-Sharif, le quartier général de la guérilla dans l’extrême nord de l’Afghanistan. Les Taliban s’étaient déjà emparé de Mazar en mai 1997 à la faveur d’une rébellion d’un chef militaire du général Dostam qui avait forcé celui-ci à fuir à l’étranger. Mais les Taliban n’avaient pu se maintenir plus de trois jours dans la région en raison de leur volonté de désarmer les milices du Jumbesh et du Wahdat qui y étaient présentes. Ces troupes s’étaient révoltées et avaient chassé les Taliban qui avaient perdu des milliers d’hommes. Le général Dostam était revenu dans son fief à la fin de l’année dernière, à l’occasion d’une nouvelle offensive des Taliban sur Mazar qui s’était soldée par un nouvel échec mais qui avait permis au général ouzbèke de chasser à son tour son rival le général Abdul Malik. Le commandant Massoud, de son côté, fait face depuis plusieurs mois à des offensives des Taliban, jusque-là infructueuses, dans le sud de la province de Takhar (nord) et au nord de Kaboul, où les Taliban essaient — en vain pour le moment — de desserrer l’étau à une vingtaine de kilomètres au nord de la capitale. Quant aux Hazaras du Wahdat, ils sont solidement retranchés dans leur principal bastion montagneux du Hazarajat (centre du pays) où ils ont été pendant plusieurs mois confrontés à un blocus alimentaire, là aussi infructueux, des Taliban. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les Taliban, en prenant dimanche la province de Faryab, ont effectué une percée dans le nord-ouest de l’Afghanistan qui constitue un sérieux revers pour le général Abdul Rachid Dostam, l’un des piliers de l’opposition armée. La milice intégriste des «étudiants en théologie», au pouvoir à Kaboul, s’est emparée de la capitale provinciale de Maimana et de la quasi-totalité de la province de Faryab, jusqu’à présent sous le contrôle des troupes du Jumbesh-i-Milli du général ouzbèke. Cette victoire des Taliban a été obtenue après une offensive éclair alors que deux commandants locaux du Jumbesh se disputaient le contrôle de la ville, ont précisé des sources indépendantes. Des travailleurs humanitaires occidentaux ont indiqué que les Taliban avaient rencontré peu de résistance dans la prise de Maimana....