Les autorités militaires nigérianes ont fait un nouveau geste d’ouverture en annonçant vendredi vouloir accélérer la libération de tous les prisonniers politiques, ainsi que le processus de démocratisation du pays. Alors que le Nigeria est dans l’attente de l’autopsie du corps de l’opposant Moshood Abiola, un membre du conseil provisoire de gouvernement (PRC), l’instance suprême du pouvoir a affirmé que le chef de l’Etat avait demandé aux services de sécurité nigérians une liste exhaustive de tous les détenus politiques. Selon ce membre du PRC, le contre-amiral Victor Ombo, le général Abdulsalam Abubakar devrait également annoncer «très prochainement» ses plans pour de futures élections. Le contre-amiral Ombo a affirmé jeudi soir que les autorités avaient pratiquement achevé d’examiner la question des élections, mais que leurs projets demandaient encore à être «affinés». Ils devraient être présentés à la nation «dans un avenir proche»: «Le plan sera présenté lors de la prochaine allocution (de M. Abubakar)», a-t-il précisé. Le général Sani Abacha, auquel le général Abubakar a succédé après sa mort le 8 juin, s’était engagé à passer les rênes du pouvoir à un président civil, démocratiquement élu, au plus tard le 1er octobre 1998. A cet effet, une élection présidentielle était prévue pour août prochain. Des diplomates occidentaux ont estimé que le gouvernement actuel pourrait décider de la tenue d’élection en octobre 1999. Dès son accession au pouvoir, le général Abubakar a fait part de sa détermination à conduire à son terme le processus de transition vers la démocratie, et à libérer l’ensemble des détenus politiques. En moins d’un mois, il en a fait libérer 27. Peines commuées En outre, le PRC, qui compte 27 membres, a annoncé jeudi, au terme d’une réunion de deux jours, que les peines infligées à 16 prisonniers avaient été commuées. On estime à au moins 150 le nombre de prisonniers politiques détenus au Nigéria. Parmi ces 16 prisonniers se trouvent les militaires reconnus coupables d’avoir comploté pour le renversement du gouvernement fédéral en décembre 1997 dirigé alors par le général Sani Abacha. Les peines de mort prononcées contre le numéro deux du régime Abacha, le général Oladipo Diya, et deux anciens ministres, le général Taludeen Olanrewalu et le général AK Adisa, ont été commuées en 25 ans de prison. Les peines de mort prononcées contre le colonel O. Akinyode, le major A. Fadipe et le major A. Adebanjo ont été commuées en 20 ans de prison. Quatre autres personnes, qui avaient été condamnées à la prison à vie, ont vu leur peine réduite à 10 ou 15 ans de prison. D’autres condamnés à 10 ans ont vu leur peine réduite à deux ans. Ces dernières décisions font suite à la mort, mardi, de Moshood Abiola, vainqueur présumé de l’élection présidentielle de 1993, qui avait été annulée par les militaires. Le chef Abiola, emprisonné depuis 1994 pour avoir revendiqué sa victoire, a été «apparemment» victime «d’une crise cardiaque», selon la version officielle. Le général Abubakar avait annoncé lors de son discours à la nation mercredi qu’il était «sur le point» de le libérer. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les autorités militaires nigérianes ont fait un nouveau geste d’ouverture en annonçant vendredi vouloir accélérer la libération de tous les prisonniers politiques, ainsi que le processus de démocratisation du pays. Alors que le Nigeria est dans l’attente de l’autopsie du corps de l’opposant Moshood Abiola, un membre du conseil provisoire de gouvernement (PRC), l’instance suprême du pouvoir a affirmé que le chef de l’Etat avait demandé aux services de sécurité nigérians une liste exhaustive de tous les détenus politiques. Selon ce membre du PRC, le contre-amiral Victor Ombo, le général Abdulsalam Abubakar devrait également annoncer «très prochainement» ses plans pour de futures élections. Le contre-amiral Ombo a affirmé jeudi soir que les autorités avaient pratiquement achevé d’examiner la question...